Ah, ça ira, ça ira, ça ira…

Ah, ça ira, ça ira, ça ira…

 

Vous connaissez la suite : Les aristocrates à la lanterne / Ah, ça ira, ça ira, ça ira / Les aristocrates ont les pendra.

 

À la recherche du temps perdu ne connaît que deux noblesses françaises : la plus récente est celle d’Empire, créée par l’empereur Napoléon 1er ; la plus ancienne a planté ses racines pendant tous les règnes de l’Ancien Régime.

 

Voici les personnages de la première : le capitaine prince de Borodino, le duc de Guastalla, le comte de Grouchy, les Iéna, la princesse Mathilde la princesse Murat, la maréchale Niel, M. et Mme de Rémusat, le duc de Tarente, le prince de Wagram.

 

Tous les autres ont un arbre généalogique datant de l’Ancien Régime.

 

Familles prépondérantes :

*Le terrain où Morel devenait si crédule et était si docile à son maître, c’était le terrain mondain. Le violoniste, qui, avant de connaître M. de Charlus, n’avait aucune notion du monde, avait pris à la lettre l’esquisse hautaine et sommaire que lui en avait tracée le baron : « Il y a un certain nombre de familles prépondérantes, lui avait dit M. de Charlus, avant tout les Guermantes, qui comptent quatorze alliances avec la Maison de France, ce qui est d’ailleurs surtout flatteur pour la Maison de France, car c’était à Aldonce de Guermantes et non à Louis le Gros, son frère consanguin mais puîné, qu’aurait dû revenir le trône de France. Sous Louis XIV, nous drapâmes à la mort de Monsieur, comme ayant la même grand’mère que le Roi ; fort au-dessous des Guermantes, on peut cependant citer les La Trémoïlle, descendants des rois de Naples et des comtes de Poitiers ; les d’Uzès, peu anciens comme famille mais qui sont les plus anciens pairs ; les Luynes, tout à fait récents mais avec l’éclat de grandes alliances ; les Choiseul, les Harcourt, les La Rochefoucauld. Ajoutez encore les Noailles, malgré le comte de Toulouse, les Montesquiou, les Castellane et, sauf oubli, c’est tout. Quant à tous les petits messieurs qui s’appellent marquis de Cambremerde ou de Vatefairefiche, il n’y a aucune différence entre eux et le dernier pioupiou de votre régiment. Que vous alliez faire pipi chez la comtesse Caca, ou caca chez la baronne Pipi, c’est la même chose, vous aurez compromis votre réputation et pris un torchon breneux comme papier hygiénique. Ce qui est malpropre. » IV

 

*[Saint-Loup sur Palamède de Guermantes :]— Il porte le titre de baron de Charlus. Régulièrement, quand mon grand-oncle est mort, mon oncle Palamède aurait dû prendre le titre de prince des Laumes, qui était celui de son frère avant qu’il devînt duc de Guermantes, car dans cette famille-là ils changent de nom comme de chemise. Mais mon oncle a sur tout cela des idées particulières. Et comme il trouve qu’on abuse un peu des duchés italiens, grandesses espagnoles, etc., et bien qu’il eût le choix entre quatre ou cinq titres de prince il a gardé celui de baron de Charlus, par protestation et avec une apparente simplicité où il y a beaucoup d’orgueil. Aujourd’hui, dit-il, tout le monde est prince, il faut pourtant bien avoir quelque chose qui vous distingue; je prendrai un titre de prince quand je voudrai voyager incognito. Il n’y a pas selon lui de titre plus ancien que celui de baron de Charlus ; pour vous prouver qu’il est antérieur à celui des Montmorency, qui se disaient faussement les premiers barons de France, alors qu’ils l’étaient seulement de l’Ile-de-France, où était leur fief, mon oncle vous donnera des explications pendant des heures et avec plaisir parce que, quoi qu’il soit très fin, très doué, il trouve cela un sujet de conversation tout à fait vivant, dit Saint-Loup avec un sourire. Mais comme je ne suis pas comme lui, vous n’allez pas me faire parler généalogie, je ne sais rien de plus assommant, de plus périmé, vraiment l’existence est trop courte. II

 

 

Une tombe du cimetière d’Illiers-Combray rappelle qu’il existait une aristocratie bien avant !

(Photo PL)

(Photo PL)

 

Eh oui, la société gauloise était régie par des classes : clergé, noblesse, peuple — le clergé, composé de prêtres, nommés druides, la noblesse, composée des guerriers les plus riches et les plus braves, dirigeaient le peuple.

 

Palsembleu !

 

Ainsi s’achève mon tour des classes.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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