Madeleine : la guerre des trois aura lieu

Madeleine : la guerre des trois aura lieu

 

Illiers-Combray abrite quatre boulangeries-pâtisseries. Ce n’est pas négligeable pour une commune de trois milliers d’habitants.

*Magali et Philippe, rue Saint-Hilaire ;

*La Boîte à Pains, Maison de la Proustille, rue Léon-Ferré ;

*Romuald et Nathalie, Entre’Met, rue Saint-Hilaire ;

*LBC de Mme Le Berre, rue du Dr Galopin.

Quatre enseignes, mais trois propriétaires, car les deux premières appartiennent au même.

Jusqu’à récemment, dans une sorte de Yalta du gâteau, une seule proposait des madeleines et l’affichait fièrement sur sa devanture : « C’est ici que tante Léonie achetait ses madeleines », « La Madeleine de Proust ».

BP 1

 

Tous, bon gré mal gré, reconnaissaient le monopole de fait. Rien, bien sûr, dans l’établissement parent.

BP 2

 

Vous ne trouverez aucune madeleine non plus chez Mme Le Berre qui s’illustre d’un Proust assis :

BP 3

 

Mais, l’an dernier, vainqueur du Concours de la meilleure madeleine organisé par l’Office de Tourisme, le patron d’Entre’Met a voulu pérenniser son succès en proposant sa madeleine.

BP 3

 

Il y a donc deux offres :

La Madeleine de Combray

La Madeleine de Combray

 

 

 

 

 

 

 

La madeleine de tante Léonie

La Madeleine de tante Léonie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La première est à 1, 50 € les six ; la seconde, à 3, 60 € les six.

 

Et voilà que déboule une troisième offre, industrielle, baptisée « Madeleine de Proust ». Rien d’anormal ni de malsain au nom de l’émulation, de la diversité, de la concurrence. Le fou de Proust s’engage à vous la présenter dès qu’elle sera commercialisée en un endroit qui ne devrait pas être une boulangerie-pâtisserie.

La nouveauté, c’est que « Madeleine de Proust » est une « marque ». Le nom est enregistré à l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI). Et celui qui en a pris l’initiative entend bien défendre son bien.

Du coup, Magali et Philippe ont reçu une lettre recommandée les enjoignant de renoncer à la mention ainsi qu’en témoigne leur devanture.

Avant le courrier…

Avant le courrier...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après le courrier…

Après le courrier...

 

 

Ils ont obtempéré et la trace de l’interdit résiste de façon subliminale (cliquer sur la photo pour l’agrandir) :

Proust censuré

Proust censuré

 

 

 

 

 

 

Récapitulons. Désormais, les Islériens, les touristes — proustiens ou non — ont l’embarras du choix : la madeleine de tante Léonie, la madeleine de Combray et la madeleine de Proust. Les deux premières sont artisanales et la petite dernière industrielle.

 

Historiquement, la Madeleine, c’est Commercy, comme le nougat est de Montélimar et les pruneaux d’Agen même si — cette chronique l’illustre — les bêtises ne sont pas que de Combray, pardon de Cambrai !

 

Mais c’est une autre histoire…

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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