Régalade et succulence chez tante Léonie

Régalade et succulence chez tante Léonie

 

Illiers-Combray vient de connaître un samedi gourmand… C’était au Musée Marcel Proust.

Dès qu’il y a esprit d’ouverture, la magie opère. Sur la trentaine des participants à cette Journée des Maisons d’écrivains sur le thème des Nourritures, il y avait deux groupes : des Proustiens qui se sont déplacés, parfois de loin, et des habitants du coin, ne sacrifiant pas nécessairement à la passion proustienne mais heureux d’être de la fête, costumés et impliqués.

En chef d’orchestre sereine, Mireille Naturel a déroulé le programme avec cœur, tout le monde mêlé.

La matinée a permis aux uns et aux autres de trouver leur place — les adhérents ou proches de la Société des Amis de Marcel Proust et des Amis de Combray habitués des lieux ; les Iliersois(e)s se les appropriant dans leurs tenues alliant habits de soubrettes et robes de marquises.

Bravo à Monique Bailleau qui a su fédérer, surtout des dames, superbes dans les costumes de sa garde-robe ou sorties du coffre magique de Roselyne Grenier.

 

Il y avait aussi deux doctorants spécialistes de Sollers, mais aujourd’hui sous la bannière de Proust, Sophie la Chinoise et Georg le Bulgare.

 

Il fallait l’œil de la secrétaire générale de la Sampac pour reconnaître dans le chapeau du monsieur celui du tableau représentant Proust qui se trouve chez Cynthia Gamble à Londres et qu’une photo affichait à Illiers-Combray.

 

Autre illustration de cette Internationale proustienne — qui m’est chère — un Américain de la Nouvelle-Orléans passait au Musée pour qu’on lui indiquât le chemin jusqu’au chemin de halage.

 

Tout le monde a rejoint les combles pour écouter Anne Borrel, qui a longtemps dirigé les lieux, parler du « Pain des Anges » — moi le premier, non sans avoir agité le grelot au bruit ferrugineux.

Résumer la conférence ? Tentons en cinq monosyllabes : Mots et mets chez Proust.

 

En partant déjeuner, les costumés ont posé auprès de Mmes Naturel et Borrel.

 

Les estomacs se sont réjouis au restaurant « Les Aubépines » servant spécialement un plat en gelée (certes, du veau).

 

L’après-midi, ce fut le merveilleux inconnu. Des lectrices et lecteurs (les régionaux de l’étape) ont lu des extraits de la Recherche liés à la nourriture. Qu’il me soit permis de témoigner de la magie offerte par Marie-Annick Mérie, dans la cuisine de Françoise, et par Marianne et Jacques Baubin, dans la salle à manger.

 

Les autres pièces n’attendaient que les auditeurs avec des textes préparés, ainsi dans la chambre de tante Léonie.

 

Pour ma part, j’ai pris un immense plaisir à lire dans le salon oriental la scène des dindonneaux découpés par l’hôtelier de Balbec.

 

Dans le salon rouge, il y avait aussi des « biscuits roses » dont chacun sait que « dans le “magasin“ de la Place ou chez Camus » ils  « étaient plus chers ».

 

Dehors, Fif, l’amie et voisine Iranienne, proposait ses glaces.

 

Et dans une glacière, les petits pots de crème au chocolat de Mme Bailleau attendaient.

(Photos PL)

 

Ne me demandez pas s’ils étaient bons. J’ai dû m’éclipser pour cause de football. Eh non, il n’y a pas que Proust dans la vie, même pour un fou de lui.

 

Au coup de sifflet final, une journée de rêve : une rare alchimie proustienne, à Illiers-Combray (un modèle à méditer) et, en Russie, une victoire des Bleus !

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

PS : Signe de l’entente cordiale entre les deux secrétaires générales de la Sampac, Anne Borel, qui officia durant la dernière décennie du XXe siècle, et l’actuelle, Mirelle Naturel : toutes deux arboraient la même montre au cadran arborant l’incipit de la Recherche en colimaçon.


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

6 comments to “Régalade et succulence chez tante Léonie”

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  1. Merci infiniment Patrice,pour cette chronique aussi enthousiaste que le fut la journée d’hier, dynamique et participative.
    Mireille Naturel.

  2. Ah, Patrice, another classic….and a historical record.
    I could hear the watch ticking. 😉
    Bravo!

    And…that painting of Proust seems familiar.

  3. Comme je regrette de n’avoir pu participer!!

  4. Ces photographies (légèrement allongées, du moins sur mon ordinateur, effet qui ajoute à leur charme) sont un enchantement… Voir votre visage me pose une question : nous sommes-nous parlé l’an dernier, lors de ma visite aux Aubépines ? Si c’est le cas, je n’ai pas compris que vous étiez le merveilleux Fou de Proust, pardonnez-moi de ne pas vous en avoir félicité, sachez le plaisir que j’ai toujours à vous lire, à participer en pensée à ces agapes, aujourd’hui – et d’apprendre que je suis lié à vous par une autre passion commune (difficile à expliquer à la plupart de mes amis, particulièrement aux passionnés de Proust), celle du foot ! Plaisir d’observation, de déchiffrement, de surprises, pourtant proustien par excellence…

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