L’enquêteur en chambre remet ça

L’enquêteur en chambre remet ça

 

Attirail Holmes

Non, ça c’est Sherlock Holmes, qui (au passage) a droit à sa citation dans La Fugitive en post-scriptum d’une lettre du Héros à Albertine :

*Adieu pour toujours, ma petite Albertine, et merci encore de la bonne promenade que nous fîmes ensemble la veille de notre séparation. J’en garde un bien bon souvenir.

P.-S. — Je ne réponds pas à ce que vous me dites de prétendues propositions que Saint-Loup (que je ne crois d’ailleurs nullement en Touraine) aurait faites à votre tante. C’est du Sherlock Holmes. Quelle idée vous faites-vous de moi ? »

 

Ni dearstalker, ni loupe ni pipe pour Monsieur Proust. Grâce à sa connaissance peu commune de l’auteur d’À la Recherche du Temps perdu, nous avons droit à de nouvelles enquêtes concoctées par Pierre-Yves Leprince (Voir la chronique Sherlock Proust et Marcel Watson).

Les Nouvelles enquêtes

 

Toujours flanqué de son fidèle Watson — pardon, Noël, Monsieur Proust est confronté à de nouveaux mystères qui le mettent à l’égal de Maigret, Marlowe, Miss Marple.

 

Sans doute parce qu’un premier, il n’y en a rien qu’un, ce deuxième opus surprend moins. Mais ne boudons pas notre plaisir d’entrer dans cette fable offrant un Proust improbable et pourtant crédible. On y est étourdi par les rapprochements avec la vraie vie, par les références à l’œuvre. Chaque page nous donne envie de les trouver.

Ainsi, dès les premières lignes, l’ami Leprince campe les deux protagonistes avec un appuyé clin d’œil. C’est le jeune Noël qui raconte : « Il avait trente-cinq ans, il était né du côté des riches, vivait à l’hôtel en attendant de pouvoir emménager dans un nouvel appartement à Paris, notre ville natale à tous les deux. J’allais avoir dix-huit ans, j’étais né du côté des petits artisans, je n’aurais jamais dû rencontrer un « monsieur » tel que lui […] deux côtés bien différents se rapprochèrent durant quelques mois. »

Cette même œillade revient au tournant des pages 68 et 69 :

« Je lirais pas la lettre mais je la porterai en sortant, c’est pas très loin de chez vous ni de chez moi, la Butte est juste au-dessus.

— Ainsi des côtés apparemment opposés peuvent-ils se rejoindre d’un coup d’aile… si on a des ailes. »

 

Pour les enquêtes, se reporter au livre. Penser Proust en polar, il fallait oser. L’ami Leprince l’a fait. Respect.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

Pierre-Yves Leprince, Les nouvelles enquêtes de Monsieur Proust, NRF, Gallimard, 21, 90 €

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

2 comments to “L’enquêteur en chambre remet ça”

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  1. Merci, cher merveilleux Fou de Marcel, merci, vos paroles me vont droit au coeur, à l’esprit, à l’âme, toujours tout à vous, Pierre-Yves.

  2. Merci de tout coeur, cher merveilleux Fou de Proust, votre Pierre-Yves L.

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