Un mot impossible !

Un mot impossible !

 

Marcel l’a-t-il entendu de la bouche de son médecin de père ?

En tous cas, c’est un terme de physiologie.

Tout un chacun préfèrerait son synonyme « mobilité », voire « motricité ».

Proust, lui opte pour « motilité » quand il veut parler de la faculté de se déplacer. Le mot date de 1812 et vient du latin motum, supin de movere, mouvoir. A ces informations du Robert, Wikipédia ajoute que la mobilité désigne plutôt la capacité à produire des mouvements et la motilité la nature d’un élément en ce qu’il les réalise.

 

Dans À la Recherche du Temps perdu, « motilité » apparaît quatre fois — trois dans Du côté de chez Swann et une dans Le Côté de Guermantes.

 

Elle désigne successivement : des sensations ordinaires auxquelles tante Léonie prête une « importance extraordinaire ; une faculté que le Héros accorde au comédien Coquelin ; la vie disparaissant du visage de M. Verdurin ; l’éclat des yeux de la princesse de Guermantes.

Dans deux cas, la motilité est opposée à la « pierre » ou au « marbre ».

 

« Mobilité » apparaît neuf fois dans la Recherche (mais jamais dans le premier opus) qui ignore « motricité ».

 

Conclusion 1 : Pourquoi faire banal quand on peut faire savant ?

Conclusion 2 : Trois mots de quatre syllabes dont trois communes pour dire (pratiquement) la même chose, si ce n’est pas une marque de la richesse du français…

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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