La madeleine nouvelle est arrivée

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La madeleine nouvelle est arrivée

 

Bienvenue… Une nouvelle madeleine est disponible à Illiers-Combray — mais elle a perdu son nom en chemin.

 

Elle était annoncée comme celle de Proust, ce que L’Écho républicain claironnait hier en affichette :

1 Madeleine, L'Echo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Finalement, elle s’appelle « La Fameuse Madeleine », vendue aux Aubépines, l’hôtel-restaurant de la place de la gare.

2 La Fameuse Madeleine, aux Aubépines

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle se distingue par sa teinte, brune, et sa taille, imposante : le modèle Chez le Petit Marcel ® pèse 30 gr ; Chez Marcel ®, 45 ; Chez Tante Léonie ®, 100 ; et Chez Françoise ®, 200 gr !

 

Et ça, c’est le sachet que j’ai acheté ce matin :

3 Madeleine, mon sachet

Les proustiens (et pas qu’eux) ont donc l’embarras du choix à Illiers-Combray : La Fameuse Madeleine s’ajoute à la Madeleine de la Maison de la Proustille, où tante Léonie s’approvisionnait, et à la Madeleine de Combray, vendue à la boulangerie-pâtisserie Entre’Met. Il leur en coûtera de 1, 50 € pour cette dernière à 9 € pour celle qui vient de sortir.

 

Une proposition pour les promoteurs du gâteau nouveau-né : élargir la gamme à la biscotte. Tout bon connaisseur de l’œuvre de Proust sait qu’une première version de l’épisode mondialement connu mettait en scène cette tranche de pain cuite deux fois (d’où son nom, comme biscuit).

 

C’est dans la préface de Contre Sainte-Beuve :

*L’autre soir, étant rentré glacé par la neige, et ne pouvant me réchauffer, comme je m’étais mis à lire dans ma chambre sous la lampe, ma vieille cuisinière me proposa de me faire une tasse de thé, dont je ne prends jamais. Et le hasard fit qu’elle m’apporta quelques tranches de pain grillé. Je fis tremper le pain grillé dans la tasse de thé, et au moment où je mis le pain grillé dans ma bouche et où j’eus la sensation de son amollissement pénétré d’un goût de thé contre mon palais, je ressentis un trouble, des odeurs de géraniums, d’orangers, une sensation d’extraordinaire lumière, de bonheur… quand soudain les cloisons ébranlées de ma mémoire cédèrent, et ce furent les étés que je passais dans la maison de campagne qui firent irruption dans ma conscience…

 

Et plus loin :

*Alors je me rappelai : tous les jours, quand j’étais habillé, je descendais dans la chambre de mon grand-père qui venait de s’éveiller et prenait son thé. Il y trempait une biscotte et me la donnait à manger. Et quand ces étés furent passés, la sensation de la biscotte ramollie dans le thé fut un des refuges où les heures mortes – mortes pour l’intelligence – allèrent se blottir, et où je ne les aurais sans doute jamais retrouvées, si ce soir d’hiver, rentré glacé par la neige, ma cuisinière ne m’avait proposé le breuvage auquel la résurrection était liée, en vertu d’un pacte magique que je ne savais pas.

 

D’autres versions et variantes suivent avant la métamorphose définitive mettant en vedette tante Léonie et la madeleine.

 

« La Biscotte de Proust », voilà qui serait chiquissime. Il faut juste s’assurer que le nom est disponible (il existe déjà un blog déjanté s’appelant ainsi, avec en sous-titre : Un jour, les sentiers se vengeront d’être battus).

 

Bon, mais je ne vais pas en faire des tartines ! Bienvenue à la Fameuse Madeleine.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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