Un sou est un sou (2)

 

1 000 francs

— Quel homme charmant que votre mari, il a de l’esprit comme quatre I

ce billet de mille francs, domestique et familier, déchiré et recollé, que son valet de chambre, après lui avoir payé les comptes du mois et le terme, avait serré dans le tiroir du vieux bureau où Swann l’avait repris pour l’envoyer avec quatre autres à Odette I

Il n’en est pas moins vrai que si j’eusse eu mille francs sur moi et qu’il y eût encore des bijoutiers d’ouverts à cette heure-là, j’eusse acheté une bague à l’inconnue. II

la vue d’un billet de cent francs, à plus forte raison de mille IV

Il me semblait que je pourrais bien en tirer mille francs. […] il m’offrit séance tenante de la potiche non pas mille, mais dix mille francs II

je me chargeai de demander pour Morel 1.000 francs par mois à M. de Charlus, argent que celui-ci remettrait aussitôt à Bloch, qui se trouverait ainsi remboursé assez vite. Le premier mois, Morel, encore sous l’impression de la bonté de Bloch, lui envoya immédiatement les 1.000 francs ; V

Je ne peux pas attacher d’importance à ce qu’elle me rendit presque de force ce soir-là mille francs qu’elle me devait VI

elle avait vu ma tante Léonie donner à Eulalie quatre billets de mille francs, alors qu’un billet de cinquante francs plié en quatre me paraissait déjà peu vraisemblable VI

[ils] faisaient ainsi monter la de Beers, de mille francs. VII

 

2 000 francs

Seulement, hélas ! ce qui coûte trois cents francs ailleurs coûte deux mille francs chez eux. II

 

Il reçut deux mille neuf cent quatre-vingt-dix et quelques francs III

 

3 000 francs

au jour de l’an suivant, au lieu d’envoyer au docteur Cottard un rubis de trois mille francs en lui disant que c’était bien peu de chose, M. Verdurin acheta pour trois cents francs une pierre reconstituée en laissant entendre qu’on pouvait difficilement en voir d’aussi belle. I

[Charlus :] les trois mille francs que je vous avais prêtés […] [Mme de Villeparisis] s’était fait prêter trois mille francs par M. de Charlus. III

Si tu ne te trompes pas, trois mille francs suffiraient VI

 

Bloch ayant oublié lui-même exactement ce qu’il avait prêté à Morel, et lui ayant réclamé 3.500 francs au lieu de 4.000 (V)

 

4 000 francs

[Swann] si c’était assez de lui [Odette] envoyer quatre mille francs I

Bloch ayant oublié lui-même exactement ce qu’il avait prêté à Morel, et lui ayant réclamé 3.500 francs au lieu de 4.000 V

 

5 000 francs

il venait moins largement à l’aide d’Odette dans ses difficultés matérielles qu’il n’avait fait le mois dernier où il lui avait donné cinq mille francs I

envoyer le mois prochain six ou sept mille francs à Odette au lieu de cinq I

Bloch n’avait pas hésité à lui prêter — ou plutôt à lui faire prêter par M. Nissim Bernard — 5.000 francs. De ce jour, Morel avait adoré Bloch. Il se demandait les larmes aux yeux comment il pourrait rendre service à quelqu’un qui lui avait sauvé la vie. Enfin, je me chargeai de demander pour Morel 1.000 francs par mois à M. de Charlus, argent que celui-ci remettrait aussitôt à Bloch, qui se trouverait ainsi remboursé assez vite. Le premier mois, Morel, encore sous l’impression de la bonté de Bloch, lui envoya immédiatement les 1.000 francs ; mais après cela il trouva sans doute qu’un emploi différent des 4.000 francs qui restaient pourrait être plus agréable, car il commença à dire beaucoup de mal de Bloch. La vue de celui-ci suffisait à lui donner des idées noires, et Bloch ayant oublié lui-même exactement ce qu’il avait prêté à Morel, et lui ayant réclamé 3.500 francs au lieu de 4.000, ce qui eût fait gagner 500 francs au violoniste Vpuis, comme il n’y a plus de justice en France, surtout contre les Juifs (l’antisémitisme ayant été chez Morel l’effet naturel du prêt de 5.000 francs par un Israélite), il ne sortit plus qu’avec un revolver chargé. V

 

6 000 francs

envoyer le mois prochain six ou sept mille francs à Odette au lieu de cinq I

Je crois qu’actuellement il a encore un appartement de six à sept mille francs. V

 

Je crois qu’actuellement il [Saniette] a encore un appartement de six à sept mille francs. — Six mille cinq cents. V

 

7 000 francs

envoyer le mois prochain six ou sept mille francs à Odette au lieu de cinq I

Je crois qu’actuellement il a encore un appartement de six à sept mille francs. (V)

 

8 000/9 000 francs

vous savez que cela vous coûtera encore huit ou neuf mille francs. V

 

Pas moyen comme s’il lui eût envoyé cette fois quelques billets de mille francs, d’organiser chaque soir, dans un château, de ces soupers fins I

un tableau d’Elstir et qui l’avait peut-être acheté plusieurs milliers de francs III

 

10 000 francs

[Mme Cottard :] Mais je trouve que la première qualité d’un portrait, surtout quand il coûte 10.000 francs, est d’être ressemblant et d’une ressemblance agréable. I

il m’offrit séance tenante de la potiche non pas mille, mais dix mille francs […]

Je rentrai, tenant avec désespoir les dix mille francs inespérés […] Je serrai les dix mille francs. II

tel qui ne peut plus envoyer dix mille francs à une œuvre de bienfaisance, fait encore sans peine le généreux en donnant cent sous de pourboire au télégraphiste qui lui apporte une dépêche II

[…] Mettons que nous dépensions dix mille francs pour lui pendant trois ans. […] sacrifier chaque année dix mille francs pendant trois ans ce n’est pas impossible. V

 

25 000 francs

il avait, pour une chose affreuse, besoin de vingt-cinq mille francs. […] Il formait alors toutes les suppositions sur cette énormité qui faisait que Morel avait besoin de vingt-cinq mille francs […] personne n’eût songé à « lui monter le coup », à inventer une « chose affreuse » pour laquelle on est prêt à se donner la mort si on ne reçoit pas tout de suite vingt-cinq mille francs. IV

 

30 000 francs

C’est un collier qu’elle a vu chez Boucheron. C’est un peu cher pour moi en ce moment : trente mille francs. III

Morel, fils supposé d’un « intendant » qui gagnait trente mille francs par an de fixe IV

— Tu es sûr, me dit Robert, que je peux offrir comme cela à cette femme trente mille francs pour le comité électoral de son mari ? […] « Mon ami avait demandé ces trente mille francs à un parent pour le comité de l’oncle de sa fiancée. C’est à cause de cette raison de fiançailles qu’on les lui avait donnés. Et il m’avait prié de vous les porter pour qu’Albertine n’en sût rien. Et puis voici qu’Albertine le quitte. Il ne sait plus que faire. Il est obligé de rendre les trente mille francs s’il n’épouse pas Albertine. […] Après tout, il n’y avait aucune impossibilité à ce que dans cette histoire des trente mille francs il y eût, comme je le lui disais, une grande part de vérité. VI

 

50 000 francs

« Mais non, mon cher, ce n’est pas du tout une cocotte ; je ne dis pas que dans sa vie elle n’ait pas eu deux ou trois caprices, mais ce n’est pas une femme qu’on paye, ou alors ce serait trop cher. Avec elle c’est cinquante mille francs ou rien du tout. » Or, lui, a dépensé cinquante mille francs pour elle, il l’a eue une fois, mais elle, trouvant d’ailleurs pour cela un complice chez lui-même, dans la personne de son amour-propre, elle a su lui persuader qu’il était de ceux qui l’avaient eue pour rien. III

quand je n’aurais plus que cinquante mille francs de rente, je pourrais les laisser à Albertine et me tuer. VI

 

100 000 francs

une vie où on avait les femmes pour un louis tandis qu’il donnait plus de cent mille francs par an à Rachel. III

c’était la transmutation sous sa forme la plus réduite et la plus précieuse de cent mille francs. III

Chaque fois qu’un homme entre, dans ces conditions, en rapports avec un banquier, celui-ci lui fait perdre une centaine de mille francs, ce qui n’empêche pas l’homme du monde de recommencer avec un autre. III

sans le Charlus, vous devriez gagner plus de cent mille francs par an. V

 

200 000 francs

les ouvriers doivent faire une grève au Canada et le ministre a dit l’autre soir à Monsieur qu’il a touché pour ça deux cent mille francs. » III

à supposer même que nous ne fissions que des croisières de quatre mois, il coûterait plus de deux cent mille francs par an d’entretien. VI

 

300 000 francs

Ah ! ce qu’elle a été refaite ! Il lui a croqué plus de trois cent mille francs. » I

« Ah ! si j’avais trois cent mille francs de rente… Elle se mordait les lèvres. […] Quand elle disait : « Ah ! si j’avais trois cent mille francs de rente ! » même si elle exprimait une pensée mauvaise mais bien peu durable, elle n’eût pu s’y rattacher plus longtemps qu’au désir d’aller aux Rochers, dont l’édition de Mme de Sévigné de ma grand’mère lui avait montré l’image, de retrouver une amie de golf, de monter en aéroplane, d’aller passer la Noël avec sa tante, ou de se remettre à la peinture. V

 

500 000 francs

C’était sur un pied de plus d’un demi-million annuel que nous allions vivre. VI

 

 

La splendeur dont nous semblent revêtus les gens que nous fréquentons n’est pas plus intrinsèque que celle de ces personnages de théâtre pour l’habillement desquels il est bien inutile qu’un directeur dépense des centaines de mille francs à acheter des costumes authentiques et des bijoux vrais IV

 

1 000 000 francs

ce qui m’avait paru ne pas valoir vingt francs quand cela m’avait été offert pour vingt francs dans la maison de passe, où c’était seulement pour moi une femme désireuse de gagner vingt francs, peut valoir plus qu’un million […] Il donnait plus d’un million pour avoir, pour que ne fût pas offert à d’autres, ce qui m’avait été offert comme à chacun pour vingt francs. III

Certes, s’il avait su maintenant qu’elles avaient été offertes à tout le monde pour un louis, il eût sans doute terriblement souffert, mais n’eût pas moins donné un million pour les conserver III

Léonie avait dit devant elle qu’elle avait « un million à manger par mois » VI

il était prêt à étendre sa bonté jusqu’à la personne de Gilberte dont tant de millions aideraient, mais dont cet absurde nom de Swann gênerait le mariage. VI

 

4/5 000 000 francs

il était le fils de M. Swann qui avait dû lui laisser quatre ou cinq millions I

 

Des millions

Mais il avait perdu toute relation avec celui qu’il appelait le « jeune Verdurin » et qu’il considérait, un peu en gros, comme tombé — tout en gardant de nombreux millions — dans la bohème et la racaille. I

elle [Françoise] ne retournerait pas habiter là-bas « pour un empire » et lui donnât-on des millions — hypothèses gratuites III

il n’est pas certain que si une personne ne valait pas mieux, mais eût été duchesse ou eût possédé beaucoup de millions, Mme de Marsantes n’eût pas été favorable au mariage. III

Brézé, c’est royal, cela peut valoir plusieurs millions, c’est une ancienne terre du roi, il y a là une des plus belles forêts de France. III

Alors étaient entrées subitement dans les artères de Bloch et d’un seul coup tant d’idées de millions et de prestige, lesquelles eussent dû être prudemment subdivisées, qu’il avait eu comme un coup au cœur III

ils avaient, le mois précédent, appris qu’elle venait d’hériter de tant de millions. IV

qui se trouva d’ailleurs être fort inférieur aux millions promis VI

 

20 000 000 francs

N’ayant que vingt millions, celle-ci lui convenait moins VI

 

30 000 000 francs

À côté d’elle M. de Guermantes, superbe et olympien, était lourdement assis. On aurait dit que la notion omniprésente en tous ses membres de ses grandes richesses lui donnait une densité particulièrement élevée, comme si elles avaient été fondues au creuset en un seul lingot humain, pour faire cet homme qui valait si cher. Au moment où je lui dis au revoir, il se leva poliment de son siège et je sentis la masse inerte de trente millions que la vieille éducation française faisait mouvoir, soulevait, et qui se tenait debout devant moi. III

 

35 000 000 francs

On évalue généralement que Mme Verdurin est riche à trente-cinq millions. Dame, trente-cinq millions, c’est un chiffre. IV

 

80 000 000 francs

Gilberte servait aussi à la situation de sa mère, car un oncle de Swann venait de laisser près de quatre-vingts millions à la jeune fille IV

 

100 000 000 francs

nous persuader qu’un inconnu va nous laisser une fortune de cent millions VI

Mlle de Forcheville ayant cent millions, Mme de Marsantes avait pensé que c’était un excellent mariage pour son fils. Elle eut le tort de dire que cette jeune fille était charmante, qu’elle ignorait absolument si elle était riche ou pauvre, qu’elle ne voulait pas le savoir mais que, même sans dot, ce serait une chance pour le jeune homme le plus difficile d’avoir une femme pareille. C’était beaucoup d’audace pour une femme tentée seulement par les cent millions qui lui fermaient les yeux sur le reste. VI

 

5 000 000 000 000 francs

elle avait acheté cinq milliards un bouquet de violettes IV

 

Divers :

 

*Pour changer la conversation Mme Swann se tournant vers Mme Cottard :

— Mais vous me semblez bien belle ? Redfern fecit ?

— Non, vous savez que je suis une fervente de Raudnitz. Du reste c’est un retapage.

— Eh bien! cela a un chic !

— Combien croyez-vous ?… Non, changez le premier chiffre.

— Comment, mais c’est pour rien, c’est donné. On m’avait dit trois fois autant.

— Voilà comme on écrit l’Histoire, concluait la femme du docteur. II

 

*je m’ennuie, comme dirait Xénophon, à cent drachmes l’heure. V

 

Ce Marcel, quel comptable !

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

2 comments to “Un sou est un sou (2)”

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  1. Et en euros cela fait combien?
    Merci de convertir.

  2. Il suffit de demander, même si la réponse était dans la première partie (Un sou est un sou (I) :
    Le franc retenu est celui d’avant la guerre de 1914 et arrondi à l’équivalent de trois euros

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