Le mot « Fin »

          Le mot « Fin »

Un jour du début du printemps 1922, vers 16 h, Marcel Proust est couché. Il a l’air très fatigué mais il sourit quand il accueille la confidente de ses dernières années.

Témoignage de Céleste Albaret dans l’émission de l’ORTF Les Visiteurs d’un soir, interviewée par Pierre Brive :

*Il m’a dit avec un espèce de rayonnement magnifique : « J’ai une grande nouvelle à vous apprendre, mais une grande nouvelle ! — Quelle donc, mon Dieu, vous n’avez vu personne ! » Il me dit : « Oh, Céleste, si vous saviez comme je suis content, si vous saviez que c’est quelque chose d’extraordinaire que je vais vous dire ! — Et quoi donc ? — Eh bien enfin, j’ai mis le mot Fin à mon livre ! »

https://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu05407/marcel-proust.html

Lire ce mot « Fin » de la main de Proust :

Le voir imprimé par la NRF :

Écrire à son tour le mot « Fin ». Il fallait bien qu’un jour ce blogue s’arrêtât. Cette chronique est la 3 596e. La première a été publiée le 26 novembre 2013, à 15 h 37. Elle s’appelait Parole de proustiste. Suivirent La phrase la plus longue, À bas le Narrateur, vive le Héros, La Recherche : 4 251 habitants, Cosmopolitisme en Beauce, Pour des papilles proustiennes, etc.

La plupart paraissaient sous l’intitulé « Décorticage » — j’y détaillais À la recherche du temps perdu, m’emparant de ses mots pour les illustrer et comprendre ; d’autres, sous le nom de « Chronique » racontaient la vie du Proustiste à Illiers-Combray où les traces de Proust dans l’air du temps ; il y avait aussi quelques « Feuilletons », des séries et, sous le bandeau du haut des « Pages » regroupant les œuvres d’art de la Recherche, des Quizz, la liste des personnages et le roman par lequel tout a commencé, Le fou de Proust. Ajoutez une foultitude d’illustrations, dont quelques autoportraits.

Cette production, qui n’a pas connu un jour de répit, a suscité 4 900 commentaires. C’est sans doute la part la plus riche. Celles et ceux qui ont réagi ont donné à ce blogue sa plus belle dimension. Ils ont constitué ce que j’ai appelé « L’Internationale proustienne ». En nommer un seul serait injuste et j’ai n’ai pas la place de les nommer tous. Mais chacune et chacun sait ma gratitude étendue aux lectrices et aux lecteurs qui ne se sont jamais signalés. Je ne les ai pas moins aimés pour leurs visites — plus d’un demi-million.

Pourquoi s’arrêter ? D’autres passions, peut-être, m’appellent. « Qui peut le dire ? » En fait, je n’en sais trop rien mais tout a une fin. Il ne me reste plus qu’à signer une dernière fois avant d’écrire le mot fatidique.

Parole de proustiste…

Patrice Louis

FIN

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

25 comments to “Le mot « Fin »”

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  1. Vous nous manquerez, Patrice. Bonne route à vous et merci pour toutes vos chroniques. Bien amicalement

  2. Pour une fois que je m’intéressais à Marcel…

  3. Vous ne pourrez résister…

  4. Oh mais NON !!! quelle tristesse …
    Tout ce que je souhaite, malgré la FIN de vos délicieux billets, c’est que le blog reste en ligne, et que nous puissions venir le consulter à loisir.
    Un grand merci pour votre travail remarquable et bonne chance pour la suite.

  5. Quelle tristesse de voir cette chronique s’arrêter ! L’idée en était venue, si je me souviens bien, au cours d’une discussion avec François Bon, lors de la célébration du centenaire, en novembre 2013.Vous avez été caustique parfois mais c’était un tel plaisir de vous lire et d’entendre s’exprimer une pensée libre. Du grand journalisme appliqué a la réalité locale. Suivez les conseils d’Oriane, allez visiter les fjords norvégiens qui sont d’une beauté à vous couper le souffle. Bon vent !

  6. patricelouis says: -#1

    Oui, un peu plus tard

  7. Nous resterons donc sur notre… fin ?

  8. Merci, cher Patrice. Mais la fin peut aussi signaler un debut, comme La Recherche !!

  9. Please leave the blog in order that latecomers can catch up Monsieur Louis .
    I find it both enlightening and entertaining and I thank you for your efforts .

  10. Merci pour ces bons moments de lecture. Avec le fou de Proust, c’était tous les jours le Printemps Proustien.

  11. allez! je me lance à la « Recherche du Fou perdu ». On annoncera bientôt j’en suis sûr la parution du « Fou retrouvé ».

  12. Dur dur… il ne nous reste donc plus qu’à pleurer… pleurer comme ?
    Chapeau ! Et merci pour tous ces très bons moments passés en votre délicieuse compagnie.

  13. Jolie FIN, Patrice. Tiens nous au courant de ton prochain projet….

  14. Dear Patrice~
    Stunned…and so sad.
    I am grieving our loss, of having you apart of our daily Proustian lives.
    However, Proust teaches us that our “selves” evolve.
    Now, you have announced that you are becoming, of have become, another “self.”

    “Why stop?
    Other passions, maybe, call me.
    « Who can say?
    « In fact, I really know but everything has an end. It remains for me to sign one last time before entering the fateful word.”

    There will never be another blog like “Le Fou de Proust,” with your singular knowledge and curiosity about Proust, his novel, and the times in which he lived.

    Every page should be SAVED on the Wayback Machine (https://web.archive.org/)

    https://lefoudeproust.fr/2019/05/le-mot-fin/

    https://web.archive.org/save/https://lefoudeproust.fr/2019/05/le-mot-fin/

    Thinking…I am in denial, as this is difficult to accept.
    With the deepest gratitude, Patrice,
    Marcelita

  15. Félicitations, cher Patrice, pour votre blogue épatant. Marcel, je n’en doute pas, aurait aimé vous lire. Avec vous, ce fut souvent « A la Recherche du Proust perdu » et vous avez éclairé bien des aspects de l’oeuvre par vos commentaires très bien informés, érudits et souvent distanciés, toujours plaisants, jamais fades, souvent rigolards car l’ennemi, n’est-ce pas, est bien l’esprit de sérieux. Je comprends que vous arrêtiez justement maintenant, juste avant le Printemps Proustien. Une aventure finit, d’autres commencent … Chaleureusement au Proustiste. Jean (Nègre) de Kerjouet.

  16. Votre blog était la première application que j ouvrais le matin avant d affronter les autres sites le plupart du temps porteurs de nouvelles attristantes sur notre époque décadente. J ai également adoré votre livre « le fou de Proust Merci sincèrement. Vous me manquerez beaucoup.

  17. Cher Patrice, merci beaucoup pour toutes ces belles années qui nous ont accompagnés avec Marcel. Un gros câlin.

  18. Cher Patrice,
    Comme tous, je suis triste d’avoir vu paraître le mot « fin » sur votre blogue qui animait avec tant de talent cette communauté proustienne.
    Et je vous dit merci pour toutes ces riches lectures et analyses que vous m’avez données à penser durant (pour moi)un peu plus de deux ans.
    Bonne continuation vers de nouveaux partages que vous animerez !

  19. J’étais en vacances…J’apprends la nouvelle ce matin et je demeure abasourdi
    Je ne veux pas passer un mois d’août sans quizz
    Je ne veux pas me lever sans avoir des nouvelles d’Oriane, de Robert, de Charles, de Sidonie et de tous les autres…
    Bref, je ne veux pas y croire !
    Cher Patrice, faites comme tous ces artistes qui n’en finissent pas de faire leurs adieux et revenez-nous vite !
    Merci en tout cas pour les 3596 chroniques : je vais les relire en attendant !

  20. J’apprends un peu tard la fin de votre blog! Luc Fraisse vient de m’en informer. Je suis bien triste parce que je considère que rien ne remplacera ma lecture du matin, mais c’est bien egoïste de ma part. Je vous souhaite cher Patrice bonne chance pour de nouvelles aventures qui vont commencer et je vous remercie beaucoup pour le travail que vous avez réalisé depuis 2013. J’en garderai longtemps encore le souvenir et de plus si elle reste accessible elle restera aussi notre outil de travail et de référence. Recevez ainsi que Violette toutes mes affectueuses pensées.

  21. Je n’y crois pas une seule seconde.

  22. Je crains que vous ayez tout faux

  23. « Regrets sur quoi l’enfer se fonde ».
    Chaque matin, chaque nuit et puisque je distingue mal l’un de l’autre,
     »Le fou de Proust » en page d’accueil de l’ ordinateur était une présence
    constante et joyeuse .
    T’avons -nous assez dit ce que ta curiosité, ton amour pour l’oeuvre de Proust,
    les liens que cela créait entre nous apportaient à nos existences citadines souvent malmenées ?
    T’avons nous assez remercié pour avoir avec profonde générosité accueilli des texans, des japonais, des lapons heureux de trouver en gare d’Illiers un oncle
    facétieux et cultivé qui depuis toujours les attendait ?
    Je regarde mélancolique toutes ces pages où aucun de nous ne trouva un moment pour laisser un mot.
    La gentillesse l’eut voulu, la courtoisie l’eut exigé .
    Raconte -nous un jour ton voyage dans les fjords …
    Reprends le fil autrement.
    Ne nous fais pas attendre sous l’orme…
    Avec ma reconnaissance
    alexandra

  24. Madeleine. – Tu connais la nouvelle ?!
    Léonie. – J’ai perdu mes aiguilles à tricot’art.
    Madeleine. – Le Fou de Proust a annoncé la fin de son blogue !
    Léonie. – Encore un coup de l’aut’e zigue.
    Madeleine. – Tu m’écoutes ?
    Léonie. – C’est du bluff.
    Madeleine. – J’aimerais te croire mais il semble que ce ne soit pas une fake-news, hélas.
    Léonie. – Eh quoi, il a besoin qu’on lui dise qu’on l’aime ? Il aurait souhaité davantage de visiteurs ? Quand il aura reçu une centaine de commentaires sous ce billet, on en reparlera, crois-moi.
    Madeleine. – (en sanglots) A la veille du Printemps proustien !
    Léonie. – Arrête de pleurnicher, c’est insupportable. Aide-moi plutôt à retrouver mes aiguilles à tricot’art.
    Madeleine. – Visiter les fjords en Norvège… Je m’en vais le retrouver…
    Léonie. – Quoi ?
    Madeleine. – L’Éternité du Temps perdu et retrouvé.

    (début avril, j’avais évoqué le blogue de Patrice dans un article en forme de fantaisie).
    https://epaisseursansconsistance.com/2019/04/01/une-melodie-hors-du-temps/

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