Mots pour homos (2)

Mots pour homos (2)

 

Vingt-sept occurrences d’homosexuel, sodomiste, tapette, tante, de la confrérie, homme-femme pour désigner un homme qui aime un homme dans À la recherche du temps perdu.

C’est entendu.

Et il y en a quarante-deux pour le seul inverti. Qui aurait l’idée d’user aujourd’hui de ce mot totalement désuet ? Quant à l’inversion, elle apparaît seize fois.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

Les extraits

*L’inverti dépiste les invertis II

*peut-on appeler amitiés ces relations qui ne végètent qu’à la faveur d’un mensonge et d’où le premier élan de confiance et de sincérité qu’ils seraient tentés d’avoir les ferait rejeter avec dégoût, à moins qu’ils n’aient à faire à un esprit impartial, voire sympathique, mais qui alors, égaré à leur endroit par une psychologie de convention, fera découler du vice confessé l’affection même qui lui est la plus étrangère, de même que certains juges supposent et excusent plus facilement l’assassinat chez les invertis et la trahison chez les Juifs pour des raisons tirées du péché originel et de la fatalité de la race ? Enfin — du moins selon la première théorie que j’en esquissais alors, qu’on verra se modifier par la suite, et en laquelle cela les eût par-dessus tout fâchés si cette contradiction n’avait été dérobée à leurs yeux par l’illusion même que les faisait voir et vivre — amants à qui est presque fermée la possibilité de cet amour dont l’espérance leur donne la force de supporter tant de risques et de solitudes, puisqu’ils sont justement épris d’un homme qui n’aurait rien d’une femme, d’un homme qui ne serait pas inverti et qui, par conséquent, ne peut les aimer ; de sorte que leur désir serait à jamais inassouvissable si l’argent ne leur livrait de vrais hommes, et si l’imagination ne finissait par leur faire prendre pour de vrais hommes les invertis à qui ils se sont prostitués. IV

*(malgré toutes les moqueries dont celui qui, plus mêlé, mieux assimilé à la race adverse, est relativement, en apparence, le moins inverti, accable qui l’est demeuré davantage) IV

*Et pour l’inverti le vice commence, non pas quand il noue des relations (car trop de raisons peuvent les commander), mais quand il prend son plaisir avec des femmes. Le jeune homme que nous venons d’essayer de peindre était si évidemment une femme, que les femmes qui le regardaient avec désir étaient vouées (à moins d’un goût particulier) au même désappointement que celles qui, dans les comédies de Shakespeare, sont déçues par une jeune fille déguisée qui se fait passer pour un adolescent. La tromperie est égale, l’inverti même le sait, il devine la désillusion que, le travestissement ôté, la femme éprouvera, et sent combien cette erreur sur le sexe est une source de fantaisiste poésie. IV

*Car personne ne sait tout d’abord qu’il est inverti, ou poète, ou snob, ou méchant. IV

*Qui sait si les photographies de femmes ne sont pas un commencement d’hypocrisie, un commencement aussi d’horreur pour les autres invertis ? IV

*Sans doute la vie de certains invertis paraît quelquefois changer, leur vice (comme on dit) n’apparaît plus dans leurs habitudes ; mais rien ne se perd : un bijou caché se retrouve ; quand la quantité des urines d’un malade diminue, c’est bien qu’il transpire davantage, mais il faut toujours que l’excrétion se fasse. Un jour cet homosexuel perd un jeune cousin et, à son inconsolable douleur, vous comprenez que c’était dans cet amour, chaste peut-être et qui tenait plus à garder l’estime qu’à obtenir la possession, que les désirs avaient passé par virement, comme dans un budget, sans rien changer au total, certaines dépenses sont portées à un autre exercice. Comme il en est pour ces malades chez qui une crise d’urticaire fait disparaître pour un temps leurs indispositions habituelles, l’amour pur à l’égard d’un jeune parent semble, chez l’inverti, avoir momentanément remplacé, par métastase, des habitudes qui reprendront un jour ou l’autre la place du mal vicariant et guéri. IV

*Les ruses les plus extraordinaires que la nature a inventées pour forcer les insectes à assurer la fécondation des fleurs, qui, sans eux, ne pourraient pas l’être parce que la fleur mâle y est trop éloignée de la fleur femelle, ou qui, si c’est le vent qui doit assurer le transport du pollen, le rend bien plus facile à détacher de la fleur mâle, bien plus aisé à attraper au passage par la fleur femelle, en supprimant la sécrétion du nectar, qui n’est plus utile puisqu’il n’y a pas d’insectes à attirer, et même l’éclat des corolles qui les attirent, et la ruse qui, pour que la fleur soit réservée au pollen qu’il faut, qui ne peut fructifier qu’en elle, lui fait sécréter une liqueur qui l’immunise contre les autres pollens — ne me semblaient pas plus merveilleuses que l’existence de la sous-variété d’invertis destinée à assurer les plaisirs de l’amour à l’inverti devenant vieux. IV

*Enfin, l’inversion elle-même, venant de ce que l’inverti se rapproche trop de la femme pour pouvoir avoir des rapports utiles avec elle, se rattache par là à une loi plus haute qui fait que tant de fleurs hermaphrodites restent infécondes, c’est-à-dire à la stérilité de l’auto-fécondation. Il est vrai que les invertis à la recherche d’un mâle se contentent souvent d’un inverti aussi efféminé qu’eux. Mais il suffit qu’ils n’appartiennent pas au sexe féminin, dont ils ont en eux un embryon dont ils ne peuvent se servir, ce qui arrive à tant de fleurs hermaphrodites et même à certains animaux hermaphrodites, comme l’escargot, qui ne peuvent être fécondés par eux-mêmes, mais peuvent l’être par d’autres hermaphrodites. Par là les invertis, qui se rattachent volontiers à l’antique Orient ou à l’âge d’or de la Grèce, remonteraient plus haut encore, à ces époques d’essai où n’existaient ni les fleurs dioïques, ni les animaux unisexués, à cet hermaphrodisme initial dont quelques rudiments d’organes mâles dans l’anatomie de la femme et d’organes femelles dans l’anatomie de l’homme semblent conserver la trace. IV

*L’inverti se croit seul de sa sorte dans l’univers ; plus tard seulement, il se figure — autre exagération — que l’exception unique, c’est l’homme normal. IV

*Au reste, peut-on séparer entièrement l’aspect de M. de Charlus du fait que les fils, n’ayant pas toujours la ressemblance paternelle, même sans être invertis et en recherchant des femmes, consomment dans leur visage la profanation de leur mère ? IV

*Le baron, qui voyait facilement partout des pareils à lui, ne douta pas que Cottard n’en fût un et ne lui fît de l’œil. Aussitôt il témoigna au professeur la dureté des invertis, aussi méprisants pour ceux à qui ils plaisent qu’ardemment empressés auprès de ceux qui leur plaisent. Sans doute, bien que chacun parle mensongèrement de la douceur, toujours refusée par le destin, d’être aimé, c’est une loi générale, et dont l’empire est bien loin de s’étendre sur les seuls Charlus, que l’être que nous n’aimons pas et qui nous aime nous paraisse insupportable. À cet être, à telle femme dont nous ne dirons pas qu’elle nous aime mais qu’elle nous cramponne, nous préférons la société de n’importe quelle autre qui n’aura ni son charme, ni son agrément, ni son esprit. Elle ne les recouvrera pour nous que quand elle aura cessé de nous aimer. En ce sens, on pourrait ne voir que la transposition, sous une forme cocasse, de cette règle universelle, dans l’irritation causée chez un inverti par un homme qui lui déplaît et le recherche. Mais elle est chez lui bien plus forte. Aussi, tandis que le commun des hommes cherche à la dissimuler tout en l’éprouvant, l’inverti la fait implacablement sentir à celui qui la provoque, comme il ne la ferait certainement pas sentir à une femme, M. de Charlus, par exemple, à la princesse de Guermantes dont la passion l’ennuyait, mais le flattait. Mais quand ils voient un autre homme témoigner envers eux d’un goût particulier, alors, soit incompréhension que ce soit le même que le leur, soit fâcheux rappel que ce goût, embelli par eux tant que c’est eux-mêmes qui l’éprouvent, est considéré comme un vice, soit désir de se réhabiliter par un éclat dans une circonstance où cela ne leur coûte pas, soit par une crainte d’être devinés, qu’ils retrouvent soudain quand le désir ne les mène plus, les yeux bandés, d’imprudence en imprudence, soit par la fureur de subir, du fait de l’attitude équivoque d’un autre, le dommage que par la leur, si cet autre leur plaisait, ils ne craindraient pas de lui causer, ceux que cela n’embarrasse pas de suivre un jeune homme pendant des lieues, de ne pas le quitter des yeux au théâtre même s’il est avec des amis, risquant par cela de le brouiller avec eux, on peut les entendre, pour peu qu’un autre qui ne leur plaît pas les regarde, dire : « Monsieur, pour qui me prenez-vous ? (simplement parce qu’on les prend pour ce qu’ils sont) ; je ne vous comprends pas, inutile d’insister, vous faites erreur », aller au besoin jusqu’aux gifles, et, devant quelqu’un qui connaît l’imprudent, s’indigner : « Comment, vous connaissez cette horreur ? Elle a une façon de vous regarder !… En voilà des manières ! » M. de Charlus n’alla pas aussi loin, mais il prit l’air offensé et glacial qu’ont, lorsqu’on a l’air de les croire légères, les femmes qui ne le sont pas, et encore plus celles qui le sont. D’ailleurs, l’inverti, mis en présence d’un inverti, voit non pas seulement une image déplaisante de lui-même, qui ne pourrait, purement inanimée, que faire souffrir son amour-propre, mais un autre lui-même, vivant, agissant dans le même sens, capable donc de le faire souffrir dans ses amours. Aussi est-ce dans un sens d’instinct de conservation qu’il dira du mal du concurrent possible, soit avec les gens qui peuvent nuire à celui-ci (et sans que l’inverti nº 1 s’inquiète de passer pour menteur quand il accable ainsi l’inverti nº 2 aux yeux de personnes qui peuvent être renseignées sur son propre cas), soit avec le jeune homme qu’il a «levé», qui va peut-être lui être enlevé et auquel il s’agit de persuader que les mêmes choses qu’il a tout avantage à faire avec lui causeraient le malheur de sa vie s’il se laissait aller à les faire avec l’autre. Pour M. de Charlus, qui pensait peut-être aux dangers (bien imaginaires) que la présence de ce Cottard, dont il comprenait à faux le sourire, ferait courir à Morel, un inverti qui ne lui plaisait pas n’était pas seulement une caricature de lui-même, c’était aussi un rival désigné. Un commerçant, et tenant un commerce rare, en débarquant dans la ville de province où il vient s’installer pour la vie, s’il voit que, sur la même place, juste en face, le même commerce est tenu par un concurrent, n’est pas plus déconfit qu’un Charlus allant cacher ses amours dans une région tranquille et qui, le jour de l’arrivée, aperçoit le gentilhomme du lieu, ou le coiffeur, desquels l’aspect et les manières ne lui laissent aucun doute. Le commerçant prend souvent son concurrent en haine ; cette haine dégénère parfois en mélancolie, et pour peu qu’il y ait hérédité assez chargée, on a vu dans des petites villes le commerçant montrer des commencements de folie qu’on ne guérit qu’en le décidant à vendre son «fonds» et à s’expatrier. La rage de l’inverti est plus lancinante encore. Il a compris que, dès la première seconde, le gentilhomme et le coiffeur ont désiré son jeune compagnon. Il a beau répéter cent fois par jour à celui-ci que le coiffeur et le gentilhomme sont des bandits dont l’approche le déshonorerait, il est obligé, comme Harpagon, de veiller sur son trésor et se relève la nuit pour voir si on ne le lui prend pas. Et c’est ce qui fait sans doute, plus encore que le désir ou la commodité d’habitudes communes, et presque autant que cette expérience de soi-même, qui est la seule vraie, que l’inverti dépiste l’inverti avec une rapidité et une sûreté presque infaillibles. Il peut se tromper un moment, mais une divination rapide le remet dans la vérité. Aussi l’erreur de M. de Charlus fut-elle courte. IV

*[Charlus et Cottard] Et non seulement sans plaisir physique, mais surmontant une répulsion physique, en Guermantes, non en inverti, pour dire adieu au docteur il lui prit la main et la lui caressa un moment avec une bonté de maître flattant le museau de son cheval et lui donnant du sucre. IV

*[Charlus] poussait maintenant, involontairement, presque les mêmes petits cris (chez lui involontaires et d’autant plus profonds) que jettent, volontairement, eux, les invertis qui s’interpellent en s’appelant « ma chère » ; V

*L’inverti qui n’a pu nourrir sa passion qu’avec une littérature écrite pour les hommes à femmes, qui pensait aux hommes en lisant les Nuits de Musset, éprouve le besoin d’entrer de même dans toutes les fonctions sociales de l’homme qui n’est pas inverti, d’entretenir un amant, comme le vieil habitué de l’Opéra des danseuses, d’être rangé, d’épouser ou de se coller, d’être père. V

*M. de Charlus m’étonna beaucoup en citant parmi les invertis « l’ami de l’actrice » que j’avais vu à Balbec et qui était le chef de la petite Société des quatre amis. V

*M. de Charlus était arrivé aussi loin qu’il était possible de soi-même, ou plutôt il était lui-même si parfaitement masqué par ce qu’il était devenu et qui n’appartenait pas à lui seul, mais à beaucoup d’autres invertis, VI

*Et si, voyant passer M. de Charlus, Morel (excepté les jours où, par besoin de confession, il le heurtait pour avoir l’occasion de lui dire tristement : « Oh ! pardon, je reconnais que j’ai agi infectement avec vous », assis à une terrasse de café avec ses camarades, poussait avec eux de petits cris, montrait le baron du doigt et poussait ces gloussements par lesquels on se moque d’un vieil inverti, j’étais persuadé que c’était pour cacher son jeu ; VII

*L’horreur que les grands ont pour les snobs qui veulent à toute force se lier avec eux, l’homme viril l’a pour l’inverti, la femme pour tout homme trop amoureux.

*[Morel] raconta sur M. de Charlus et sur M. d’Argencourt, avec lequel il s’était brouillé aussi, des histoires ne le touchant pas à vrai dire directement mais que ceux-ci, avec la double expansion des amants et des invertis lui avaient racontées, ce qui fit arrêter à la fois M. de Charlus et M. d’Argencourt. VII

*L’écrivain ne doit pas s’offenser que l’inverti donne à ses héroïnes un visage masculin. Cette particularité un peu aberrante permet seule à l’inverti de donner ensuite à ce qu’il lit toute sa généralité. VII

 

*ceux qui parviennent à cacher qu’ils en sont, ils les démasquent volontiers, moins pour leur nuire, ce qu’ils ne détestent pas, que pour s’excuser, et allant chercher, comme un médecin l’appendicite, l’inversion jusque dans l’histoire IV

*Le délaissé pourtant ne guérit pas (malgré les cas où l’on verra que l’inversion est guérissable). IV

*Enfin, l’inversion elle-même, venant de ce que l’inverti se rapproche trop de la femme pour pouvoir avoir des rapports utiles avec elle, se rattache par là à une loi plus haute qui fait que tant de fleurs hermaphrodites restent infécondes, c’est-à-dire à la stérilité de l’auto-fécondation. IV

*Le secrétaire eût, si le baron avait dit vrai, fait exception dans cette ambassade. Elle était, en effet, composée de personnalités fort différentes, plusieurs extrêmement médiocres, en sorte que, si l’on cherchait quel avait pu être le motif du choix qui s’était porté sur elles, on ne pouvait découvrir que l’inversion. En mettant à la tête de ce petit Sodome diplomatique un ambassadeur aimant au contraire les femmes avec une exagération comique de compère de revue, qui faisait manœuvrer en règle son bataillon de travestis, on semblait avoir obéi à la loi des contrastes. Malgré ce qu’il avait sous les yeux, il ne croyait pas à l’inversion. IV

*[Charlus :] dans ces milieux bourgeois et artistes où il passait pour l’incarnation même de l’inversion, sa grande situation mondaine, sa haute origine, étaient entièrement ignorées IV

*Vous savez, me dit-il, en parlant du violoniste, qu’il n’est pas du tout ce que vous pourriez croire, c’est un petit très honnête, qui est toujours resté sage, très sérieux.» Et on sentait à ces mots que M. de Charlus considérait l’inversion sexuelle comme un danger aussi menaçant pour les jeunes gens que la prostitution pour les femmes IV

*[Des musiciens sur Morel :] « Ah ! grand talent, grosse situation, étant donné naturellement qu’il est un jeune, très apprécié des connaisseurs, fera son chemin. » Et par la manie des gens qui ignorent l’inversion à parler de la beauté masculine : « Et puis, il est joli à voir jouer ; il fait mieux que personne dans un concert ; il a de jolis cheveux, des poses distinguées ; la tête est ravissante, et il a l’air d’un violoniste de portrait. » IV

*Quelquefois, il est vrai, chez ceux [les Charlus] qui font de l’inversion un sacerdoce, cet amour les dégoûte. V

*M. de Charlus taxait d’inversion la grande majorité de ses contemporains, en exceptant toutefois les hommes avec qui il avait eu des relations et dont, pour peu qu’elles eussent été mêlées d’un peu de romanesque, le cas lui paraissait plus complexe. V

*les goûts charnels de Robert, une conversation que j’eus avec Aimé, et qui me rendit fort malheureux, me montra que l’ancien maître d’hôtel de Balbec faisait remonter cette divergence, cette inversion, beaucoup plus haut. VI

*Robert, au lieu de se contenter de l’inversion, faisait mourir sa femme de jalousie en cherchant sans plaisir des maîtresses. VII

*L’inversion du baron n’était pas seule dénoncée, mais aussi sa prétendue nationalité germanique VII

*Si un mouvement singulier avait conduit à l’inversion — et cela dans toutes les classes — des êtres comme Saint-Loup qui en étaient le plus éloignés, un mouvement en sens inverse avait détaché de ces pratiques ceux chez qui elles étaient le plus habituelles. VII

*le phénomène si mal compris, si inutilement blâmé, de l’inversion sexuelle grandit plus encore que celui déjà si instructif de l’amour. VII

*d’autres particularités (comme l’inversion) peuvent faire que le lecteur ait besoin de lire d’une certaine façon pour bien lire ; VII

 

Alors, ces invertis, qui sont-ils ? La liste sera livrée demain.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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