Spécialités locales

Spécialités locales

 

S’il est question de « nougat » dans la Recherche, — même « rose » dans Sodome et Gomorrhe —il n’est pas précisé s’il est de Montélimar…

D’autres spécialités locales n’en sont pas moins mises en avant.

Restons à table : les rillettes sont de Tours (Le Mans a un notaire !), les biscuits de reims, l’agneau de Pauillac, les raisins de Fontainebleau, l’orange de Valence, le poivre de Cayenne et l’eau de Contrexéville et de Vichy.

 

Côté décoration, les tapisserie viennent d’Aubusson et de Beauvais, la toile de Jouy, le cuir de Cordoue et du Japon, le velours de Gênes, le verre de Bohême, la porcelaine de Saxe et de Sèvres, la pierre meulière de Senlis, le grès rouge de Strasbourg, le marbre de Carrare et les violettes de Parme.

 

L’oracle est naturellement de Delphes, les pyramides d’Égypte, l’obélisque de Louqsor et les arènes de Nîmes.

 

Le plus savoureux est l’édit, pas tant parce qu’il est bien de Nantes mais parce qu’il offre à Proust l’occasion de glisser, encore dans Sodome et Gomorrhe, une plaisanterie, fût-elle éculée :

*Jadis la forme de l’« à peu près » était le « comble ». Mais elle était surannée, personne ne l’employait plus, il n’y avait plus que Cottard pour dire encore parfois, au milieu d’une partie de « piquet » : « Savez-vous quel est le comble de la distraction ? c’est de prendre l’édit de Nantes pour une Anglaise. »

 

Feu mon père parlait de plaisanteries de garçon de bain !

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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