On dirait… (Albertine, suite)

Albertine, suite

Velasquez, Diego, peintre baroque espagnol (1599-1660) : [Infante Marie-Thérèse]

*Pendant qu’elle jouait, de la multiple chevelure d’Albertine je ne pouvais voir qu’une coque de cheveux noirs en forme de cœur, appliquée au long de l’oreille comme le nœud d’une infante de Velasquez. (V, 256)

Velasquez, Infante Marie-Thérèse

Velasquez, Infante Marie-Thérèse

 

Giotto di Bondone, peintre florentin du Trecento (1267-1337) : L’Idolâtrie

*Un des matins qui suivirent celui où Andrée m’avait dit qu’elle était obligée de rester auprès de sa mère, je faisais quelques pas avec Albertine que j’avais aperçue, élevant au bout d’un cordonnet un attribut bizarre qui la faisait ressembler à l’«Idolâtrie» de Giotto; il s’appelle d’ailleurs un «diabolo» (II, 324)

Giotto, L'ïdolâtrie

Giotto, L’ïdolâtrie

 

Michel-Ange peintre et sculpteur de la Renaissance italienne (1475-1564) : [Léda et le Cygne]

*«Finissez ou je sonne», s’écria Albertine voyant que je me jetais sur elle pour l’embrasser. Mais je me disais que ce n’était pas pour ne rien faire qu’une jeune fille fait venir un jeune homme en cachette, en s’arrangeant pour que sa tante ne le sache pas, que d’ailleurs l’audace réussit à ceux qui savent profiter des occasions; dans l’état d’exaltation où j’étais, le visage rond d’Albertine, éclairé d’un feu intérieur comme par une veilleuse, prenait pour moi un tel relief qu’imitant la rotation d’une sphère ardente, il me semblait tourner telles ces figures de Michel-Ange qu’emporte un immobile et vertigineux tourbillon. J’allais savoir l’odeur, le goût, qu’avait ce fruit rose inconnu. J’entendis un son précipité, prolongé et criard. Albertine avait sonné de toutes ses forces. (II, 357)

 

Michel-Ange, Léda et le Cygne

Michel-Ange, Léda et le Cygne

 

Vinci, Léonard de, peintre italien de la Renaissance, homme d’esprit universel (1452-1519) : [Tête d’homme de profil, la face aplatie]

*Il y avait, quand elle était tout à fait sur le côté, un certain aspect de sa figure (si bonne et si belle de face) que je ne pouvais souffrir, crochu comme en certaines caricatures de Léonard, semblant révéler la méchanceté, l’âpreté au gain, la fourberie d’une espionne, dont la présence chez moi m’eût fait horreur et qui semblait démasquée par ces profils-là. (V, 51)

 

Vinci, Tête d'homme de profil, la face aplatie

Vinci, Tête d’homme de profil, la face aplatie

 

Demain, Albertine, fin.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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