Aveu, confession, information

 Aveu, confession, information

 

Ne laissons pas sans écho les mots de Fétiveau… Enrichissons-nous les uns les autres sur notre approche de Proust.

L’autre jour (voir la chronique L’incroyable aveu), j’ai reproduit la confession d’un plus qu’éminent proustien, le Pr Mondor, que son premier assaut d’À la recherche du temps perdu n’avait pas été couronné de succès et qu’il avait déserté en rase campagne à mi-Swann.

Pour ma part, j’ai maintes fois évoqué ma vie sans Marcel jusqu’à ma sexagénairité (!) après avoir ouvert en vain la Recherche cent fois, des décennies durant, capitulant avant même d’avoir combattu. C’est tardivement dans un hamac africain que j’ai remporté la victoire.

Qui a gagné du premier coup, et à quel âge ? Qui a souffert et comment ? Qui a trouvé les bonnes approches ? Qui mène le combat actuellement ? Qui n’a jamais atteint les dernières lignes du Temps retrouvé ? Qui a multiplié les lectures ? Quelle occasion a-t-elle été propice ? Quel profit en avez-vous tiré ? Tant de questions intéressantes car menant à des réponses éclairantes…

Dans deux commentaires, Fétiveau a raconté sa première lecture à 7-8 ans et sa deuxième « à une époque » où il a « dû rester sans sortir pendant quelque temps ». Je suis sûr qu’il sera moins cachotier si chacune et chacun d’entre vous expose sa rencontre avec l’œuvre de Proust.

« J’avais espéré, a écrit notre fidèle ami, en faisant mon « aveu », en susciter d’autres ».

Alors, à vos claviers. Nous nous devons bien ça dans notre ouverte communauté de passionnés.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

20 comments to “Aveu, confession, information”

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  1. Euh, personnellement, j’ai déjà tout raconté dans un petit livre appelé « la Recherche racontée à mes potes ». Et dans le préambule de ce livre, je relatais l’expérience que beaucoup d’entre nous, (disons : « nous », les « proustiens »), ont connu : à savoir que parler de la Recherche enclenche automatiquement une conversation où chacun parle de son propre rapport, ou de son propre non-rapport, à ce livre.

    J’ai écouté longuement des amis m’expliquer pourquoi ils n’ont pas réussi à lire la Recherche, ou pourquoi ils n’ont pas voulu la lire (ça existe aussi !),ou comment et pourquoi ils ont commencé à s’y intéresser et ce qu’est devenue leur lecture.

    Je crois même que c’est la marque de fabrique d’une telle oeuvre, à la fois fascinante parce que reconnue par tant de lecteurs (dont certains très savants), tant étudiée, tant « disséquée », et en même temps rebutante parce que difficile à lire, traitant de sujets perçus comme « élitistes » (l’aristocratie, la mondanité, la culture…) ne s’adressant pas « à tout le monde » : du coup, chacun se positionne. Lecteurs et non-lecteurs parlent d’eux-mêmes, en fait, en parlant de leur rapport à l’oeuvre.

    Bon, pour l’anecdote, bibi j’ai eu accès à la Recherche du Temps Perdu par un biais disons adolescent et sentimental (ce qui n’étonnera pas mes proches !). J’étais amoureuse de mon prof de français du lycée, et donc je laissais traîner souvent, dans sa proximité, mes yeux et mes oreilles… Un jour, j’ai entendu ce prof, s’adressant à un collègue et lui désignant un groupe de jeunes élèves féminines, dire d’une voix légèrement vibrante – « tout-à-fait les « jeunes filles en fleurs », cher collègue, ne trouvez-vous pas ? »

    La jalousie m’a instantanément dévastée : je ne faisais pas partie du groupe ainsi désigné, et mon adolescence me rendait plutôt boutonneuse qu’en fleurs… J’ai voulu savoir exactement comment étaient ces « jeunes filles en fleurs » dont le professeur dont j’étais follement amoureuse parlait, avec tant d’enthousiasme et de chaleur. Et j’ai donc demandé comme cadeau d’anniversaire les trois tomes de la Recherche, dans l’édition de la pléïade. C’étaient mes premiers pléïades, et c’était aussi une sorte d’incompréhension totale, à la maison, sur ce bizarre cadeau…

    Mon amour adolescent a fondu aussi vite que ma première cigarette « d’adulte » s’est consumée, une fois avoir quitté ma famille. Mais les pléïades, eux, sont restés. Et chacune de mes lectures de l’oeuvre (en fait, ce ne sont pas des lectures séparées, mais comme une sorte de lecture « en continu », puisque je reprends, on dirait indéfiniment, la lecture de tel ou tel passage, en l’étendant, en l’approfondissant parfois…) m’a éclairée sur moi-même, plus que je ne l’aurais jamais cru.

  2. C’est bien silencieux, par ici…
    Fetiveau, je confirme que certains lecteurs de ce blog sont timides.
    🙂

  3. En tout cas, j’avais bien une idée de qui ne l’est pas.

    • Chère Clopine, qui m’est indispensable, le fou de Proust ne saurait se passer d’aucun/e de ses contributeurs/trices. Je ne sache pas que Fetiveau cherchait à blesser quiconque. Continuez, l’un et l’autre à enrichir ce modeste blogue.Et que les autres vainquent leur timidité pour se joindre à vous…

  4. Ouh là là, Fetiveau, voilà qui ressemble fort à un reproche voilé…Je devrais sans doute m’excuser de vous agacer, (semble-t-il), mais voilà : votre remarque/pique m’a blessée (vous diriez peut-être « vexée », pour souligner encore mon ego que vous semblez trouver démesuré ?) et quand on a mal, on a tendance à trouver ça injuste. Après tout, je n’ai fait que répondre à une sollicitation de notre hôte, non ?

    Je ne sais si je suis « timide », ou non. En tout cas, je ne me sens pas (ou ne ne me sentais pas, jusqu’à aujourd’hui et votre remarque), « effrontée ».

    IL est vrai que je suis fille, et que, jusqu’au siècle dernier en occident, et hélas dans bien des endroits encore aujourd’hui, la timidité était l’une des « vertus » de mon sexe, « vertu » qui consignait les femmes dans des attitudes respectueuses et leur fermait la plupart des modes d’expression. Mais je ne vous ferais pas le mauvais procès, Fetiveau, de croire que votre agacement, plus que dans la lecture de mon maladroit et « suffisant » (c’est bien cela qui vous chiffone ?) témoignage, vient du fait que ce soit une femme qui ose s’exprimer ainsi, et que vous vous complaisez dans une telle vision rétrograde… Soupir.

    Peut-être est-ce cependant vous qui avez raison, et est-ce « de ma faute » : peut-être croyais-je sincèrement « jouer le jeu », alors que, ce faisant, je détournais les autres joueurs de la partie ? Si c’est le cas, s’il faut que, pour avoir les voiles gonflées, le bateau du fou de Proust doit renoncer à mon pauvre petit souffle, la question prend une autre allure… A laquelle je suis bien obligée de souscrire.

    Et de cela, j’en suis d’avance désolée.

  5. Moi vous ne me détournez pas de la partie, bien au contraire.

  6. Eh bien ! Cela prend une tournure inattendue !

  7. Qui parle sans nuance récolte remontrance (jeune proverbe ni chinois ni arabe).
    Je suis désolé d’avoir été mal compris. Je n’avais aucune intention, même voilée, de reprocher quoi que ce soit à qui que ce soit. C’était un jeu de devinette, sans plus.
    Clopine, vous ne m’agacez pas, bien au contraire. Si vous avez cru que j’aurais pu vous trouver effrontée, ç’aurait été pour vous comparer à l’Albertine des Jeunes Filles en fleurs, et non pour vous le reprocher. Je ne pense pas être le macho que vous semblez croire.

  8. Je reprends mon discours, car, encore une fois, la place m’a été comptée. Je continue en m’adressant à Clopine.
    Donc, ne cherchez pas malice où il n’y a que jeu.
    Déjà, en août dernier, je me rappelle avoir heurté votre sensibilité en voulant faire une astuce à propos de vos vacances dans les monts Cantabriques.
    Pour tout cela, je demande humblement pardon, et sollicite une entière absolution.
    En attendant, aucune autre confession n’a été enregistrée. Je me garderai bien d’en tirer aucune conclusion.

    • Embrassons-nous Folleville — je salue le joli faux proverbe du début.
      Je ne comprends pas pourquoi vous devez saucissonner vos commentaires. D’autres (Clopine par exemple, que nul n’y voit malice) peuvent écrire longuement sans être rappelés à l’ordre. Je vais consulter l’hébergeur.

  9. En ce qui concerne la limitation de volume du commentaire que je subis quelquefois, elle est due à l’absence de la barre de défilement (à droite) qui se produit de temps en temps, en particulier au moment où j’écris.
    Est-ce dû à mon ordinateur ou à une autre cause?

    • Dois-je prendre la mouche à propos d’une « autre cause » qui ne saurait être que ma malveillance ? Attention, Fétiveau !
      Non, sérieusement maintenant, je me renseigne…

  10. Le thème du malentendu ne pourrait-il faire l’objet d’une chronique, cher Casque Bleu ?

    • patricelouis says: -#2

      Je vous ai entendu…

      • patricelouis says: -#3

        Reçue d’Alexandra de L… ce courriel qu’elle m’autorise à publier :
        inutile de tergiverser : vu de loin et à moins qu’il t’ait depuis le départ
        consulté et intégré dans le projet ,le maire s’est bel et bien approprié ton idée .
        Ce n’est pas très élégant .
        Je ne sais pas ce que je pense moi même de l’idée d’une sculpture mais
        le petit « bustonet  » me semble un peu chétif …
        Si j’ai bien compris on alloue 5 000 € au projet …
        C’est tout simplement impossible et cela aboutira forcément à une petite chose
        médiocre quel que soit l’artiste choisi .

      • A bon entendeur…

  11. Oouups, et voici que je présente mes plus plates excuses à Fétiveau et à notre hôte : je me suis enflammée tel l’amadou, et retombe telle une crêpe brûlée… Mais ma « paranoïa » provient aussi de la violence inouïe qui règne sur le ouèbe, enfin, ailleurs qu’ici bien sûr… (et en vrai, je suis bien contente de pouvoir continuer à commenter les savoureuses chroniques du fou de Proust !)

    • patricelouis says: -#2

      Ainsi, continuons, chacune et chacun, à échanger riches de nos intelligences, cultures, humours et tolérances. Vive l’esprit !

  12. Reading, with Google translation, leaves me confused. 😉

    Example:
    Hobbles: « Oouups, and here I present my apologies to Fétiveau and our host: I am inflamed me as tinder, and falls like a burnt pancake … But my « paranoia » also stems from the unprecedented violence which reigns over the ouèbe finally, also here of course … (and in truth, I am very happy to continue to review the tasty chronicles crazy Proust!) »

    Burnt pancake?!

    Patrice, are you asking…when we first read Proust?

    In my twenties, while reading history for my undergraduate degree, every time my eyes fell upon the name, « Marcel Proust, » I would get a « weird vibe. » It was like an un-voice telling me, « This person is important to you…pay attention! »

    This ‘un-voice’ was so persistent, that I finally burst out, « Alright, I promise to read this person (knowing nothing, zero, nada about Proust), when I have time. Now, please leave me alone! » Seriously, I thought I was in the Twilight Zone.

    Thirty-five years passed. The day after I retired, I kept the promise and picked up « Swann’s Way, » read the complete novel, and immediately began it again. I have been reading Proust continually ever since…and my life has totally changed. 😉

    This May, I will be on a Proust tour of Venice with William (Bill) C. Carter.
    Thank goodness, « for no particular reason/ »je ne sais pourquoi » I listened to my intuition.

    « Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. » MP

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