La Delft de Vermeer ressuscitée

La Delft de Vermeer ressuscitée

 

L’art pour nous libérer de l’horreur (pas de l’oublier)…

 

La nouvelle est réjouissante, particulièrement pour le fou de Proust très (trop ?) occupé ces jours-ci à trouver des connexions entre la Recherche et les atrocités qui ont ensanglanté Paris. C’est la lecture du site du Figaro qui nous l’offre : « Un chercheur hollandais localise La Ruelle de Vermeer ».

Les Proustiens savent la place que le peintre hollandais tient dans À la Recherche du Temps perdu. Il y est régulièrement associé à la ville où il est né et a été baptisé, en 1632, et où il est mort et a été inhumé, en 1675. Dès la première occurrence, dans Du côté de chez Swann, l’homme et la cité sont indissociables. C’est à propos d’une question d’Odette à Swann :

*« Et vous, avait-elle dit, vous ne viendriez pas une fois chez moi prendre le thé ?» Il avait allégué des travaux en train, une étude — en réalité abandonnée depuis des années — sur Ver Meer de Delft.

 

La révélation du quotidien (celui qui fut tant hospitalier pour la prose de Proust) me plaît d’autant plus que j’adore raconter les liaisons vie et œuvre de l’écrivain — au risque d’agacer les proustiens patentés.

Voici, in extenso, l’article d’Éric Biétry-Rivierre publié ce matin :

La Ruelle, Vermeer

Le motif d’un des 35 chefs-d’œuvre laissés par le maître vient d’être trouvé. Il a représenté la demeure de sa tante qui habitait Delft, au 40-42 de la Vlamingstraat.

Présente jeudi à l’ambassade de Hollande pour l’annonce de la saison culturelle de son pays en 2016, la porte-parole du Rijksmuseum d’Amsterdam Elles Kamphuis a annoncé du nouveau à propos d’une icône de l’institution exposée dans la Galerie d’honneur. Grâce à une étude d’archives du XVIIe siècle, il a été possible de localiser exactement La Ruelle de Johannes Vermeer (1632 – 1675).

C’est au professeur Frans Grijzenhout, qui occupe la chaire d’Histoire de l’art à l’Université d’Amsterdam, qu’on doit cette découverte. Ce scientifique a consulté des documents encore non travaillés. Ils décrivent très précisément l’emplacement initial de la fameuse petite voie à pavés et briques rouges de Delft. «La réponse à cette question depuis longtemps débattue pas les spécialistes aura des conséquences non négligeables sur la manière dont nous regardons ce tableau et sur l’idée que nous nous faisons de Vermeer en tant qu’artiste», a commenté Frans Grijzenhout.

Le motif se situe aux numéros actuels 40-42 de la Vlamingstraat à Delft. Diverses autres adresses avaient été évoquées mais aucune ne s’était avérée convaincante. Le Registre des droits de quai de Delft datant de 1667, permet, lui, d’affirmer. On y tenait à jour les taxes dues par tout propriétaire d’une maison sur les canaux de Delft, pour le creusement de telles infrastructures et l’entretien des quais.

La tante de Veermer vendait des tripes dans La Ruelle

Le livre donne une description détaillée à quelque 15 cm près de la largeur de toutes les maisons et de tous les passages couverts qui les séparaient à l’époque. C’est ainsi que l’on a pu établir que deux maisons se dressaient à la hauteur des 40-42 du côté nord de la Vlamingstraat. D’environ 6,30 m de largeur chacune, elles étaient séparées par une voie d’environ 1,20 m. Une étude plus approfondie de l’emplacement des bâtiments et des jardins à l’arrière confirme l’emplacement. Il correspond exactement aux lignes de fuite du tableau.

Aujourd’hui, sur place, les plupart des constructions remontent au dernier quart du XIXe siècle. Seul un passage couvert est encore reconnaissable. L’étude démontre, par ailleurs, que la maison de droite de « La ruelle » appartenait à une tante du peintre. Cette dernière gagnait sa vie et celle de ses cinq enfants en vendant des tripes. Le nom du passage évoque d’ailleurs toujours ce commerce. Par ailleurs, la mère et la sœur de Vermeer habitaient sur le même canal, en face.

Une exposition sera consacrée à la découverte du 19 novembre au 13 mars 2016 au Rijksmuseum. Elle ira ensuite au Museum Prinsenhof de Delft.

 

Aller au musée d’Amsterdam ou à Delft ? Mon cœur balance.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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