Traces de Proust à Illiers-Combray (bis)

Traces de Proust à Illiers-Combray  

 

C’est peut-être la plus forte des consécrations posthumes : pour Proust, une commune d’Eure-et-Loir a été rebaptisée avec l’ajout d’un nom fictif de son cru.

Il n’est pourtant pas né à Illiers. Il n’y est pas mort. Il n’y a vécu que quelques mois pendant trois ans, avant qu’il n’en ait dix et que son asthme ne lui interdise de revenir.

Mais c’est bien pour lui rendre hommage qu’en 1971 le gouvernement a fait suivre Illiers de Combray, sa transcription littéraire dans À la Recherche du Temps perdu. La décision a été signée par le ministre de l’Intérieur de l’époque (un certain Raymond Marcellin que les soixante-huitards, dont votre blogueur, ne portent pas dans leur cœur !).

 

Quelles traces directes reste-t-il en 2014 ?

 

D’abord, la gare.

La gare côté voies (Photo PL)

La gare côté voies…

 

 

La gare côté place (Photo PL)

… et côté place (Photos PL)

 

Le collège porte son nom…

Le collège

 

 

 

 

 

Le poteau…

 

Le collège (Photo PL)

…et le collège (Photos PL)

… ainsi qu’une avenue…

L'avenue Marcel Proust (Photo PL)

L’avenue Marcel Proust (Photo PL)

 

 

Une rue célèbre son père.

La rue du Docteur Proust (Photo PL)

La rue du Docteur Proust (Photo PL)

 

 

Mais à un coin de cette rue (sur le mur latéral de la pâtisserie où « tante Léonie achetait ses madeleines »), une trace de l’ancien nom.

Plaque Rue du Saint-Esprit (Photo PL)

 

 

 

 

Plaque Rue du Saint-Esprit (Photo PL)

 

 

Comme pour celle-ci, des voies du roman se nomment aujourd’hui différemment : la rue des Ferchamps est devenue Rebourg Panny ; la rue de l’Oiseau Flesché, du Dr Galopin ; le boulevard de la Gare, Georges Clemenceau.

 

Sur la maison natale du père de Marcel, une plaque.

La plaque d'hommage à Adrien Proust (Photo PL)

La plaque d’hommage à Adrien Proust (Photo PL)

 

 

Le bâtiment — qui abritait le magasin du grand-père François Valentin, fabricant de chandelles et de cierges, épicier et mercier — est maintenant une compagnie d’assurances.

La maison natale d'Adrien Proust (Photo PL)

 

L’accueillante responsable m’a fait confidentiellement découvrir (éminent privilège) les toilettes de l’époque conservées en l’état à l’étage.

Les toilettes à l'étage (Photo PL)

 

 

 

 

 

 

 

Les toilettes à l’étage (Photo PL)

 

 

Le magasin de l’oncle Amiot était sur la place — aujourd’hui fermé.

L'ancien magasin du grand-père (Photo Pl)

L’ancien magasin du grand-oncle (Photo PL)

 

 

La place où il se trouvait n’a guère changé, vitrines et voitures exceptées.

La place...

La place…

... de l'église (Photos PL)

 

 

 

 

 

 

… de l’église (Photos PL)

 

La Maison de tante Léonie est intacte.

La Maison de tante Léonie c

La Maison de tante Léonie (Photo PL)

 

L’église Saint-Jacques, c’est  Saint-Hilaire dans l’œuvre.

L'église (Photo PL)

L’église (Photo PL)

 

 

Elle conserve derrière l’autel le vitrail immortalisé par Proust.

 

Le vitrail (Photo PL)

 

 

 

 

 

 

 

Le vitrail (Photo PL)

 

Datant des années 1850. il représente notamment Florent d’Illiers (derrière l’autel, le dernier personnage à droite — Gilbert le Mauvais dans Du côté de chez Swann, mais ne dites pas que c’est lui au curé de la paroisse, au risque d’être excommunié à en juger par le courroux qui l’anime). Les autres sont, à sa gauche saint Hilaire, au centre le Christ, qui a à sa gauche Saint-Jacques, enfin, Milès d’Illiers, frère de Florent et évêque de Chartres.

 

L’unique chapelle, à droite, a dû être celle où la duchesse de Guermantes apparaît au mariage religieux de la fille du docteur Percepied — même si Proust parle d’« une » chapelle, sous-entendant qu’il en est d’autres quand il n’en est qu’une seule dans l’église.

La chapelle (Photo PL)

La chapelle (Photo PL)

 

 

Les fidèles prenaient et continuent de prendre place dans les originaux bancs clos qui portent encore l’étiquette de cuivre où les familles mettaient leur nom.

Les bancs clos (Photo PL)

 

 

 

 

 

 

 

Les bancs clos (Photo PL)

 

J’ai du mal à croire que celui qui m’a été désigné comme celui de la famille Proust (en fait, Amiot)  ait été celui-là, car, certes orné de velours, il se trouve tout à gauche (après la statue de sainte Rita), hors la travée centrale, ce qui me paraît peu seyant pour une famille de notables locaux.

Le banc de la famille Proust

 

[À la messe de Pâques 2013, alors que j’étais tout juste arrivé à Illiers-Combray, j’ai tenu à me tourner vers l’entrée au moment de l’Élévation pour vérifier si Mme Goupil était en retard !]

 

À une sortie du bourg après la rue des Lavoirs, on franchit le Pont-Vieux sur le Loir (la Vivonne), où le Héros rencontre Legrandin…

Le Pont Vieux (Photo PL)

Le Pont Vieux (Photo PL)

 

 

On emprunte le sentier de halage…

Le sentier...

 

 

 

 

 

 

Le sentier…

 

... de halage (Photos PL)

… de halage (Photos PL)

 

Et nous voici au Pré Catelan.

L'entréee du Pré Catelan (Photo PL)

L’entrée du Pré Catelan (Photo PL)

 

Sauf erreur, c’est à peu près tout, mais tout proustien ne se doit-il pas de faire le pèlerinage laïc et littéraire ? Chacun y trouvera, selon son cœur et ses souvenirs, d’autres traces, impalpables mais pas moins indélébiles.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

4 comments to “Traces de Proust à Illiers-Combray (bis)”

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  1. Le banc désigné n’est pas celui de la famille Proust, mais de la famille Amiot jusqu’en 1912. Le grand vitrail où se trouve Gilbert le Mauvais est de 1867, date où l’Abbé Carré a fait percer cette baie. Selon JY Tadié et les témoignages des habitants, Marcel Proust n’est resté que 3 ans à Illiers, il y revenait régulièrement jusqu’en 1886 jusqu’à la mort de sa tante en 1886, il est revenu en 1888 à la mort de sa grand mère paternelle. D’autre part, Monsieur Larcher qui est né en 1881 se souvenait très bien de Marcel Proust qui venait jouer du piano chez lui au n° 26 rue de l’Oiseau Flesché (la maison bourgeoise) lorsqu’il avait 5 ans. Le magasin Oxygène était le magasin de Monsieur Amiot. Mais les photos sont belles!

  2. patricelouis says: -#1

    Merci pour ces précisions. Pour le banc, la correction est faite.

  3. Le magasin du grand-père, François Valentin mort en 1855, fabricant de chandelles et de cierges, épicier, mercier, est sur la place de l’église, là où se trouve Groupama aujourd’hui

  4. patricelouis says: -#1

    Vu, je re-corrige !

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