Illustration de l’internationale proustienne

Illustration de l’internationale proustienne

 

Grâce à Proust, j’ai étendu mes relations comme jamais.

Je découvre la communauté de celles et ceux qui aiment son œuvre, follement ou non. Il ne se passe pas de jour sans que j’aie un témoignage.

Il y a mes ami(e)s qui se révèlent à moi comme aussi proustiens. Il y a les personnes rencontrées dans des réunions proustiennes. Il y a les pèlerins venus de tous les continents à Illiers-Combray avec lesquels je noue une conversation appelée parfois à se prolonger une fois partis.

Enfin, il y a l’univers Internet. Ce blogue m’ouvre le monde et au monde. Les contacts et les discussions écrites — l’art de la correspondance n’a jamais été aussi développé depuis la création de cette technologie qui devait tuer le papier — m’enrichissent régulièrement.

Prenez le dernier avec qui une relation s’est engagée : l’Américain Eugene Wyatts. Il est tombé sur ma chronique Les proustiens pleurent Lauren Bacall. Il en a parlé sur son site. Sa compatriote new-yorkaise Marcelita Swann, qui a la gentillesse d’apprécier lefoudeproust.fr me l’a signalé. C’est ainsi qu’une nouvelle connection proustienne s’effectue. Un mel d’Eugene m’apprend qu’il a fait un « trip in a deux chevaux » à Illiers-Combray…

 

Je suis allé voir son site (www.catskill-merino.com) dont je n’ai pas très bien compris l’alliance de la littérature et de l’élevage de moutons. En feuilletant son blogue, j’ai trouvé un « tag » où il raconte avoir relu un passage de la Recherche : « the party at the Marquise de Saint-Euverte’s in Swann In Love from Swann’s Way ».

 

Et c’est l’occasion d’expliquer pourquoi il aime Swann :

*But what about Swann, Proust’s character, when he hears the sonata again? Why do I like this passage? Part of the answer is I like Swann; he is who I’d like to be, if one can so wish of a fictional creation. He is wealthy, he gets all the girls, he is socially accepted by the most « fashionable » in Parisian society, he is knowledgeable about art and is writing a piece on Vermeer and he falls in love; he is a sensuous man.

Part of the answer too is that Proust writes about art, about Swann’s views of Vinteuil’s sonata, about la petite phrase, and that interests me. Another part of the answer is that Swann is flawed and flawed about his considerations of art. He compares people he meets to paintings, he doesn’t take his acquaintances as they are. He interprets them. In this respect, as much as I wouldn’t like to be Swann, to Proust’s credit, he’s real.

And another part of the answer is I don’t know why I like this passage—perhaps it’s the silence of it—that I will always think of it is to Proust’s credit too.

 

Je ne suis pas assez doué pour tout traduire, mais si vous ne comprenez pas l’anglais, voici les raisons :

D’abord, Swann est quelqu’un qu’Eugene aimerait être ; ensuite le personnage écrit sur l’art et ça l’intéresse ; et puis il est imparfait ; enfin notre lecteur états-unien constate qu’en fait il ne sait pas pourquoi il aime ce passage…

 

Et il le dit si joliment.

 

Have a good day, Eugene — and you Marcelita too… Et chacune et chacun de vous.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

2 comments to “Illustration de l’internationale proustienne”

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  1. Dear Patrice~
    Eugene was a invaluable member of GoodReads 2013: The Year of Reading Proust.
    http://catskill-merino.com/blog/Goodreads
    https://www.goodreads.com/group/show/75460-the-year-of-reading-proust

    Eugene was our elegant grammar-guru, helping us decode Proust’s sentences.
    Here is a link to his posts…33 pages!
    https://www.goodreads.com/group/comment_search/75460-the-year-of-reading-proust?commit=search+posts&page=31&q=Eugene+Wyatt+&topics_only=false&utf8=✓

    And isn’t is exhilarating to discover another Proustian?
    We can share with another soul the infatuation with our beloved Marcel…someone who sees/experiences Proust differently.

    « Zut, Zut, Zut, Zut. » MP

  2. J’en fais partie, cher Fou de Proust, et j’espère bien te filmer et te mettre à une place d’honneur dans ma galerie de proustiens dès que ce sera possible pour toi, peut-être à Cabourg en octobre ou avant si tu viens à Paris? (ou si je vais dans ton coin)… Tu travailles bougrement bien pour Marcel. Amitiés. Laurence

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