Quarante-neuf jeunes Proust (1)

Quarante-neuf jeunes Proust (1)

 

Voilà une initiative comme on les aime — belle, originale, pertinente et moderne. Elle nous vient du collège Marcel Proust d’Illiers-Combray. Ces derniers temps, les élèves de 4e ont été mis à contribution par leur professeur de français, Arthur Morisseau.

Il leur a notamment concocté un sujet de rédaction : « Nous sommes en 1886. Marcel Proust a alors quinze ans et revient pendant quelques jours à Illiers, suite à la mort de sa tante. Il se promène dans les rues d’Illiers et a déjà en tête ce qu’il décrira sous le nom de Combray. Il écrit alors une lettre à sa mère pour lui raconter, d’une part, ce qu’il voit et, d’autre part, ce qu’il s’imagine écrire plus tard. »

 

Les quarante-neuf élèves, âgés de 13-14 ans, ont donc planché : Marie Aguilar, Tiphaine Appasamy, Hugo Bernard, Lucie Blans, Noémie Boudet, Tiphaine Chaillou, Manon Chamignon, Valentin Colin, Léandre Crépeau, Romane Damas, Evan Delalonde, Corentin Deschamps, Julie Dumans, Mady Dumont, Théo Famin, Sandie Fontaine, Théo Gaudin, Téva Giot, Enzo Henneghien, Hugo Huillery, Marine Jardin, Chloé Jouanneau, Mattéo Lefèvre, Kylian Le Guévellou, Alban Lemarchand, Charlaine Le Peroux, Noé Maerten, Stevan Moreau, Swann Moreau, Laëtitia Nadaus, Robin Ollitraut, Oudaï Paquet, Manon Pelletier, Doriane Pena, Mathilde Proy, Elisa Rey, Lucas Richard, Florent Robutel, Eva Rouable, Olivia Sagot, Pierre Saison, Gaby Schiappi, Alexis Schklartschick, Gaylord Thierry, Hugo Thirouard, Prescillia Thobie, James Thumerel, Lorie Viollette et Bastien Weniger.

 

Voici, en dix-sept épisodes, leurs rédactions, par ordre alphabétique. La première, aujourd’hui.

 

 

Marie Aguilar

 

Bonjour chère mère,

Je te fais cette lettre pour te dire qu’après la mort de ma chère et tendre tante Elisabeth, j’ai décidé de prendre conscience du caractère précieux de la vie et de revivre les instants merveilleux que j’ai vécus à Illiers.

En ce moment, je me promène souvent dans les rues d’Illiers et je me demande souvent ce que j’aimerais faire comme métier. Il est temps que je prenne mon envol, c’est pour cela que j’ai beaucoup réfléchi ces temps-ci et rien ne contrarie mes envies de devenir écrivain. Je sais déjà de quoi je vais parler dans mes œuvres : je décrirai le fabuleux pré Catelan dont je te parle très souvent et où il y a cette haie d’aubépines absolument divine. Je pense que le pré Catelan est le jardin le plus beau de la terre.

Illiers est une source d’inspiration pour moi, à chaque endroit je trouve un élément merveilleux de ma vie comme la maison de tante Elisabeth avec ces grands arbres qui recouvrent l’allée pour aller jusqu’à la maison.

La façade de la maison a un effet oriental qui est de toute beauté, beaucoup de choses font la beauté de cette maison parce que ma tante a su y faire avec la décoration de la maison. Il y a aussi la cuisine où Ernestine règne toujours d’une main de maître et fait de délicieux plats.

Tu me dis souvent que j’ai beaucoup d’inspiration, j’espère que tu es fière de moi.

Je t’aime tendrement,

Marcel

 

La suite demain et pendant quinze jours à raison de trois rédactions à chaque livraison.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

5 comments to “Quarante-neuf jeunes Proust (1)”

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  1. Qu’en penserait Andrée?
    On attend avec impatience la rédaction de Swann Moreau.

  2. L’orthographe et la ponctuation sont-elles corrigées par une main anonyme ( et bienveillante ) ?

    • Leur travail fut réalisé en trois étapes : une première étape rédactionnelle, à la suite de laquelle les erreurs d’orthographe et de ponctuation, entre autres, furent signalées (par moi) puis corrigées (par eux lors d’une deuxième étape de relecture en classe et puis par moi). Lors de la troisième étape, les élèves ont recopié à l’ordinateur la version définitive. Il reste donc quelques scories inévitables.

  3. iL faudrait dire « notre » à la place de « ma » chère tante Elisabeth… On ne « décide pas de prendre conscience »… Et je ne suis qu’une vieille imbécile, à asséner ainsi des recommandations qui occultent le splendide de l’exercice demandé à de si jeunes élèves. Allez, j’efface tout, et félicitations pour tout le monde !!!

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