Les jeunes filles en sauces

Les jeunes filles en sauces

 

Ça deviendrait lassant si l’inattendu ne venait pas à la rescousse… Les formules proustiennes inspirent les médias qui les mettent à toutes les sauces — ainsi d’Albertine et de ses copines à l’instar de la « madeleine » ou du « temps perdu ».

Coup sur coup, jeudi, deux citations des « jeunes filles en fleurs » — qui, au passage, suppriment le s final de fleurs — offrent une certaine cocasserie.

 

Télé-Loisirs consacre un article à un « chanteur à minettes » philippino-américain : «  Il est bien loin le temps où les jeunes filles en fleur aimaient se trémousser sur Trackin, tube du début des années 2000 signé Billy Crawford. Après une petite traversée du désert, le jeune homme est retourné chez lui, aux Philippines où il a retrouvé la gloire et les paillettes. »

 

Le même 18 août, lemonde.fr publie dans sa rubrique Idées une libre opinion d’un certain William Marx, professeur de littératures comparées à l’Université Paris Nanterre, essayiste, critique. Il s’agit là du débat franco-française sur les tenues islamistes estivales : « Voici donc les jeunes filles en fleur de Marcel Proust privées de baignade par quelques élus au républicanisme mal placé. Voici nos arrière et arrière-arrière-grands-mères interdites d’aller à la plage à Cannes, à Villeneuve-Loubet et dans d’autres stations balnéaires encore, dont les maires viennent d’interdire le burkini. »

 

Les jeunes filles de Proust baignent parfois dans d’étranges sauces médiatiques.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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