Quand le hockey mène à Proust

Quand le hockey mène à Proust

 

Tout est bon pour faire lire Proust… Bien que je ne me sente investi d’aucune mission en ce sens, je suis assez d’accord.

 

Je pense souvent à Jean Ferrat qui avait osé mélodier sur les camps de concentration. Dans Nuit et brouillard, il chantait :

         L’ombre s’est faite humaine, aujourd’hui c’est l’été

Je twisterais les mots s’il fallait les twister

Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez

 

Cela m’est revenu en apprenant par La Presse, quotidien québécois, que le 38e Salon du livre de Montréal se tiendra à la Place Bonaventure du 18 au 23 novembre prochain. L’article cite un rappeur, un certain Biz, porte-parole de la Saison de la lecture de Montréal, regroupement de vingt organismes qui, de septembre à décembre, travaillent à la promotion de la lecture « sous toutes ses formes » : « Il n’y a pas de mauvaise lecture… Faut que les jeunes lisent, donc, même des revues de hockey : « Brandon Prust peut mener à Marcel Proust… »

 

Brandon Prust, 31 ans, est un joueur professionnel de hockey sur glace canadien. Il est dans l’équipe des Canucks de Vancouver après avoir joué avec les Knights de London (Ontario), les Flames de Calgary (Alberta), les Ak-Sar-Ben Knights d’Omaha (Nebraska), les Flames de Quad City (Illinois), les Coyotes de Phoenix (Arizona), les Rangers de New York (NY) et les Canadiens de Montréal (Québec).

 

Le voici en action :

805 Brandon Prust

 

Sur ce cliché de mars dernier, notre hockeyeur malmène un joueur du Lightning de Tampa Bay (Floride, Ben Bishop. Disons-le tout net, il se conduit comme un cochon — ce qui renvoie à un mot de la princesse Mathilde dans À l’ombre des jeunes filles en fleurs : « J’ai rencontré Taine qui m’a dit que la Princesse était brouillée avec lui, dit Swann. — Il s’est conduit comme un cauchon, dit-elle d’une voix rude et en prononçant le mot comme si ç’avait été le nom de l’évêque contemporain de Jeanne d’Arc.

 

La formule ne vaut que si l’on sait que Bishop se traduit en français « évêque ». Vous trouvez ça coq-à-l’âne ou capillotracté ? Moi pas !

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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