Fiche —  Yourbeletieff, princesse

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Yourbeletieff, princesse [IV, V]

Aristocrate étrangère

 

Personnage fictif.

 

Russe.

Marraine des Ballets russes.

 

 

Inspiration :

Misia Sert (1872-1950).

[La figure de jeune tigre enrubanné […] que nous vîmes à Misia le soir où nous la connûmes sous l’aigrette de la Shéhérazade, trônant au centre de la loge royale du Ballet russe… Jean Cocteau]

Misia Sert [à l'aigrette], par Bonnard

Misia Sert [à l’aigrette], par Bonnard

Misia Sert

Misia Sert

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jeune et ravissante russe, c’est une amie de Mme Verdurin. Avec elle, la princesse co-préside des soupers réunissant des danseurs, leur directeur, leurs décorateurs, Igor Stravinski, Richard Strauss, des grandes dames de Paris et des altesses étrangères.

Elle porte une aigrette que les Parisiennes cherchent à imiter.

 

 

*quand, avec l’efflorescence prodigieuse des ballets russes, révélatrice coup sur coup de Bakst, de Nijinski, de Benoist, du génie de Stravinski, la princesse Yourbeletieff, jeune marraine de tous ces grands hommes nouveaux, apparut portant sur la tête une immense aigrette tremblante inconnue des Parisiennes et qu’elles cherchèrent toutes à imiter, on put croire que cette merveilleuse créature avait été apportée dans leurs innombrables bagages, et comme leur plus précieux trésor, par les danseurs russes; mais quand à côté d’elle, dans son avant-scène, nous verrons, à toutes les représentations des «Russes», siéger comme une véritable fée, ignorée jusqu’à ce jour de l’aristocratie, Mme Verdurin, nous pourrons répondre aux gens du monde qui croiront aisément Mme Verdurin fraîchement débarquée avec la troupe de Diaghilew, que cette dame avait déjà existé dans des temps différents, et passé par divers avatars dont celui-là ne différait qu’en ce qu’il était le premier qui amenait enfin, désormais assuré, et en marche d’un pas de plus en plus rapide, le succès si longtemps et si vainement attendu par la Patronne (IV, 100)

*depuis que le goût de celui-ci [le public] se détournait de l’art raisonnable et français d’un Bergotte et s’éprenait surtout de musiques exotiques, Mme Verdurin, sorte de correspondant attitré à Paris de tous les artistes étrangers, allait bientôt, à côté de la ravissante princesse Yourbeletieff, servir de vieille fée Carabosse, mais toute-puissante, aux danseurs russes. Cette charmante invasion, contre les séductions de laquelle ne protestèrent que les critiques dénués de goût, amena à Paris, on le sait, une fièvre de curiosité moins âpre, plus purement esthétique, mais peut-être aussi vive que l’affaire Dreyfus. Là encore Mme Verdurin, mais pour un tout autre résultat mondain, allait être au premier rang. Comme on l’avait vue à côté de Mme Zola, tout au pied du tribunal, aux séances de la Cour d’assises, quand l’humanité nouvelle, acclamatrice des ballets russes, se pressa à l’Opéra, ornée d’aigrettes inconnues, toujours on vit dans une première loge Mme Verdurin à côté de la princesse Yourbeletieff. Et comme après les émotions du Palais de Justice on avait été le soir chez Mme Verdurin voir de près Picquart ou Labori, et surtout apprendre les dernières nouvelles, savoir ce qu’on pouvait espérer de Zurlinden, de Loubet, du colonel Jouaust, du Règlement, de même, peu disposé à aller se coucher après l’enthousiasme déchaîné par Shéhérazade ou les danses du Prince Igor, on allait chez Mme Verdurin, où, présidés par la princesse Yourbeletieff et par la Patronne, des soupers exquis réunissaient, chaque soir, les danseurs, qui n’avaient pas dîné pour être plus bondissants, leur directeur, leurs décorateurs, les grands compositeurs Igor Stravinski et Richard Strauss, petit noyau immuable, autour duquel, comme aux soupers de M. et Mme Helvétius, les plus grandes dames de Paris et les Altesses étrangères ne dédaignèrent pas de se mêler. (V, 161-162)

 

 


CATEGORIES : Aristocrate, Personnage fictif/ AUTHOR : patricelouis

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