Quand Proust fiche le bourdon

Quand Proust fiche le bourdon

 

Je clame assez que Proust peut être drôlissime pour m’autoriser un bémol à cette euphorie : il est capable aussi de rendre parfaitement neurasthénique !

 

Lisez ces quelques lignes de Du côté de chez Swann :

*Pour les choses importantes, Swann et la princesse [de Laumes] n’avaient les mêmes idées sur rien. Mais depuis que Swann était si triste, ressentant toujours cette espèce de frisson qui précède le moment où l’on va pleurer, il avait le même besoin de parler du chagrin qu’un assassin a de parler de son crime. En entendant la princesse lui dire que la vie était une chose affreuse, il éprouva la même douceur que si elle lui avait parlé d’Odette.

— Oh! oui, la vie est une chose affreuse. Il faut que nous nous voyions, ma chère amie. Ce qu’il y a de gentil avec vous, c’est que vous n’êtes pas gaie. On pourrait passer une soirée ensemble.

— Mais je crois bien, pourquoi ne viendriez-vous pas à Guermantes, ma belle-mère serait folle de joie. Cela passe pour très laid, mais je vous dirai que ce pays ne me déplaît pas, j’ai horreur des pays « pittoresques ».

 

Désespérant !

 

Pour accompagner ces mots, j’aime à écouter des notes qui soient « au diapason ». Voici trois propositions qui, personellement,  m’enchantent :

Le largo ma non troppo du Concerto pour deux violons, BMW 1040, de Bach, largo du Concerto en ré majeur pour luth et mandoline, RV 93, de Vivaldi ; l’andante du Sextuor à cordes n°1, op. 18, de Brahms.

 

Pas gais !

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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