Illiers-Combray illustré (6)

VI La maison de tante Léonie

 

01-facade

02-entree

Ici, l’on vient comme à La Mecque, à Bethléem ou aux Pyramides.

 

Deux côtés s’offrent à vous :

03-1-porte-rue

côté rue et

04-entree-jardin-leonie

côté jardin ; les mêmes,

05-porte-rue-in 06-porte-jardin-in

de l’intérieur.

 

Restons dehors :

*Les soirs où, assis devant la maison

07-marroniersous le grand marronnier,

08-table-dehors

autour de la table de fer, nous entendions au bout du jardin,

09-grelot

non pas le grelot profus et criard qui arrosait, qui étourdissait au passage de son bruit ferrugineux, intarissable et glacé, toute personne de la maison qui le déclenchait en entrant « sans sonner », mais

10-clochette

le double tintement timide, ovale et doré de la clochette pour les étrangers, tout le monde aussitôt se demandait : « Une visite, qui cela peut-il être ? » mais on savait bien que cela ne pouvait être que M. Swann ; I

11-allee

*l’amorce de l’allée obscure par où arriverait M. Swann, I

 

Passé le seuil, sans afficher de la déception, le pèlerin est tout surpris par la taille des lieux : « C’est très petit, n’est-ce pas », confie Roland Barthes, comparant le lieu à « l’immensité de la description littéraire » qu’en fait Proust. Le docte spécialiste de l’écrivain me réjouit par une autre formule, pleine de saveur : « Ce qui est bien avec Proust, c’est qu’on ne saute jamais les mêmes passages ! »

 

Progressons.

*Mais ma grand’mère, elle, par tous les temps, même quand la pluie faisait rage et que Françoise avait précipitamment rentré

12-fauteuils-osier

les précieux fauteuils d’osier de peur qu’ils ne fussent mouillés, on la voyait

12-jardin

dans le jardin vide et fouetté par l’averse, relevant ses mèches désordonnées et grises pour que son front s’imbibât mieux de la salubrité du vent et de la pluie. I

*Quand ces tours de jardin de ma grand’mère avaient lieu après dîner, une chose avait le pouvoir de la faire rentrer : c’était, à un des moments où la révolution de sa promenade la ramenait périodiquement, comme un insecte, en face des lumières du petit salon où les liqueurs étaient servies

(Photos PL)

(Photos PL)

sur la table à jeu, — si ma grand’tante lui criait : « Bathilde ! viens donc empêcher ton mari de boire du cognac ! » I

 

Mais, je m’avance trop. Pour voir l’intérieur de la maison, gérée par la Société des Amis de Marcel Proust et des Amis de Combray, d’une part, et le Conseil départemental d’Eure-et-Loir, d’autre part, suivez les guides du musée. C’est une merveille.

 

Demain, les rues.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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