Patrice Louis

Patrice Louis, journaliste et écrivain.

Il a fallu que j’atteigne la soixantaine pour réussir à lire Proust. Depuis, je rattrape le temps perdu.

Je le fais sur les pas de notre cher petit Marcel, puisque je vis, depuis le début 2013, à Illiers-Combray. Ainsi s’achèvent treize ans loin de Paris (aux Antilles et en Afrique).

Treize, c’est le nombre de médias où j’ai travaillé à ma sortie du CFJ (promo 71) :

Europe 1, France Inter, BFM-Radio, RFO, Radio Caraïbes International, Canal + LCI, TF1, i-télé, Antilles Télévision, Le Monde, Sept Magazine, La Bougie du Sapeur.

Treize, c’est le nombre de livres publiés :

*chez Arléa : Du bruit dans Landerneau, Dictionnaire des noms propres dans le parler commun (1995 ; revu et augmenté en 1996 ; renouvelé et réédité en “poche”, 2005) ; Les Deux font la paire, Les couples célèbres dans le parler commun (1997 ; réédité par la collection Points, 2006) ; C’est beau, mais c’est faux (2000 ; réédité en “poche”, 2003) ; Toutes les Suédoises s’appellent Ingrid, Les étrangers et leurs mots dans la langue française (2004 ; réédité en “poche”, 2006) ; Aimé Césaire, Rencontre avec un nègre fondamental (2004) ; réédité en “poche” sous le titre Conversations avec Aimé Césaire, 2007) ; A dormir debout, Nomenclature bien réelle d’êtres et de choses qui n’existent pas (2006) ; Le roi Béhanzin, du Dahomey à la Martinique (2011) ;

*chez Ibis Rouge : L’Enfer à Saint-Pierre, dictionnaire de la Catastrophe de 1902 ; 1902 au jour le jour (2002) ; A, B, C…ésaire, dictionnaire (2003) ; Maracaibo, Carnets d’un retour brisé (2006) ; Le ruban de la fille du pape – Fantaisie historique (2008) ;

Treize sont les lieux proustiens où j’aurais pu élire domicile :

Illiers-Combray, Cabourg, Trouville, Beg-Meil, Évian, Venise, Delft, Paris : boulevard Malesherbes, rue de Courcelles, boulevard Haussmann, rue Laurent-Pichat, rue de l’Amiral-Hamelin — sans omettre le Ritz, mais il est fermé pour travaux.

J’ai donc choisi, avec mon épouse, la commune de l’enfant en vacances, qui, en prime, est proche de la cathédrale de Chartres.

Treize ? Le chiffre est cité trois fois dans À la Recherche : une par référence à un roman de Balzac (Le Côté de Guermantes) ; une sur le nombre de jeunes filles ayant donné au Héros « leurs frêles faveur », auxquelles il ajoute Albertine qu’il avait oubliée (Sodome et Gomorrhe) ; et une sur le soldat Morel partant « faire ses treize jours » (La Fugitive).

PL-au-Pré-Catelan.jpg

33 comments to “Patrice Louis”

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  1. François Busnel says: -#1

    Bravo, cher Patrice ! Et longue vie au fou de Proust… Excellente initiative. Et tu pourrais aussi recenser tous les livres contemporains qui évoquent Proust : pas une semaine sans que je ne découvre une citation de Proust dans un roman ou un essai. Ainsi ce soir à La Grande Librairie, François Cheng, de l’Académie française pour ses « Cinq méditations sur la mort, autrement dit sur la vie », qui commente admirablement la mort de Bergotte à la lumière du Tao.
    Belle aventure, bonne route ! Amitiés

  2. Comment ne pas tomber sous le charme de ce choix talentueux et pertinent… Petit Proust fera son chemin avec grand Patrice, à la recherche des temps et venir et du coté de chez nos potes….
    Et dès que tu as des nouvelles d’Albertine ….

    Bises.

    Michel Polacco

  3. S’installer chez Tantine, c’est classe …

  4. Cher Patrice,
    Je suis une fois de plus « bluffé » par ton travail et ta capacité à te donner avec passion dans ce que tu entreprends. Proust à bien de la chance de t’avoir captivé et de là où il est il doit te surveiller avec émoi.
    Toute mon amitié
    JR

  5. Alexandre LICHAN says: -#1

    Proust alors!
    Te voilà revenu des lointaines contrées… Retour à la case départ, la balle au centre.Te voilà sur les traces de ta madeleine, à la recherche du Tempo… Toujours là où on ne t’attend pas! Puriste tu es, puriste tu restera.
    Puis-je te demander une faveur: demande à ton pote NADAR qui t’a pris en photo de la remettre droite et de zoomer qu’on puisse voir de prés les traits du bonheur retrouvé.
    bise à ta belle

  6. Gerard Malaussena says: -#1

    Cher ami,
    J’ai passé la soixantaine mais j’ai lu Proust à 20 ans (et depuis). Je ne suis pas revenu des Tropiques

  7. Contente d’avoir trouvé ce site, par un heureux hasard. Tous les jours je déguste quelques pages de l’œuvre de Proust que je possède dans l’edition de la pléiade mais, sacrilège peut être, je préfère lire dans une édition numérique, j’annote beaucoup et je retrouve facilement, ainsi, les passages qui m’ont attiré l’attention et que je commente à ma façon,
    Longue vie à ce site et merci

  8. Le 13 ne peut que te porter bonheur, cher Patrice. Et hormis ce plaisir de t’avoir retrouvé, j’espère aller combler bientôt le temps perdu, évoquer nos divers voyages autour d’une tasse de thé, de sa madeleine, ou bien encore un alcool fort, grâce à nos bas de laine ; sans pour autant, après des verres, un peu sonnés, trop évoquer nos presque lointaines jeunes vies… en pleurs. A te voir et revoir bientôt, Patrick

  9. Je peux que vous adressez toutes mes félicitations et la réussite total dans ce projet – de mon côté de m’occupe du Comte Robert de Montesquiou (personnage plus que passionnant à travers ses écrits) et cela pourra faire un complément.
    bonne réussite.
    RB

  10. Thinking of one of your thirteen places to live…Beg-Meil, and I was reminded of nearby Penmarch.

    Thomas Alexander Harrison meet Proust and Hahn in Brittany, 1895.
    In William C. Carter’s biography, « Marcel Proust: A Life, » Carter tells the tale of their friendship.
    Proust wrote, « Penmarch… Nothing could be more sublime than a tempest seen from there. » (pages 197-98)

    « From the 1895-96 manuscript ‘Jean Santeuil,’ in which a storm at Réveillon makes the eponymous protagonist think of Brittany:
    ‘to go there [back to Penmarch] was no longer necessary [cf.TR 270-71], for the desire roused in him by the wind and the memory of Penmarch….’  »

    Josha Landy’s « Philosophy As Fiction: Self, Deception, and Knowledge in Proust »

    Maybe this video was similar to the « tempest » Proust experienced?
    Penmarch @2:20 http://www.youtube.com/watch?v=m2LeNBY_5gk

  11. …et un bon anniversaire

  12. Cher Patrice
    Vous aviez très gentiment relayé l’information selon laquelle la Mairie du 11ème arrondissement allait consacrer sa Nuit Blanche à Marcel Proust. Je suis la 1ère adjointe du maire, François Vauglin, chargée de la culture, du patrimoine et de la mémoire et c’est moi qui ai eu cette idée. Je vous avoue que je craignais un peu qu’il n’y ait pas beaucoup d’amateurs pour cette lecture -par un comédien et deux comédiennes- d’extraits de la Recherche, entrecoupée d’improvisations au piano. Quelle ne fut pas ma surprise, et ma joie, de voir qu’à la première il y avait environ 65 personnes, pareil à la seconde, et une trentaine à la 3ème. Pour une nuit où les parisiens sont tant sollicités, ce fut donc un vrai succès.
    Je rends hommage à Pierre-François Garel, qui a remplacé au pied levé Antoine Reinartz, le comédien qui portait le projet depuis le mois de juillet, terrassé à deux jours de cette soirée par une broncho-pneumonie. Admiration pour Marcel sans doute…Alors, pour qu’il puisse quand même nous montrer son travail, lui et Laurent Courbier, le talentueux pianiste, recommenceront l’exercice le lundi 2 mars à 20 heures, dans la salle des fêtes de la mairie, magnifiquement décorée par Victor Prouvé en 1907, date à laquelle Proust commençait l’écriture de la Recherche…
    J’espère que vous pourrez être parmi nous
    Bien à vous

  13. Merci pour l’autographe, tu est trop cool

  14. Bonjour Patrice,

    Chapeau pour ton site que je viens de découvrir récemment.
    Membre de la SAMP, ta voisine, il m’arrive de me rendre à ILLIERS-COMBRAY lorsque les thèmes proposés sont intéressants, de même que je surveille sur le NET toutes les actualités proustiennes.

    Mes plus chaleureuses salutations en espérant avoir l’occasion de te rencontrer un jour au cours d’une manifestation consacrée à MP,

    GG

  15. 11 h,aucun poste, on se la coule douce aujourd’hui.

    • Voilà, j’arrive, j’arrive. J’étais en escapade à Paris pour le blogue. De retour à Illiers-Combray, je m’y remets. Merci de votre impatience et de votre patience.

  16. Dans la liste des personnages, une anomalie à corriger, ce me semble.

    Banquier par dessus lequel Raymonde saute…

    Je pense que c’est Rosemonde. Raymonde n’existant pas.
    Mais je vous l’ai déjà signalé ailleurs et en d’autres temps je crois.
    Cordialement.
    Gérard Giraud

  17. Banquier par dessus lequel Raymonde saute (suite du message)…

    Si c’est Rosemonde dont il s’agit c’est la petite, or c’est la plus grande qui saute laquelle est Andrée.

    Bonne soirée.
    Gérard

  18. Bonjour Monsieur – une histoire un peu parallèle à la vôtre, puisque j’ai aussi été expatrié et me suis mis à Proust sur le tard. Notamment quand l’histoire familiale a fait que nous avons, à partir de 1999, passé nos vacances dans la région, tout près de Combray, et que la toponymie locale m’a tout à coup convaincu de l’urgence qu’il y avait à « s’y mettre ». Depuis, je savoure les découvertes, je me fais le « passeur » auprès des amateurs, et savoure régulièrement, tout autant que religieusement, la croustade de Sandarville… Comment en serait il autrement, quand on a le bonheur d’habiter au 4 rue de Méréglise?
    Bien cordialement
    Patrick Lamentini

  19. Une « coquille » dans l’article « Trop de duchesses, oui, mais combien ? »
    une (vilaine) faute (due sans doute à la possibilité d’utiliser un autre temps dans la conjugaison) dans cette phrase : … et la suite allait aggravait la situation…

    L’auteur devait penser alors à une autre tournure possible « … et la suite aggravait la situation… »

    Cordialement. Gérard.

  20. Bonjour Patrice, découvert votre site hier. Bravo. Je suis né à Chartres, j’ai lu Proust à 18 ans, il y a longtemps, l’ai toujours considéré comme un sommet de la littérature mondiale. Et puis je tombe sur la biographie de Tadié que je n’avais jamais lu, donc je replonge dans l’univers proustien.

  21. Bonsoir Patrice
    Merci et bravo pour vôtre travail.
    J’ai, moi aussi, découvert Proust sur le tard, vers 35 ans, et ça a changée ma vie.
    Je me rejouis d’avoir trouvé votre site qui, sans nul doute, est un enchantement pour tous les fous de Proust.
    Liliane

  22. Votre site et votre travail sont époustouflants, mais je n’ai pas encore tout découvert. Je lis beaucoup, et relis, Proust et je me bats contre ces fausses idées qu’il n’écrit que des phrases longues (et donc incompréhensibles…) et qu’il n’a pas d’humour (qu’il serait donc ennuyeux…)
    Sans doute avez-vous déjà pensé à faire la liste, non pas des livres qui citent Proust dans leurs pages (il y en a sans doute trop), mais des livres dont le titre est emprunté à Proust. N’y voyez pas de manifestation d’ego de ma part, mais juste une information souriante : mon livre « Un grand morceau de ciel » est en effet, par son titre reproduisant un fragment de phrase de Proust que vous aurez reconnue), un clin d’œil à cet immense écrivain. J’aimerais en trouver d’autres. Bien à vous.

    • patricelouis says: -#2

      Allusion à ce que dit Legrandin à propos de chez lui à Paris : « il y a dans ma maison toutes les choses inutiles. Il n’y manque que le nécessaire, un grand morceau de ciel comme ici », dans Du côté de chez Swann… C’est bien ça ?

  23. Tiens, une petite information, au cas où vous ne la connaîtriez pas. Catherine Meurisse, auteur de la bande dessinée, ou roman graphique, ou livre peint « La Légèreté », et qui connaît actuellement un grand succès (mérité à mes yeux), est très largement invitée par les médias et a répété plusieurs fois (radio, télévision) que Proust est pour elle « un auxiliaire de vie ». Joli (et intelligent), non ?

  24. Ah, bravo, je vois que vous êtes aux aguets ! Cette chronique est-elle sur votre blogue ?

  25. Oui, bravo, c’est bien l’injonction de M. Legrandin à être artiste, adressée au jeune narrateur (« une jolie âme, d’une qualité rare, une nature d’artiste, ne la laissez pas manquer de ce qu’il lui faut. »). J’ai aussi, dans ce livre, fait une allusion (proustienne !) à « François le Champi » et repris l’expression «seins haut remontés»…
    Débutant sur votre blogue, je n’ai pas encore compris comment trouver directement chaque fiche de personnage. Avez-vous aussi (sans doute !) un chapitre sur le personnages réels ayant servi de « modèles » à Proust ? Merci d’avance (c’est sans urgence)

  26. Diable, outre Noël et le jour d’l’An, vous signalez qu’il y a 13 dates de jours citées dans La Recherche. Je fais depuis quelque temps une éphéméride littéraire et n’en ai encore trouvé que deux, le 20 mai et le 2 novembre (« Jour des Morts »).

  27. JP OLLIVIER – Proust cardiologue – Champion 2016
    La fréquence sans exemple du recours au cœur anatomique dans À la recherche du temps perdu permet d’attribuer à Proust la qualification de cardiologue. La masse de l’organe introduit une perception spatiale et fragmentée du corps dont le cœur séparable est l’extrême exemple, et la rougeur du visage la visible correspondance. Les métamorphoses de l’espace projeté autour du thorax n’ont que l’apparence de l’irrationnel : tout un système signalétique travaille un corps autonome, opacifié à dessein. Au cœur qui s’y dissimule, répond l’analogie fonctionnelle des fluides vitaux, air et sang, déplacés par le jeu d’un mouvement périodique. Les intermittences, imperfections de cette périodicité, témoignent d’une vision anticipatrice de la nature probabiliste du fonctionnement du vivant. L’échange permanent des molécules constitutives de ces fluides ou la mise en relation de la ventilation pulmonaire et du sommeil témoignent d’une intuition biologique sans précédent. L’œuvre est parcourue d’une pensée de la biologie et d’une pensée de l’Être dans la biologie, sans comparaison dans le monde littéraire : il n’est de pensée qu’au sein du vivant, et le vivant doté de cette pensée est le produit de la transmission du substrat génétique dans le temps.

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