Printemps proustiste

Printemps proustiste

 

À chacun son mois de mai… Le fou de Proust entre dans le temps des voyages.

Dans la Recherche, en as consommé en contrepieds, Oriane de Guermantes stupéfie son monde en choisissant d’aller admirer les vallées glaciaires scandinaves quand son monde l’espère à ses événements qu’elle doit trouver frivoles.

En ce printemps cultivé, l’Eure-et-Loir ne manque pas de mondanités et de rendez-vous sûrement passionnants, mais il est un moment où même Illiers-Combray ne peut rivaliser avec une aspiration d’ailleurs.

Cap au nord, à moi les fjords ; en route pour le sud, vers quelque péninsule ; appel d’autres destinations ? Il est tant de charmes à découvrir, même quand s’ouvre la season.

Parole de proustiste…

Patrice Louis

L’extrait

*à ce moment de l’année, quand on invitait à dîner la duchesse de Guermantes en se pressant pour qu’elle ne fût pas déjà retenue, elle refusait pour la seule raison à laquelle un mondain n’eût jamais pensé : elle allait partir en croisière pour visiter les fjords de la Norvège, qui l’intéressaient. Les gens du monde en furent stupéfaits, et sans se soucier d’imiter la duchesse éprouvèrent pourtant de son action l’espèce de soulagement qu’on a dans Kant quand, après la démonstration la plus rigoureuse du déterminisme, on découvre qu’au-dessus du monde de la nécessité il y a celui de la liberté. Toute invention dont on ne s’était jamais avisé excite l’esprit, même des gens qui ne savent pas en profiter. Celle de la navigation à vapeur était peu de chose auprès d’user de la navigation à vapeur à l’époque sédentaire de la season. L’idée qu’on pouvait volontairement renoncer à cent dîners ou déjeuners en ville, au double de « thés », au triple de soirées, aux plus brillants lundis de l’Opéra et mardis des Français pour aller visiter les fjords de la Norvège ne parut pas aux Courvoisier plus explicable que Vingt mille lieues sous les Mers, mais leur communiqua la même sensation d’indépendance et de charme. III

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

2 comments to “Printemps proustiste”

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  1. Quel dommage, Patrice, pour moi, qui n’ai que trop rarement le plaisir de vous saluer. Et quel dommage aussi pour le printemps proustien – ça aurait pourtant semblé tellement logique que le Fou de Proust soit aux premières loges, non ?

    Mais enfin, on ne peut que vous envier d’aller rendre visite aux pays des Vikings. Vous en êtes un, dans votre genre !

  2. Je vous souhaite à tous deux un très agréable séjour Nordique!

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