Proust, Verne, vingt mille…

Proust, Verne, vingt mille…

Reprise de la plongée dans l’œuvre de Jules Verne… Avec des semaines de retard (ah, les abonnements !), arrivée de mon deuxième colis de la collection Hetzel proposée par Le Monde.

Et me voici sans délai ouvrant Vingt mille lieues sous les mers.

S’agit-il de la suite d’une cure de désintoxication de Proust ? Pas au point, en tous cas, d’oublier que cet opus des « Voyages extraordinaires » est nommément cité dans la Recherche, précisément dans Le Côté de Guermantes :

 *L’idée qu’on pouvait volontairement renoncer à cent dîners ou déjeuners en ville, au double de « thés », au triple de soirées, aux plus brillants lundis de l’Opéra et mardis des Français pour aller visiter les fjords de la Norvège ne parut pas aux Courvoisier plus explicable que Vingt mille lieues sous les Mers, mais leur communiqua la même sensation d’indépendance et de charme. III

Il n’y a pas d’autres livres verniens chez Proust mais l’auteur y est cité aussi une fois (voir la chronique De Proust à Verne, de la Terre à la Lune).

Quant à « vingt mille », il a droit à une seconde occurrence, cette fois dans Le Temps retrouvé :

*[Article de Brichot :] c’étaient des trivialités telles que : « Vingt mille prisonniers, c’est un chiffre ; notre commandement saura ouvrir l’œil et le bon ; nous voulons vaincre, un point c’est tout ».VII

Il y a bien aussi les vingt millions de Mlle d’Entragues dans La Fugitive :

*Cependant Mme de Marsantes, ne voulant pas rester sur un échec, s’était aussitôt tournée vers Mlle d’Entragues, fille du duc de Luxembourg. N’ayant que vingt millions, celle-ci lui convenait moins, mais elle dit à tout le monde qu’un Saint-Loup ne pouvait épouser une Mlle Swann (il n’était même plus question de Forcheville). VI

Ils nous conduisent aisément aux cinq cents millions de la Bégum, mais c’est une autre histoire de Jules pas encore en ma possession !

Parole de proustiste…

Patrice Louis

PS : J’adore l’écriture de Jules Verne, précise et détaillée dans ses descriptions, bienveillante quand il s’agit des hommes. Ainsi, au chapitre III :

*Conseil était mon domestique. Un garçon dévoué qui m’accompagnait dans tous mes voyages ; un brave Flamand que j’aimais et qui me le rendait bien ; un être flegmatique par nature, régulier par principe, zélé par habitude, s’étonnant peu des surprises de la vie, très adroit de ses mains, apte à tout service, et, en dépit de son nom, ne donnant jamais de conseils — même quand on ne lui en demandait pas.


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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