N’y a-t-il personne pour relire ?

N’y a-t-il personne pour relire ?

La brochure est destinée à être lue, conservée… et crue. Elle est arrivée ce matin dans ma boîte aux lettres.

[De toutes les façons, la date est erronée décernant le prix avec un an d’avance. Ajout après le commentaire de Pierre Maury]

Le Conseil départemental d’Eure-et-Loir en est le producteur. L’ours nous indique que son président, M. Térinouard, en est le directeur de la publication. Il y a un rédacteur en chef, une rédaction, des photographes, un responsable de la mise en page — et j’en passe. Manquent cruellement à l’appel des relecteurs avisés pour éviter les bourdes, qui — hélas — ne manquent pas.

La photo et la légende de la page 2 laissent croire que les jurés Goncourt représentés sont  ceux qui ont décernés le prix à Proust. La présence de Colette, pour ne citer qu’elle, prouve qu’il n’en est rien.

Page 8, la madeleine de Combray est trempée dans du thé. Non, la boisson donnée par tante Léonie est une tisane (« dès que j’eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante »…).

La carte de la même page situe les sources de la Vivonne à Saint-André-des-Champs. Ce n’est jamais affirmé et c’est impossible, ainsi que l’écrit l’auteur : « Souvent aussi nous allions nous abriter, pêle-mêle avec les Saints et les Patriarches de pierre sous le porche de Saint-André-des-Champs) et puis : « Jamais dans la promenade du côté de Guermantes nous ne pûmes remonter jusqu’aux sources de la Vivonne ».

Vieuvicq est présenté comme sans modification alors que Proust a ajouté une lettre : Vieuxvicq.

Un chiffre de la page 9 attribue 1,5M de mots à la Recherche. C’est plutôt autour de 1,2 selon les versions. Ainsi, la mienne…

Page 11, Élisabeth et Léonie sont confondues.

Page 12, les années de vacances à Illiers sont presque vraies. Il faut plutôt lire « entre sept et neuf ans ».

Je laisse à la vice-présidente de l’assemblée eurélienne chargée « de la culture et du sport » la responsabilité de sa phrase sur l’interprétation du verbe « perdre »…

… et ne ferai que m’étonner de l’honneur fait à Maurice Clavel choisi entre Corot et Proust.

On me taxera de pinailleur et on aura beau jeu de relever les fautes dans mes chroniques. N’empêche : avec les parrains proustiens qui entourent l’événement à venir, il aurait été pertinent d’en consulter pour empêcher les boulettes dans une brochure censée faire autorité.

Parole de proustiste…

Patrice Louis


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

4 comments to “N’y a-t-il personne pour relire ?”

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  1. J’ajoute la belle bourde de la légende de la photo des Goncourt: le 10 décembre 1918!!! Zut! on est donc en retard pour le centenaire…

  2. La photo a été prise lors de la remise du prix Goncourt 49 !!
    ( Robert Merle pour Week end Zuydcoote )
    De gauche à droite debout : Roland Dorgelès, Alexandre Arnoux, Armand Salacrou, Philippe Hériat ( de haute stature ), André Billy,Gérard Bauër et assis Colette et Francis Carco

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