Proust 1919, l’affaire Goncourt (25)

Quatre autre jurés Goncourt

 

Léon Hennique

 

6e couvert.

Léon Hennique naît à Basse-Terre en 1851.

 

Il a 68 ans au moment du Goncourt. Il siège depuis le début. Son vote : Dorgelès.

 

Fils d’un général de brigade, alors en poste en Guadeloupe, il étudie la peinture mais se consacre après la guerre de 1870 à la littérature. Romancier et auteur dramatique naturaliste, il est, avec Zola, Maupassant, Alexis, Huysmans et Céard, un des six des « Soirées de Médan » (1880). Il se détache de Zola alors de l’affaire Dreyfus.

 

Exécuteur testamentaire d’Edmond de Goncourt, il est membre de l’Académie Goncourt dès sa création, en 1900 (sixième couvert).

Il en est le président de 1907 à 1912.

Léon Hennique meurt à Paris en 1935.

 

 

Émile Bergerat

 

7e couvert.

Émile Bergerat naît à Paris en 1845.

 

Il a 74 ans au moment du Goncourt. C’est sa première année. Son vote : Dorgelès.

 

Fils d’un fabriquant de produits chimiques, il est le gendre de Théophile Gautier.

Poète, auteur dramatique, journaliste, il utilise aussi les pseudonymes de l’Homme masqué, d’Ariel et de Caliban. Bergerat est considéré à son époque comme un « excellent chroniqueur » à l’esprit « verveux et paradoxal ». Dans la presse, il collabore au Voltaire et au Figaro.

 

Il est membre de l’Académie Goncourt à partir de 1919. À l’époque de l’attribution, il est malade et presque aveugle.

 

Émile Bergerat meurt à Neuilly-sur-Seine en 1923.

 

 

Gustave Geffroy

 

8e couvert.

Gustave Geffroy naît à Paris en 1855.

 

Il a 64 ans au moment du Goncourt. Il siège depuis le début. Son vote : Proust.

 

Il est journaliste, critique d’art, historien et romancier.

À 15 ans, Geffroy arrête sa scolarité alors qu’il est élève au lycée Chaptal et travaille dans une banque, Le Comptoir de l’Escompte. À 25 ans, il tient la rubrique artistique au journal La Justice de Clemenceau, dont il devient l’ami et qui le nommera administrateur de la Manufacture des Gobelins, où il demeurera jusqu’à sa mort.

En 1893, Geffroy est critique d’art au Journal. En 1897, il publie l’Enfermé, une biographie de Blanqui. Il s’affiche socialiste et dreyfusard.

Il écrit sur Sisley, Monet, Rodin, Pissaro, Moreau, Daumier, Guys, tandis que Degas et Cézanne peignent son portrait.

 

Geffroy par Degas, 1879

Geffroy, par Cézanne, 1895

Il est membre de l’Académie Goncourt dès sa création, en 1900. Il en est le président depuis 1912.

Geffroy par Jean-François Raffaëlli, vers 1918

 

Gustave Geffroy meurt à Paris, en 1926.

 

 

Élémir Bourges

 

9e couvert.

Élémir Bourges naît à Manosque en 1852.

 

Il a 67 ans au moment du Goncourt. Il siège depuis le début. Son vote : Proust.

 

Après des études brillantes au lycée Thiers de Marseille, il s’installe à Paris, au Quartier latin où il se lie à des écrivains.

De 1881 à 1883, il est critique dramatique au Parlement, puis il crée la Revue des chefs d’œuvre tout en chroniquant au Gaulois.

À 32 ans, Bourges publie un roman wagnérien, Le Crépuscule des dieux que les symbolistes saluent.

Après la mort de sa mère, en 1886, il s’installe à Samois-sur-Seine, où il mène une vie studieuse et retirée. Il se lie à Mallarmé et participe un temps à la Rose-Croix esthétique de Péladan dont il reprend des thèmes dans son roman Les oiseaux s’envolent et les fleurs tombent, qu’il publie à 41 ans.

 

Il est membre de l’Académie Goncourt dès sa création, en 1900.

 

Élémir Bourges meurt à Auteuil en 1925.

 

Prochain épisode dimanche, Lucien Descaves.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 


CATEGORIES : Feuilleton/ AUTHOR : patricelouis

Has one comment to “Proust 1919, l’affaire Goncourt (25)”

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  1. Drôle d’impression que de feuilleter cette sorte « d’album photos » : tant d’hommes de lettres oubliés…

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