Les jeunes filles, de Marcel Proust à Maxime Le Forestier

Les jeunes filles, de Marcel Proust à Maxime Le Forestier

Demain, c’est le printemps !

Gaston Rageot écrit dans Le Gaulois du 25 octobre 1919 : « Le héros de A l’ombre des jeunes filles en fleurs est un jeune homme qui ressemble à Marcel Proust comme un fils : dans la première partie du livre, il aime une jeune fille ; dans la seconde, il aime un groupe de jeunes filles. »

Auteur compositeur interprète né en 1949, Maxime Le Forestier est un chanteur français aussi tendre que contestataire.

Dans son premier album, en 1972, Éducation sentimentale, il propose Fontenay-aux-Roses, qui renvoie joliment à Proust.

Vous êtes si jolies
Quand vous passez le soir
À l’angle de ma rue
Parfumées et fleuries
Avec un ruban noir
Toutes de bleu vêtues
Quand je vous vois passer
J’imagine parfois
Des choses insensées
Les rendez-vous secrets
Au fond d’un jardin froid
Des serments murmurés.

Le soir dans votre lit
Je vous devine nues
Un roman à la main
Monsieur Audiberti
Vous parle d’inconnu
Vout êtes déjà loin
Vos rêves cette nuit
De quoi parleront-ils
Le soleil fut si lourd
Demain c’est samedi
Je guetterai fébrile
Votre sortie du cours

Dimanche sera gris
Je ne vous verrai pas
Pas avant lundi soir
Où serez-vous parties
Qui vous tiendra la bras
Que vous fera-t-on croire
Je crois que je vous dois
De vous faire un aveu
Petites écoutez-moi
C’est la première fois
Que je suis amoureux
De tout un pensionnat.

Comme Marcel Proust, Maxime Le Forestier a été lycéen à Condorcet.

Parole de proustiste…

Patrice Louis


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

2 comments to “Les jeunes filles, de Marcel Proust à Maxime Le Forestier”

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  1. titre qui renvoie plus explicitement à Flaubert mais on sait tout ce que Proust lui doit…

  2. Oui, « éducation sentimentale » évoque Flaubert, c’est sûr, mais non la chanson mise en ligne par notre hôte.

    En fait « éducation sentimentale » est le titre de l’album entier, et celui de sa chanson éponyme, que l’on connaît généralement à peu près aussi bien que « la maison bleue » (autre tube !).

    Education sentimentale c’est « : « Ce soir à la brume, nous irons ma brune, cueillir des serments »… (assez verlainien, en fait, à mon sens).

    Le pensionnat, lui, s’appelle « Fontenay-aux-Roses », je présume du nom de la cité où il était réellement implanté…

    Mais cela n’enlève rien à la joliesse de ces paroles, bien sûr ! (même si, personnellement, je préfère un monde où les pensionnats sont mixtes !)

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