Proust au cinéma : La Captive

Proust au cinéma : La Captive

 

Chantal Ackerman s’inspire librement de La Prisonnière, tome V de la Recherche, pour tourner La Captive (2000).

 

Ariane/Albertine (Sylvie Testud) vit chez Simon/le Héros (Stanislas Merhar) dans un grand appartement parisien. Il veut tout savoir d’elle, la suit, la fait accompagner dans ses sorties, et la soumet à un questionnement incessant. Le fait qu’il connaisse le goût d’Ariane pour les femmes, qu’il se doute qu’elle a une double vie ne fait qu’exacerber sa douleur, son impuissance et sans doute son désir d’elle. Le film accumule les plans fixes et les longs silences.

 

Témoignage de la réalisatrice : « Quand j’ai écrit le script et que j’ai eu fini, je me suis dit : Je n’y comprends rien. Je me suis dit : “Ce n’est pas grave, je comprendrai mieux quand j’aurais fait le film. “ Eh bien, je pense que je n’ai toujours pas bien compris et je pense que c’est ça la force du film. […] Le sens même du film, heureusement, je ne le comprends pas et au fond, la fin, on ne sait pas s’il la tue, on ne sait pas si elle se noie — Et vous même, vous ne le savez pas ? — Je n’en sais rien. Je pense qu’il ne la tue pas, moi, mais on peut penser qu’il la tue. Ça n’a pas d’importance, c’est chacun pour soi dans ces cas-là, avec son propre être, et ça donne une liberté aux gens. » (Au séminaire d’Antoine Compagnon au Collège de France, 2013)

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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