Les hôtels de la Recherche

Les hôtels de la Recherche

 

Avec le Vouillemont (voir la chronique d’hier), il y a six hôtels nommément cités dans À la recherche du temps perdu.

 

L’Hôtellerie de l’Oiseau flesché (deux fois) dans Du côté de chez Swann ;

Le Grand-Hôtel de Balbec (trente-six fois) à partir d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs, mais appelé Grand-Hôtel de la Plage dans le tome I et Hôtel de Balbec ou Hôtel dans La Prisonnière ;

L’Hôtel de Normandie, à Balbec, (une fois) dans Sodome et Gomorrhe ;

L’Hôtel Meurice (une fois), cité par « un illustre philosophe norvégien » qui doit y retourner, dans le même volume.

Et l’Hôtel Ritz (cinq fois), dans les tomes V et VII.

 

Marcel Proust cite bien un septième établissement mais il est fictif, l’Hôtel du libre échange « auquel le Ritz ressemble certains soirs », écrit-il dans Le Temps retrouvé. Création de Georges Feydeau, en 1894, il est situé 220, rue de Provence, « Recommandé aux gens mariés… ensemble ou séparément ! » Le vaudeville ne compte pas moins de 279 entrées et sorties.

 

Si l’on veut être complet, il faut évoquer les hôtels anonymes du Héros à Doncières et à Venise.

 

Et, selon la tradition, les hôtels particuliers parisiens de la Recherche peuvent porter le nom de leurs propriétaires :

L’hôtel Saint-Euverte I ;

L’hôtel Bouillon, dont le père de la marquise de Villeparisis habitait « le dernier étage, II ;

L’hôtel de M. de Charlus, « un vieil hôtel Chimay » III, transformé pendant la guerre en hôpital militaire, VII ; (le baron passe quelques jours à l’« hôtel », comme on dit », le temps qu’on répare son hôtel, IV ;

L’hôtel Guermantes ou de Guermantes ; III

L’hôtel de la princesse de Guermantes, « ce qu’il y a de plus beau », III ;

L’hôtel que le prince de Guermantes, s’est fait construire un, « magnifique », avenue du Bois, VII ;

L’hôtel de la princesse de Silistrie et de la marquise de Plassac, III ;

L’hôtel de Bréquigny et Tresmes, III ;

Les hôtels que le prince von a à Paris et à Londres, III ;

L’hôtel d’Alix, quai Malaquais, III

L’hôtel ***, de la duchesse de III ; *** où Mme de Villeparisis, sa nièce, a été élevée, V ;

Le « petit hôtel » de l’oncle du héros, au « 40 bis », IV ;

L’hôtel des Ambassadeurs de Venise, « Quai Conti », le salon Verdurin, V ;

Et, bien sûr, premier de tous, l’hôtel de Charles Swann, quai d’Orléans, quartier que la grand’tante du Héros trouve « infâmant d’habiter », et Odette « indigne de lui » I ; elle-même a un hôtel « petit », rue La Pérouse, I.

 

Au total, il est 535 occurrences d’« hôtel » chez Proust, dont 106 de « maître d’hôtel) + 9 au pluriel.

 

Complet ?

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

Has one comment to “Les hôtels de la Recherche”

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  1. Bonjour,
    Que dire, si ce n’est « bravo » !
    Ce que j’apprécie dans ce genre d’article, c’est qu’il permet de « réviser » La Recherche (et de se rendre compte qu’on a oublié un détail et qu’il est temps de la relire à nouveau !).
    Bonne journée.

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