Proust et les Kardashian

Proust et les Kardashian

 

Je ne déteste pas l’anachronisme…Volontaire, il peut être savoureux et l’idée de bousculer la réalité m’est séduisante. Jouer avec les époques, attribuer à l’une ce qui ne peut appartenir qu’à une autre, transformer des personnages en les peignant de couleurs outrancières offrent de plaisirs malicieux.

Mais j’avoue avoir sursauté, choqué, en découvrant un article de Vanity Fair où le burlesque le dispute au grotesque et, l’ayant achevé, achevé, je ne sais si je dois rire ou pleurer, admirer ou pas. A-t-on les références qu’on veut ou qu’on peut ?

 

L’idée est de portraiturer Élisabeth de Riquet, Laure de Sade et Geneviève Halévy avec les critères d’aujourd’hui. Baptisées « It-girls » [influenceuses, en vogue], elles s’avancent telles des héroïnes de télé-réalité, à mi-chemin entre les sœurs Kardashian et et les Real Housewives ! La descendante du Divin marquis y est même qualifiée de « bad-ass » [dure à cuire, mauvaise fille].

 

Pour casser les codes, l’auteure, responsable mode, beauté, savoir-vivre du magazine chic, maniant la boule de démolition avec la délicatesse d’une première d’atelier chez Yves-Saint-Laurent.

 

Son papier, au demeurant est bien fichu (pas exempt d’erreurs, ainsi la particule devant Greffulhe est superfétatoire). Et il m’inspire d’autres comparaisons.

 

Michel-Ange n’est-il pas réincarné en Banksy ? Ils barbouillent pareillement des murs.

Quelle différence entre la course de chars de Ben-Hur et le prochain Grand-Prix de Formule 1 ?

Les mignons d’Henri II et les favoris d’Henri III sont-ils les précurseurs de la Gay Pride ?

Le Jordy de Dur, dur d’être bébé, était-il le nouveau Mozart ?

James Dean a-t-il pensé avant de mourir en Californie que son nom rimait avec Albertine et que les chevaux-vapeurs de sa Porsche 550 Spider hennissaient comme la monture de la belle en Touraine ?

Marcel Proust chroniquerait-il aujourd’hui dans Vanity Fair plutôt que dans Le Figaro ?

 

J’ai bien cru voir la duchesse de Guermantes en Louboutin à la dernière Fashion Week.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

L’article de VanityFair.fr

 

It-girls

Les « Kardashian parisiennes » de la fin du XIXe siècle qui ont inspiré Proust

 

Bien avant les stars de télé-réalité et autres « filles de », trois jeunes femmes faisaient la pluie et le beau temps dans le milieu mondain. Superstars de la haute société, Élisabeth de Riquet, Laure de Sade et Geneviève Halévy ont mis à leurs pieds le Tout-Paris du XIXe siècle… ainsi qu’un certain Marcel Proust. Portraits.

 

Un peu plus de 30 ans avant Truman Capote et ses Diamants sur canapéMarcel Proust dressait le portrait des plus grandes mondaines de l’époque avec À la recherche du temps perdu. Cette œuvre en sept tomes, publiée entre 1913 et 1927, s’inspire de la vie de son auteur et offre une plongée sans filtre dans la haute société de l’époque, tout en proposant une réflexion sur la littérature, la mémoire et le temps. Obnubilé par la haute bourgeoisie et l’aristocratie française du début du XXe siècle, Proust fréquente les salons en vue, croisant les grand.e.s de ce monde qui l’inspireront lors de la rédaction de La Recherche. Parmi elles, trois jeunes femmes : Élisabeth de Riquet de Caraman-Chimay, vicomtesse puis comtesse de Greffulhe ; Laure de Sade, comtesse Adhéaume de Chevigné, et Geneviève Halévy Bizet Straus. Alors que le XIXe siècle touche à sa fin, ces trois grâces d’un nouveau genre règnent sur l’aristocratie parisienne, tenant salon et organisant les fêtes les plus courues de la capitale. Une inspiration en or pour Marcel Proust, qui rendra hommage à ces trois muses avec le personnage d’Oriane, duchesse de Guermantes, reine du Tout-Paris qui fascine le narrateur d’À la recherche du temps perdu.

 

Proust n’est encore qu’un garçon lorsqu’Élisabeth, Laure et Geneviève font leur entrée dans le monde, au cours des années 1880. Très vite, elles fascinent par leur allure et la façon qu’elles ont de redéfinir la notion de haute société, injectant un peu de sang frais dans ce milieu bien trop poussiéreux et conventionnel. Cette nouvelle génération d’aristocrates vient secouer la bourgeoisie en place en s’attirant les faveurs de la presse, qui relaie auprès du grand public leurs fêtes grandioses et leurs moindres faits et gestes. Un avant-goût de la presse people en somme. Elles font partie du gratin parisien et occupent leur temps par des dîners, des concerts, des représentations au théâtre, des bals, des rendez-vous caritatifs, des fêtes costumées, et des soirées chez l’ambassadeur. Ces mondaines ne sont pas seulement les têtes pensantes des soirées les plus en vue de Paris, mais aussi les gardiennes de cet univers incroyable, dédié à la fête 24H/24, dont elles ouvrent parfois les portes à une poignée de plébéiens chanceux. Les soirées d’Élisabeth de Riquet, Laure de Sade et Geneviève Halévy font parler le Tout-Paris, qui en fait ses gorges chaudes. Leurs fêtes les plus folles et leurs salons mondains sont décrits avec minutie dans les gazettes de la capitale, qui vibre au rythme de leurs aventures. Les trois muses de Proust n’hésitent d’ailleurs pas à faire elles-mêmes appel à la presse, régalant les journalistes et les rédacteurs en chef des détails les plus croustillants de leurs soirées. Une réception donnée par Élisabeth dans ses appartements du Faubourg Saint-Honoré – si grands que l’on se sent comme au Vatican, témoigneront quelques invités – devient ainsi dès le lendemain matin dans les journaux une énumération sans fin des invités (parfois royaux) présents, des mets servis et des tenues arborées ce soir-là. Même chose pour les représentations et autres récitals privés donnés par Geneviève Halévy et Laure de Sade dans leur salon respectif, que viennent applaudir les plus grands de ce monde.

 

Stars de la capitale, petites chéries de la presse mondaine, Élisabeth de Riquet, Laure de Sade et Geneviève Halévy ont chacune des personnalités bien trempées, souvent doublées d’un pedigree parfait où se côtoient titres ronflants et épousailles bien faites. En 2018 elles auraient sans aucun doute capitalisé sur leur nom au point d’en faire une marque, et seraient évidemment les stars de leur propre émission de télé-réalité, à mi-chemin entre les sœurs Kardashian et les Real Housewives, offrant à leur public une véritable saga à rebondissements où mariages grandiloquents et sessions shopping décadentes rythmeraient leur quotidien. Voilà désormais les trois héroïnes de Marcel Proust régnant sur Paris, et élevant autour d’elles un véritable culte de la personnalité qu’elles entretiennent en cultivant chacune leur image : Élisabeth est la Beauté, Laure la Mauvaise Fille, et Geneviève, la Bohémienne. Voici leur histoire.

 

ÉLISABETH DE RIQUET, LA BELLE

Élisabeth de Riquet de Caraman-Chimay naît le 11 juillet 1860 dans le VII arrondissement de Paris. Le père, Joseph de Riquet de Caraman, est le 18e prince de Chimay, un titre de noblesse belge. La mère, Marie de Montesquiou-Fezensac, est issue de l’une des plus anciennes familles de l’aristocratie française. Après une enfance rythmée par les cours de musique obligatoires, Élisabeth de Riquet se marie à l’âge de 18 ans avec le vicomte (qui deviendra comte par la suite) Henry Greffulhe, 29 ans, seul héritier d’un empire financier et immobilier – et d’une fortune colossale. La jeune femme goûte pour la première fois à l’adoration du public le jour de son mariage, lorsque plus de 4 000 membres de l’aristocratie française viennent féliciter les jeunes mariés sur le parvis de l’église Saint-Germain-des-Prés, paroisse familiale des Caraman-Chimay. La relation d’Élisabeth et d’Henry n’est pourtant pas idyllique : si une fille unique (Hélène-Josèphe-Marie-Charlotte) naît de leur union, le vicomte et son épouse font pourtant chambre à part bien avant leur mariage. Brutal et colérique, Henry Greffulhe trompe d’ailleurs allègrement sa femme, et compte plus de 300 maîtresses, selon ses propres dires. Qu’à cela ne tienne, Élisabeth de Riquet décide d’utiliser à bon escient ce que Dieu lui a donné : une taille de guêpe, une chevelure éclatante et de grands yeux de la couleur des pensées sauvages, qui lui valent d’être plus d’une fois la muse des peintres et photographes les plus en vogue du moment.

Pour mettre en valeur ses atouts, Élisabeth de Riquet ne lésine pas sur les dépenses et pioche sans compter (ou presque) dans les 300 000 francs du budget vêtements qui lui est alloué chaque année (à l’époque, un costume trois-pièces réalisé sur-mesure chez le meilleur tailleur de Paris ne coûte pas plus de 160 francs). La comtesse n’hésite pas à faire venir chez elle les grands noms de la couture parisienne, dont elle écoute avec attention les précieuses idées… avant de leur demander d’en imaginer l’exact opposé. Rien n’est trop flamboyant pour la jeune femme, qui porte aussi bien la cape rebrodée de perles que le bibi recouvert d’authentiques papillons. Pour les bals costumés, la préférence d’Élisabeth va aux habits royaux : lors d’une soirée « paysanne », elle impose à ses invités d’être vêtus de façon rustique, robes de bure et sabots de bois à l’appui, tandis qu’elle parade dans une robe de satin gris incrustée de pierres précieuses, accompagnée d’un manteau violet bordé d’hermine. La réplique exacte d’une tenue portée par la plus jolie des petites-filles de Louis XIV dans un tableau célèbre que l’on peut aujourd’hui admirer à Versailles. Lors d’un bal organisé en l’honneur d’Édouard VII, prince de Galles et roi d’Angleterre, la comtesse de Greffulhe s’avance au milieu de la foule dans une robe de cour taillée dans un épais velours rouge, surmontée d’une collerette géante de la taille d’une roue de wagon, et d’une couronne de rubis époustouflante. Des tenues royales qui font écho au passé familial d’Élisabeth, qui, comme elle aime à le rappeler, compte parmi ses ancêtres le roi mérovingien Clotaire II et l’empereur Napoléon 1er.

Photographie, littérature, sciences, musiques… La comtesse de Greffulhe est une femme à la tête bien faite, qui organise chez elle des salons où se retrouvent quelques « cercleux », comme elle aime à les appeler, parmi lesquels Anatole France et Marcel Proust. L’auteur et Élisabeth se sont croisés plusieurs fois, d’abord lors d’un bal donné par le princesse de Wagram, puis lors d’une réception organisée par Robert de Montesquiou, cousin de la jeune femme. Pour faire plaisir à ce dernier, la mondaine accepte d’intégrer un Proust éperdu d’admiration au cœur de ses célèbres salons. Si la comtesse déclarera à la fin de sa vie avoir trouvé à ses « flatteries » « un je-ne-sais-quoi de collant qui n’étaient pas de [son] goût », elle établit pourtant une correspondance avec l’homme de lettres après la parution du premier volume d’À la recherche du temps perdu. Bien qu’elle l’ait nié, la comtesse de Greffulhe appréciait et recherchait la compagnie de Proust, qui lui rendit le plus beau des hommages avec le personnage de la duchesse de Guermantes. « Le rire de Madame Greffulhe s’égrène comme le carillon de Bruges » déclarera-t-il ainsi.

 

LAURE DE SADE, LA BAD-ASS

Arrière-petite-fille du Marquis de Sade, la jeune Laure, née le 31 mai 1859 à Passy, connaît sensiblement le même destin qu’Élisabeth de Riquet. À 19 ans, elle épouse le comte Adhéaume de Chevigné et devient comtesse, sans pour autant connaître le bonheur d’une union réussie. Laure de Sade a pourtant un atout, qui va faire d’elle l’une des Parisiennes les plus en vue de cette fin du XIXe siècle : elle fréquente la cour du comte de Chambord, triste prétendant au trône de France. Banni de son pays natal depuis 1830, ce descendant de la dynastie des Bourbon s’est installé à Frohsdorf, un château autrichien grisâtre au sein duquel il a réuni une petite cour de fidèles dont fait partie Adhéaume de Chevigné, secrétaire particulier de ce faux roitelet. Bien obligée de suivre son tout nouvel époux, Laure de Sade découvre un château austère, qu’elle qualifie de « royaume des ombres » et dans lequel elle rechigne à résider. Pourtant, la jeune femme se rend très vite compte qu’une petite audience de fidèles, restée à Paris, cherche à tout prix à obtenir des nouvelles de celui qui pourrait réinstaurer la monarchie française. Laure devient alors l’interlocutrice privilégiée de cette noblesse nostalgique, et chacun de ses allers-retours à la capitale est l’occasion pour elle de briller devant une audience captivée par les aventures du comte de Chambord. Les royalistes et la presse mondaine la surnomment alors « la belle de Frohsdorf », un titre qu’elle arbore avec fierté, régalant les Parisien.ne.s de récits audacieux mettant en scène les bizarreries du comte de Chambord. La jeune femme va même jusqu’à sous-entendre que les deux enfants issus de son mariage avec le comte de Chévigné auraient en réalité été conçus dans la couche du prétendant au trône.

Il faut dire qu’être la descendante de l’auteur le plus dépravé de la littérature française a de quoi donner quelques idées. Laure de Sade est une conteuse-née, qui ne recule pas devant une expression salée ou un bon gros juron, lesquels tranchent avec ses manières de dame du monde. Il se murmure d’ailleurs qu’elle fut la première noble parisienne à prononcer le mot « merde ! ». Fière de son ancêtre, la comtesse de Chevigné aime à s’inspirer des héroïnes libérées sexuellement qui peuplent les pages des ouvrages du Marquis de Sade, et collectionne les liaisons sans lendemain. Véritable pionnière dans le domaine de la libération féminine, la jeune femme va jusqu’à remettre en question les codes de l’époque, et s’affiche fièrement dans des tailleurs gris foncés qu’elle fait réaliser dans un atelier de confection pour hommes. Fumeuse invétérée (sa voix rauque deviendra celle de la duchesse de Guermantes dans La Recherche de Marcel Proust), Laure de Sade fascine par sa silhouette athlétique qu’elle entretient en faisant beaucoup d’exercice et en mangeant peu. Loin des icônes féminines de l’époque, toutes en rondeurs et taille corsetée, elle joue la carte de l’androgynie, bien avant l’apparition de Coco Chanel  et du masculin-féminin. Un style à part qui lui permet de se démarquer de la sublime comtesse de Greffulhe, avec qui il est quasiment impossible de rivaliser.

Tout comme cette dernière, Laure de Sade tient salon, en véritable figure de la vie mondaine et aristocratique parisienne qui se respecte. Artistes, musiciens et autres comtes et marquis ont les honneurs de ses cercles d’initiés et le lui rendent bien : les membres de ce club très privé se cotisent à chaque premier de l’An pour lui offrir un nouveau rang de perles. Des colliers qui, pour la comtesse de Chevigné, « permettent de compter [ses] amis et [ses] années. » Loin des cercles intellectuels de Laure de Sade, c’est au théâtre que Marcel Proust aperçoit pour la première fois celle qui deviendra l’une de ses trois muses. Troublé, ce dernier lui consacre un portrait dans le numéro de mai 1892 du Banquet, une revue fondée par son ami Fernand Gregh, dans lequel il la qualifie de déesse-oiseau. Apparemment insensible aux roucoulades de l’auteur, Laure de Sade finit par éconduire l’importun dans la rue, comme le dévoilera bien plus tard le biographe de Marcel Proust.

 

GENEVIÈVE HALÉVY, LA BOHÉMIENNE

Les jeunes années de Geneviève Halévy n’ont rien à voir avec celles de Laure de Sade et d’Élisabeth de Riquet. Fille du compositeur Jacques Fromental Halévy et de la sculptrice Léonie Rodrigues-Genriques, elle naît à Paris le 26 février 1849, et connaît une enfance difficile. Son père décède l’année de ses 13 ans, elle perd sa sœur à 15, et voit sa mère internée en clinique psychiatrique. Roturière ET juive (une hérésie lorsque l’on appartient au gratin aristocratique, majoritairement catholique), Geneviève Halévy aurait pu ne jamais faire son entrée dans le grand monde, si son arbre généalogique n’avait pas parlé en sa faveur. La jeune femme est en effet la descendante d’un clan séfarade vieux de 1 600 ans, célèbre entre autres pour avoir refusé plusieurs titres de noblesse offerts par Louis XVI. Côté paternel, la jeune femme fait également partie d’une dynastie d’artistes : son père est l’un des compositeurs-phares du XIXe siècle, son oncle est un auteur à succès et son cousin un dramaturge célèbre.

Comme ses « consœurs », Geneviève Halévy se marie très jeune, et épouse à l’âge de 20 ans le compositeur Georges Bizet, qui fut l’élève préféré de son père. Bizet décède prématurément six ans plus tard, laissant une veuve éplorée qui va pourtant capitaliser sur cet épisode malheureux. Au même moment se joue Carmen, la dernière pièce qu’a écrite Georges Bizet avant son décès, dont le personnage s’inspire librement de son épouse. Cet opéra-comique en quatre actes offre à son créateur une gloire posthume, que Geneviève Halévy met à profit en organisant des représentations privées pour les souverains de Russie et d’Angleterre – tout en en dévoilant les détails les plus croustillants à la presse. Bien décidée à continuer de briller malgré son veuvage, la jeune femme décide alors de se faire appeler « la veuve Bizet », portant le noir du deuil pendant près de trois ans et lors de chaque avant-première mettant en scène le travail de son défunt époux. Les têtes ne peuvent s’empêcher de tourner au passage de cette sublime veuve, dont la démarche langoureuse est accentuée par une consommation accrue de morphine. Sortie des torpeurs du deuil, Geneviève Halévy adopte une palette stylistique éthérée et ne porte que des pièces blanches, lavandes ou grises, qu’elle arborera jusqu’à la fin de sa vie, en hommage au « Grand Bizet ». À la surprise générale, elle se remarie pourtant en octobre 1986 avec Émile Straus, l’avocat de la famille Rothschild dont il se murmure qu’il serait l’un des membres illégitimes. « C’était le seul moyen de m’en débarrasser », justifie-t-elle.

Le 134 boulevard Haussman, où s’installent Émile Straus, Geneviève Halévy et Jacques Bizet, le fils qu’elle a eu de sa première union, devient très vite l’un des salons préférés du Tout-Paris. Tous les dimanches, la socialite reçoit chez elle l’intelligentsia parisienne, mélange d’artistes bohèmes, de notabilités mondaines, de politiciens et de comédiens. La célèbre comtesse de Greffulhe y passe quand elle ne tient pas elle-même salon, et l’on y croise Edgar DegasGuy de MaupassantLéon Blum… et Marcel Proust. Ce dernier est un ami d’enfance de Jacques Bizet, qu’il côtoie au lycée Condorcet, et nourrit pour Geneviève Halévy Straus une passion qui durera des années, sans que cette dernière n’en sache rien. Sa beauté et ses réparties cinglantes permettent à cette mondaine de rejoindre le club très fermé des muses de Marcel Proust, aux côtés d’Élisabeth de Riquet de Laure de Sade. Trois grâces rendues éternelles par l’un des ouvrages les plus culte de la littérature française.

 

Margaux Krehl

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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