Proust au cinéma : La Dame de chez Maxim

Proust au cinéma : La Dame de chez Maxim

 

Comment Marcel Proust peut-il se trouver dans un film tiré d’une pièce écrite alors que l’écrivain n’est pas célèbre ?

La réponse tient dans le mot adaptation.

La Dame de chez Maxim est d’abord un vaudeville de Georges Feydeau créé à Paris en 1899. Proust n’est alors que l’auteur méconnu de Les Plaisirs et les Jours.

 

La Dame de chez Maxim qui parle de lui est la troisième adaptation au cinéma de la pièce. Après celles de 1912 et 1932, elle date de 1950, signée par Marcel Aboulker. Arlette Poirier joue le rôle d’une danseuse au Moulin Rouge pas farouche, connue de ses admirateurs comme la Môme Crevette et qui va semer la zizanie dans des couples bourgeois avec force claquements de portes comme Feydeau s’en était fait le spécialiste.

 

Au générique, il faut bien faire attention à une ligne qui indique : « Dialogues additionnels : Robert Beauvais ».

C’est cet humoriste qui introduit le futur auteur d’À la recherche du temps perdu dans l’intrigue. Cela se passe à la fin chez Maxim alors qu’aucune scène ne se passe dans le restaurant Maxim’s de la rue Royale dans la pièce.

 

La Môme Crevette interprète une chanson qui n’est pas de Feydeau — et pour cause —, où l’on entend :

Je connais les gens d’la haute

         Si j’suis pas une grande cocotte

         Minute, ça viendra.

         J’dis merci pour la langouste

         Aux Rothschild, à Marcel Proust

         Ça leur déplaît pas.

 

C’est dans La Dame de chez Maxim que se trouve la scie « Eh allez donc, c’est pas mon père ! » qui a trouvé sa place dans les expressions populaires.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

PS :Merci à mon frère cadet Olivier d’avoir attiré mon attention sur cette pépite cinéphilique.

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

Has one comment to “Proust au cinéma : La Dame de chez Maxim”

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  1. Merci d’avoir ressuscité ce film dont mon père a effectivement réalisé les dialogues additionnels. J’ignorais complètement l’anecdote que vous citez sur l’introduction de Proust. Etant entourés de proustiens inconditionnels je vais les informer de cela.
    Cordialement

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