Le fou (d’herbes folles) de Proust

Le fou (d’herbes folles) de Proust

 

Illiers-Combray prend le virage écologique…. Ces derniers temps, la mairie se pique de gestes utiles à la protection de la planète (ainsi de son opération zéro pesticides. C’est louable.

 

Eure et Loir Nature est une association de protection de l’environnement… Elle organise bientôt un événement que j’ai trouvé sur le site de ma mairie.

 

Cette expédition à la recherche de la végétation spontanée a ravivé en moi tous ces brins turbulents qui tapissent la Recherche. Enfin, quand je dis tapissent, j’exagère car il n’y a guère que trois occurrences d’herbes folles dans toute l’œuvre.

 

Je me demande si Eure et Loir Nature a choisi cet intitulé en référence à Proust ou si c’est fortuit (et je m’inquiète au passage des pouvoirs magiques prêtés à ces herbes !).

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

Les extraits

*Le vent qui soufflait tirait horizontalement les herbes folles qui avaient poussé dans la paroi du mur, et les plumes de duvet de la poule, qui, les unes et les autres se laissaient filer au gré de son souffle jusqu’à l’extrémité de leur longueur, avec l’abandon de choses inertes et légères. I

 

*Né brusquement, et sans que j’eusse eu le temps de le rapporter exactement à sa cause, au milieu de pensées très différentes, le plaisir dont il était accompagné ne me semblait qu’un degré supérieur de celui qu’elles me donnaient. Je faisais un mérite de plus à tout ce qui était à ce moment-là dans mon esprit, au reflet rose du toit de tuile, aux herbes folles, au village de Roussainville où je désirais depuis longtemps aller, aux arbres de son bois, au clocher de son église, de cet émoi nouveau qui me les faisait seulement paraître plus désirables parce que je croyais que c’était eux qui le provoquaient, et qui semblait ne vouloir que me porter vers eux plus rapidement quand il enflait ma voile d’une brise puissante, inconnue et propice. I

 

*Or, ce moyen qui me paraissait le seul, qu’était-ce autre chose que faire une œuvre d’art ? Et déjà les conséquences se pressaient dans mon esprit ; car qu’il s’agît de réminiscences dans le genre du bruit de la fourchette ou du goût de la madeleine, ou de ces vérités écrites à l’aide de figures dont j’essayais de chercher le sens dans ma tête où, clochers, herbes folles, elles composaient un grimoire compliqué et fleuri, leur premier caractère était que je n’étais pas libre de les choisir, qu’elles m’étaient données telles quelles. VII

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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