J’ai travaillé chez le marquis de Bréauté

J’ai travaillé chez le marquis de Bréauté

 

Enfin presque !

 

Le marquis (ou comte, c’est selon) est un ami de Charles Swann et d’Oriane de Guermantes. Très mondain, on le croise chez Mme de Saint-Euverte, chez la duchesse et c’est lui qui présente le prince de Guermantes au Héros. Il porte le monocle et, après sa mort, son amie le traitera de snob.

Son nom complet est Hannibal de Bréauté-Consalvi, dit Babal.

 

Ce personnage fictif est inspiré par un autre marquis, bien réel, Henri Le Tonnelier de Breteuil (1848-1916).

Fils du marquis Alexandre de Breteuil et de Charlotte-Amélie Fould, il épouse Constance de Castelbajac, puis, veuf, une Américaine, Marcellite Garner. Ami personnel du roi d’Angleterre Édouard VII, il est l’un des promoteurs de l’Entente Cordiale. C’est le seul invité, avec le peintre Édouard Detaille au déjeuner offert par la comtesse Greffulhe au roi en 1910. Monarchiste, il n’en est pas moins l’ami de Clemenceau et de Gambetta et un grand Européen.

Grâce à la fortune de sa seconde épouse, il transforme le château de Breteuil et se fait construire un hôtel particulier au 12, avenue du Bois (future avenue Foch et où il mourra, brisé par la guerre). C’est ainsi qu’il peut déménager de sa résidence du 28, rue François 1er.

 

Et c’est là que j’interviens.

Dans cette maison quittée en 1902 se trouve aujourd’hui (et pour pas longtemps d’ailleurs) Europe 1.

 

La radio occupe aussi le 26 bis (son adresse postale) et elle a été mon premier employeur. J’y ai passé mes plus longues et plus belles années professionnelles.

 

Et voilà comment j’ai longtemps côtoyé les mânes d’un personnage de la Recherche. Merci à Denis Florent Cheyrouze qui a signalé cette proximité proustienne sur la page Facebook des Anciens d’Europe 1.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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