La mue proustienne du maire d’Illiers-Combray

La mue proustienne du maire d’Illiers-Combray

 

Ce n’est pas lui faire injure que d’écrire que l’édile illiérsois (mot que j’adopte définitivement depuis que je l’ai lu dans Jean Santeuil — voir la chronique Quand Combray était Illiers) n’est pas un fondu du proustisme.

Il ne s’est jamais signalé par un militantisme échevelé en faveur de l’auteur de la Recherche.

S’est-il converti comme Claudel ? Mais qui a joué le rôle du pilier de Notre-Dame ?

Son évolution, en tous cas, est aisément vérifiable. Il ne faut pas croire que je ne lis que l’œuvre du grand Marcel. Samedi, j’ai trouvé dans ma boîte aux lettres Notre commune infos.

 

Non seulement je l’ai lu, mais je lui consacre ici un décorticage.

Dans le numéro de janvier 2017 du bulletin municipal (n° 47), « Le Mot du Maire » contenait quinze paragraphes. Proust y était cité sobrement deux fois, à propos de « la second » édition du week-end Proustien » et de « l’implantation d’itinéraires proustiens »  — avec une gestion variable de la majuscule. La Maison de Tante Léonie y est aussi évoquée, une fois. Illiers-Combray n’existe que comme « notre commune » ou « notre ville ».

Dans la dernière édition (n° 50), le Mot est devenu L’Edito, avec vingt-quatre paragraphes. Et c’est une métamorphose.

Les références à Proust sont multipliées — pas moins de cinq occurrences et le lyrisme s’invite : « Marcel Proust fait partie de ces auteurs qui ont la capacité de dessiner un paysage, de façonner un univers, de donner cette envie de découvrir les lieux qui ont inspiré son œuvre. Et là réside notre chance ! Au fil des pages écrites par Proust, Combray est devenu l’un de ses (sic) lieux propices à l’inspiration, l’un de ces lieux de création solitaire tel un abri discret transformé en atelier permanent pour l’imaginaire. » Waouh !

Suivent : « l’imaginaire Proustien », un remerciement à la Société des Amis de Marcel Proust, les « cheminements balisés et numérisé » chargés de raconter « les lieux ayant inspiré l’œuvre de Marcel Proust ». Méconnaissable !

Mieux : Illiers-Combray est cité une fois mais Combray seul, trois, sans compter une mystérieuse « volonté de promouvoir une Madeleine de Combray ».

Autre formulation troublante : la « Maison de Tante Léonie » devient la « Maison Musée de la Tante Amiot ». Je crains que ce soit moins vendeur, moins séduisant, moins rock n’roll.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

Les textes

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

Write a Reply or Comment

Your email address will not be published.

Articles populaires

Abonnez-vous

Un flux RSS proustien pour recevoir tous les articles du Fou de Proust
Et également sur et