La ligne Shanghai—Illiers-Combray

La ligne Shanghai—Illiers-Combray

 

L’hiver est propice aux rencontres proustiennes… J’ai débarqué en Beauce proustienne en cette saison il y a cinq ans et créé ce blogue l’hiver suivant. Il faisait un froid de canard — « Pourquoi de canard ? demanda le docteur. » (in Sodome et Gomorrhe) — quand j’ai d’abord croisé au Pré Catelan un Russe de la famille de Marie de Benardaky, puis devant la maison de tante Léonie deux chinois trentenaires (ce fut une des premières chroniques ouvrant la voie à l’Internationale proustienne, voir Shanghai-sur-Vivonne).

 

Ce matin, c’est un couple venu lui aussi de Shanghai que j’ai vu transi sur la place de l’Église. J’ai du un peu les effrayer en les abordant, mais j’étais assez sûr de mon coup ne connaissant pas de Beaucerons aux yeux bridés. Gagné ! Des deux, c’est elle la Proustienne. Son nom : Grace Xie. La surprise passée, elle, professeure d’anglais, et son mari, qui enseigne la chimie, se sont laissés convaincre que, quitte à ne passer qu’une heure à Illiers-Combray, c’était peut-être judicieux d’accepter mon offre de leur servir de chauffeur.

Certes à toute vitesse, nous avons pu entrer dans Saint-Jacques/Saint-Hilaire, faire tinter la cloche et le grelot du musée (fermé à cette heure), emprunter le petit raidillon au Pré Catelan/parc de Tansonville, admirer le Loir/la Vivonne, voir le buste de Marcel, avant de gagner la gare où le train de midi les a ramenés à Chartres où mes Shanghaiens avaient prévu de voir « the church », la cathédrale.

 

Message aux pèlerins proustiens, des rives de la rivière Huangpu ou d’ailleurs : évitez le mercredi pour venir à Illiers-Combray car la boulangerie où « tante Léonie achetait ses madeleines » est fermé ce jour-là. L’hiver 2013, je m’étais senti obligé d’en acheter le lendemain pour en envoyer à mes nouveaux ami, Wang Shu et He Qiwei.

(Photos PL)

 

Pour Grace, je vais aviser.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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  1. Oh, Grace Xie must have thought he landed inside the novel.
    One minute he was alone, then you just appeared! He must have wondered…”Did I pass a “Celtic tree?” 😉

    Patrice, they will remember your generous spirit forever…and share the tale.
    Maybe Grace Xie will join SAMP? What a Vibrational-Proustian Ambassador you have become in five years.

    “Je trouve très raisonnable la croyance celtique que les âmes de ceux que nous avons perdus sont captives dans quelque être inférieur, dans une bête, un végétal, une chose inanimée, perdues en effet pour nous jusqu’au jour, qui pour beaucoup ne vient jamais, où nous nous trouvons passer près de l’arbre, entrer en possession de l’objet qui est leur prison. Alors elles tressaillent, nous appellent, et sitôt que nous les avons reconnues, l’enchantement est brisé. Délivrées par nous, elles ont vaincu la mort et reviennent vivre avec nous.” MP

    “Quant aux « joies de l’intelligence », pouvais-je ainsi appeler ces froides constatations que mon oeil clairvoyant ou mon raisonnement juste relevaient sans aucun plaisir et qui restaient infécondes.
    Mais c’est quelquefois au moment où tout nous semble perdu que l’avertissement arrive qui peut nous sauver : on a frappé à toutes les portes qui ne donnent sur rien, et la seule par où on peut entrer et qu’on aurait cherchée en vain pendant cent ans, on y heurte sans le savoir et elle s’ouvre.” MP

    One day..it will be me, on the steps, “ The Church!”
    Marcelita

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