Branches nues

Branches nues

 

L’hiver et ses arbres sans feuilles… Un aperçu de ma promenade quotidienne le long du Loir, la Vivonne de Proust.

 

Cette photo date du week-end dernier. Hier, c’est devenu ça.

 

Que nul ne s’offusque, qu’on se garde de s’effarer. Si les tilleuls offrent cette nudité crue, c’est pour leur bien. Les employés municipaux d’Illiers-Combray ont fait œuvre utile en élaguant ces branches.

 

L’hiver, les branches nues… Comment ne pas penser à cet extrait de la Recherche à la toute fin de Du côté de chez Swann.

 

*Aurais-je même pu leur faire comprendre l’émotion que j’éprouvais par les matins d’hiver à rencontrer Mme Swann à pied, en paletot de loutre, coiffée d’un simple béret que dépassaient deux couteaux de plumes de perdrix, mais autour de laquelle la tiédeur factice de son appartement était évoquée, rien que par le bouquet de violettes qui s’écrasait à son corsage et dont le fleurissement vivant et bleu en face du ciel gris, de l’air glacé, des arbres aux branches nues, avait le même charme de ne prendre la saison et le temps que comme un cadre, et de vivre dans une atmosphère humaine, dans l’atmosphère de cette femme, qu’avaient dans les vases et les jardinières de son salon, près du feu allumé, devant le canapé de soie, les fleurs qui regardaient par la fenêtre close la neige tomber ? I

 

Au fil des saisons, la belle et longue allée de la Grève se métamorphose. Remontons donc l’année, de la mi décembre à la mi janvier 2017.

(Photos PL)

 

Beau et fascinant cours du temps.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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