Proust et Nike

Proust et Nike

 

Déjà la 4e édition ! Cinq lettres en anglais (trail signifie sentier) et six mots en français : course à pied en pleine nature.

À Illiers-Combray, la première édition s’est courue en novembre 2014. Le fou de Proust en a été, avant même ses premières foulées, un fan farouche. J’avais qualifié cette initiative due à l’énergique Gilles Perdriau, le policier municipal, moderne garde-champêtre, d’ « alliance bien comprise du mollet et de l’esprit ».

Samedi prochain, ce sera la grande foule « sur les traces de Marcel Proust », sur 8,5 km ou 17 km. Cinq cent quarante coureurs lors de la première édition, plus de 800 lors de la deuxième, 1 040 l’an dernier.

 

L’Échorun a organisé un concours pour gagner son dossard à conditions de bien répondre à quatre questions dont deux concernaient l’écrivain :

 

Quel célèbre écrivain a inspiré les organisateurs ?

A: Émile-Zola

B: Charles-Péguy

C: Rémi-Belleau

D: Marcel-Proust

 

Comment se nomme le jardin de l’oncle Amiot ?

A: le jardin de Proust

B: le jardin de Marcel

C: le pré Catelan

D: le pré du Combray

 

À vos marques, prêts, répondez ! Non, désolé, le jeu est clos. Ah, imaginer Marcel les pieds chaussés d’Adidas, Puma ou Nike ! Et alors, cette dernière n’est-elle pas ainsi nommée en référence à Nikè, la déesse grecque de la Victoire, citée dans Sodome et Gomorrhe ?

*Or ces désirs pour une femme dont on a rêvé ne rendent pas absolument nécessaire la beauté de tel trait précis. Ces désirs sont seulement le désir de tel être; vagues comme des parfums, comme le styrax était le désir de Prothyraïa, le safran le désir éthéré, les aromates le désir d’Héra, la myrrhe le parfum des nuages, la manne le désir de Nikè, l’encens le parfum de la mer. Mais ces parfums que chantent les Hymnes orphiques sont bien moins nombreux que les divinités qu’ils chérissent. La myrrhe est le parfum des nuages, mais aussi de Protogonos, de Neptune, de Nérée, de Lèto ; l’encens est le parfum de la mer, mais aussi de la belle Dikè, de Thémis, de Circé, des neuf Muses, d’Éos, de Mnémosyne, du Jour, de Dikaïosunè. Pour le styrax, la manne et les aromates, on n’en finirait pas de dire les divinités qui les inspirent, tant elles sont nombreuses. Amphiétès a tous les parfums excepté l’encens, et Gaïa rejette uniquement les fèves et les aromates. Ainsi en était-il de ces désirs de jeunes filles que j’avais. Moins nombreux qu’elles n’étaient, ils se changeaient en des déceptions et des tristesses assez semblables les unes aux autres. Je n’ai jamais voulu de la myrrhe. Je l’ai réservée pour Jupien et pour la princesse de Guermantes, car elle est le désir de Protogonos « aux deux sexes, ayant le mugissement du taureau, aux nombreuses orgies, mémorable, inénarrable, descendant, joyeux, vers les sacrifices des Orgiophantes ». IV

Nikè, bas-relief à Ephèse

Non mais !

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

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