Ouvrez les fenêtres à la Sampac

Ouvrez les fenêtres à la Sampac

 

Nul doute qu’un grand vent frais sera profitable à la Sampac… Il devrait souffler début 2018 lorsque sera trouvée la nouvelle tête de la Société des Amis de Marcel Proust et des Amis de Combray.

Sera-ce un énarque dont le nom a circulé avec insistance lors du Conseil d’Administration de mardi (il y a des centaines d’occurrences d’« air » et trente de « liquide » dans la Recherche, mais jamais ensemble — voir la chronique Pas de fumée blanche) ?

Sera-ce un polytechnicien tel Jérôme Bastianelli propulsé vice-président dès son entrée et dont la jeunesse n’est pas le seul atout ?

Sera-ce une femme après soixante-dix ans de mâle présidence ?

Sera-ce un outsider coiffant tout le monde au poteau ?

Les pronostics vont bon train et les entourages s’organisent. Une sourde campagne devrait mobiliser les esprits dans un mode de sélection dont nous ignorons tout.

Une certitude : ce ne sera pas un membre de l’Académie française. Le seul Immortel administrateur a 86 ans.

 

L’heureux élu (homme ou femme) aura à ouvrir les fenêtres d’une institution qui a besoin de s’aérer les poumons grâce à ce souffle nouveau qui empêche de somnoler sur des lauriers dont on finirait par voir qu’ils commencent à faner.

 

Le titre de cette chronique m’est venu en ouvrant les fenêtres de la Maison de tante Léonie. J’ai en effet profité du la journée prousto-ruskinienne de samedi dernier (voir la chronique Automnaux échanges à Illiers-Combray) pour prendre des photos de toits inédites.

La troisième n’offre pas que des perspectives de toits (et, hélas, d’antennes). Elle y ajoute des pigeons et un clocher.

(Photos PL)

 

Je me suis gardé de faire des clichés à l’intérieur de la Maison. C’est interdit et susceptible de poursuites.

À propos, que le nouveau président m’autorise à l’inviter à mettre fin à cette disposition vieillotte, comme à cette autre, moins clamée mais pas moins scélérate, de faire payer les médias pour les reportages qu’ils veulent consacrer au lieu.

Et pendant que j’y suis — je reviens à la charge : il serait peut-être temps d’accorder la gratuité des lieux aux habitants d’Illiers-Combray qui pour l’immense majorité n’en ont jamais franchi la grille. Mon argumentation inlassable depuis que j’ai déposé mes bagages ici : Cette mesure est hautement symbolique. Elle ne risque pas de provoquer un afflux déstabilisant de visiteurs, mais elle offrira aux bénéficiaires un sentiment d’appartenance à un attachement commun. Les privilèges sont toujours flatteurs. Celui-là ne peut que les inciter à entraîner dans l’univers de Proust leurs proches et amis —eux, visiteurs payants pendant qu’eux pourront se prévaloir d’entrer à l’œil. Mais, plus globalement, ils se feront des hérauts (que j’espère ardents) des bienfaits que Proust apporte ou peut apporter à la commune d’Eure-et-Loir.

Allez, une ultime suggestion : mettez-vous à l’unisson du siècle en dotant le Musée Marcel Proust d’un terminal de cartes bancaires.

Qu’incarnée par sa nouvelle tête éclose une Sampac nouvelle !

 

Parole d’adhérent à jour de cotisation…

Patrice Louis

 

PS : Pour ma part, j’ai renoncé à toute ambition au sein de la Sampac depuis que ma candidature au CA a été rejetée au profit d’un autre postulant présentant non pas un meilleur brevet de proustisme mais une « compétence juridique et financière ».

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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