Fratries musicales

Fratries musicales

 

Le nom a-t-il un féminin ?

Le Larousse le définit comme l’« ensemble des frères et sœurs d’une même famille », mais le Robert rappelle qu’il vient du latin « frater », frère. Son féminin est « soror ». Si « fraternité » et « sororité » cohabitent, la version féminine de « fratrie » devrait bien exister mais il m’est introuvable.

 

Ce mystère me taraude alors que sortent deux CD liant Proust à la musique. Celui des sœurs Milstein, La Sonate de Vinteuil, et celui des frères Tchalik, Le Violon de Proust.

Je ne puis parler que du second car l’un des deux musiciens, Gabriel, qui tient l’archet (Dania est au piano) tient aussi la plume. Il m’a adressé son album…

 

… accompagné d’un mot très gentil.

 

Depuis que j’ai quitté le journalisme, je ne réclame aucun passe-droit et ne persécute aucun attaché de presse. Je ne reçois que très rarement des services gratuits et ils n’ouvrent pas le droit à des chroniques et, quand c’est le cas, elles ne sont pas nécessairement élogieuses (personne ne me doit rien et je ne dois rien à personne).

 

J’ai donc écouté les 73’ 44 de la Sonate pour violon et piano en la majeur (1886) de César Franck, la Sonate pour violon et piano en ut majeur (1927) de Reynaldo Hahn et la Sonate pour violon et piano n° 1 en ré mineur (1885) de Camille Saint-Saëns. J’ai remarqué que les deux compositeurs français donnaient leurs indications en italien (allegro moderato, poco mosso ou agitato) quand le Vénézuélien les francisait (Sans lenteur, tendrement ; Véloce ; Modéré, très à l’aise).

Le livret qui l’accompagne, signé Gérard Kaiser, bilingue français-anglais, tente d’expliquer comment À la recherche du temps perdu peut répondre aux questions Qu’est-ce qu’écouter de la musique ? Qu’est-ce qu’en écrire ? Que demandons-nous à la musique ? Que peut-elle nous apporter ?

N’étant pas musicologue, je ne puis qu’apprécier l’interprétation des deux frères sans plus de commentaires — ah, que ne suis-je Jérôme Bastianelli ! — et vous inviter à en faire de même.

 

Quant au CD des Milstein, Maria au violon, et Nathalia au piano, je n’en sais que parmi les œuvres joués se trouve la sonate de Gabriel Pierné, opus 36, dont les deux sœurs pensent qu’elle est la source de la petite phrase qui ravit tant Swann. Avis au service de presse du label Mirare.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

2 comments to “Fratries musicales”

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  1. Proust wrote about his several models for Vinteuil’s music.
    Dedication in Jacques de Lacretelle’s Swann (on Japanese paper), 20 April 1918

    Scroll down on Carter’s « Proust Ink: »

    Cher ami,
    Il n’y a pas de clefs pour les personnages de ce livre: ou bien il y en a huit ou dix pour un seul; de même pour l’église de Combray, ma mémoire m’a prêté comme «modèles » (a fait poser), beaucoup d’églises. Je ne saurais plus vous dire lesquelles. Je ne me rappelle même plus si le pavage vient de Saint-Pierre-sur-Dives ou de Lisieux. Certains vitraux sont certainement les uns d’Évreux, les autres de la Sainte-Chapelle et de Pont Audemer. Mes souvenirs sont plus précis pour la Sonata. Dans la mesure où la réalité m’a servi, mesure très faible à vrai dire, la petite phrase de cette Sonate, et je ne l’ai jamais dit à personne, est (pour commencer par la fin), dans la Soirée Sainte-Euverte, la phrase charmante mais enfin médiocre d’une Sonate pour piano et violon de Saint-Saëns, musicien que je n’aime pas. (Je vous indiquerai exactement le passage qui vient plusieurs fois et qui était le triomphe de Jacques Thibaud). Dans la même soirée un peu plus loin, je ne serais pas surpris qu’en parlant de la petite phrase j’eusse pensé à l’Enchantement du Vendredi Saint. Dans cette même soirée encore (page 241) quand le piano et le violon gémissent comme deux oiseaux qui se répondent j’ai pensé à la Sonate de Franck surtout jouée par Enesco (dont le quatuor apparaît dans un des volumes suivants). Les trémolos qui couvrent la petite phrase chez les Verdurin m’ont été suggérés par un prélude de Lohengrin mais elle-même à ce moment-là par une chose de Schubert. Elle est dans la meme soirée Verdurin un ravissant morceau de piano de Fauré.

    (Scroll down to Lacretelle, Jacques de (1888-1985), French novelist)
    http://www.proust-ink.com/proustaz-l

    Also, Jérôme Bastianelli has a tweet on another musician.

  2. Here is Jérôme’s tweet:

    « 100e anniversaire de la mort d’Ernest Fanelli, obscur compositeur dont la redécouverte tardive inspira peut-être à #Proust certains traits de Vinteuil (cf. « Proust écrivain de la musique », de Cécile Leblanc, éditions @Brepols) youtu.be/84ShzB6IcXU »

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