Automnaux partages à Illiers-Combray

Automnaux partages à Illiers-Combray

 

Réunion de famille ce week-end à Illiers-Combray… Tout comme l’article du Figaro est attendu après un rendez-vous mondain si parisien et le reportage de Paris-Match (le poids des mots, le choc des photos) après un événement pipole, les compte-rendus de ce blogue sont guettés avec avidité quand la vie trépide dans la petite commune proustienne d’Eure-et-Loir.

 

Voici donc celui sur le « Programme d’automne » organisé samedi par la Sampac (en parfaite subjectivité — le journaliste que j’ai été a laissé sa plume dans l’encrier).

 

10 h 09 précises sonnaient au clocher de l’église Saint-Jacques quand une foule se mit à piétiner devant la porte de la Maison de tante Léonie.

 

Accueillis par Mireille Naturel, la grosse quarantaine de participants ont multiplié les effusions. Il y avait là — zut, j’ai oublié de noter les noms, mais c’était du beau monde.

Deux anciens maires étaient particulièrement heureux de se retrouver : Jean-Paul Henriet, de Cabourg, et Jean-Claude Sédillot, d’Illiers-Combray.

(Pas la moindre trace de l’actuel édile de la cité hôte).

 

Un hommage a été rendu au président défunt de la Société. Il se murmure que le prochain serait choisi dans 48 h par le Conseil d’administration. Comme il doit être membre de l’instance, son nom se trouve dans cette liste : Annick Bouillaguet, Florence Callu, Jeannine Chapet, Antoine Compagnon, Élyane Dezon-Jones, Rémi Frentz, Emmanuel Glaser, Anne de Lacretelle, Pierre Leroy, Dominique Mabin, Roch-Olivier Maistre, Nathalie Mauriac Dyer, Jean Milly, Mireille Naturel, Yves Pouliquen de l’Académie française, Jean-Yves Tadié [La présentation dans le Bulletin n’est pas claire sur le statut de la conseillère technique Anne Borel.] Le suspense n’en est pas moins intense.

Quel dommage que ne n’en soit pas membre, moi que la secrétaire générale présenta comme « le plus grand proustien d’Illiers-Combray » (On ne se moque pas… si, si, on peut, on doit même.)

 

Suivit le vernissage (que de belles personnes, que d’élégantes toilettes, que de célébrités) de l’exposition de photos de Monique Bailleau accompagnée d’un utile opuscule.

(L’auteure était avec Gisèle Maini et votre humble serviteur l’expression locale du proustisme universel.)

 

De même, fut inauguré le buste de Marcel Proust œuvre de Joelle Deroubaix — enfin une sculpture ressemblante.

 

La troupe se retrouva au restaurant Les Aubépines, renouant avec une tradition écornée lors de la dernière Journée du même nom. J’en ai profité pour réaliser un direct sur Periscope suivi par 30 personnes (all around the world), dont Marcelita Swann à New York — « we felt like we were with you » — et raté par presque autant ! (C’est accessible sur la page Facebook de Proustian Worldwide, posté par Marcelita).

 

Mais le plat de résistance (quel mets !) devait suivre avec l’intervention de Jérôme Bastianelli, « Ruskin à Illiers », où fort convaincant il a montré et expliqué ce qu’aurait le séjour de l’auteur de La Bible d’Amiens s’il était venu.

Si grand que soit mon talent, je ne saurai faire revivre ses propos (vous n’aviez qu’à être là !).

Proustienne et ruskinienne comme Jérôme, la Britannique et délicieuse Cynthia Gamble a rappelé, elle, que 2019 célèbrera le bicentenaire de la naissance de celui qui est mort à Coniston — jumelé avec Illiers-Combray à son initiative.

 

Les deux orateurs…

 

… leurs mots dans le livre d’or…

 

… et Mrs. Gamble, Marcel et moi.

(Photos PL)

La journée s’acheva (ah, ce passé simple que je déteste pratiquer) avec la lecture-concert d’Isabelle Guiard et Gérard Torikian. Beaux extraits de Proust, belle musique et prestation de la comédienne qui fit débat.

Pour ma part, je désapprouve les accents qu’elle crut devoir attribuer à trois personnages — prétendument paysan pour Françoise et voix chevrotante pour tante Léonie et la « marquise » des Champs-Élysées. Les autres furent traités avec plus de sobriété (quoique Basin fut fort et trop jupitérien). Comme par hasard, ce sont des femmes du peuple qui eurent droit à cette facilité coupable entrainant d’inutiles rires sonores (comme à Guignol) et installant un inutile malaise. Pour accentuer ses effets, la comédienne fut donc conduite — c’état à craindre — à trahir l’écriture de l’auteur. Non, Proust n’a pas écrit « J’comprends », mais « je comprends » ni j’crois » mais « je crois » (Si, une fois, une seule, dans la bouche d’un responsable de l’hôtel de Jupien : « Croyez-vous qu’on me donnera une chambre ? – J’crois. – Le 43 doit être libre »). Ses mots ont besoin d’être dits vrais pour viser juste, dépouillés pour laisser pure leur magie.

On a le droit de ne pas être d’accord.

 

Ce fut une belle journée.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

5 comments to “Automnaux partages à Illiers-Combray”

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  1. Dites, dans 5 ans, c’est le centenaire de la mort de Proust : à mon avis, ça se prépare, et bien à l’avance ; un « comité pour le centenaire », dont vous seriez Président, ne pourrait-il être créé ? (cela éviterait peut-être les bourdes, contresens et contre-vérités qui parsèment ici ou là les hommages à Proust.) Et puis vous, au moins, verriez « grand », j’en suis sûre. Pourquoi pas mobiliser la haute-couture pour l’évocation des robes de Fortuny, un ou deux grands chefs pour la gastronomie, deux ou trois metteurs en scène pour parsemer Illiers des tableaux évoqués dans l’oeuvre, une représentation racinienne pour rappeler la Berma, etc., etc. ???

  2. Toutes vos idées sont bonnes. Quel début !

  3. Bonjour !

    l’un des parents de Marcel Proust (frère ? oncle ?) a crée un merveilleux jardin. Je l’ai lu il y a bien longtemps. Mais ma mémoire me fait défaut.

    Savez-vous de qui il s’agit ?

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