Feuilles mortes et projets vivants

Feuilles mortes et projets vivants

 

Exemplaire exercice démocratique à Illiers-Combray…

Le maire avait donné rendez-vous à la population, hier soir à la Salle des fêtes, pour un inédit compte-rendu de mi-mandat. Cette initiative est à mettre à son crédit tant il y a d’élus qui n’attendent que les veilles d’élection pour tirer les bilans et promettre des lendemains qui chantent.

Nous n’étions, hélas, qu’une cinquantaine à nous déplacer.

(Photo PL)

 

Des « projets et perspectives » à l’horizon 2020, les Proustiens seront heureux d’apprendre qu’à l’intérieur de l’église, la chapelle de la Vierge (où se tenait la duchesse de Guermantes au mariage de la fille du docteur Percepied), un vitrail et quatre tableaux vont être restaurés ou rénovés ; que la Maison des Archers au Pré Catelan va bénéficier du même sort, ainsi que la fresque de Marcel au parking du gué Bellerin ; que la Maison de tante Léonie va bien être réhabilitée avec une « présentation plus valorisante » et que dans la maison attenante un musée pas spécialement proustien va s’installer ; que la place de l’Église va être revue, avec de la végétation et des terrasses, avec l’objectif, comme pour la place Maunoury de « réanimer le centre ville » ; qu’un ambitieux parc de promenade va être dessiné de l’autre côté du chemin de halage au lieu-dit la Peupleraie, parsemé d’arbres fruitiers ; que des parcours proustiens mais aussi d’autres, moyen-âgeux, vont voir le jour — il n’y a pas que l’écrivain dans la vie et, s’il faut « ouvrir les portes de l’œuvre de Proust », « le médiéval est une carte à jouer ».

 

J’en oublie peut-être et ne parle pas des autres réalisations et projets moins culturels mais pas moins essentiels dans la besace de l’élu — ce n’est pas la vocation de ce blogue et je suis parti avant la fin.

 

Il y a eu aussi des nouvelles moins réjouissantes. Après la Perception partie ailleurs, la Poste risque de fermer d’ici deux ou trois ans. Cela m’a remémoré deux épisodes de Du côté de chez Swann, l’un où l’on croise un percepteur et l’autre où l’on va chercher le courrier :

*[Des apparitions stupéfiantes] C’était le fils de Mme Sauton qui rentrait du service, la nièce de l’abbé Perdreau qui sortait de couvent, le frère du curé, percepteur à Châteaudun qui venait de prendre sa retraite ou qui était venu passer les fêtes.

*[Le clocher de Combray] Qu’on le vît à cinq heures, quand on allait chercher les lettres à la poste, à quelques maisons de soi,

Ainsi se dévitalisent des coins de France. Pour ne pas que subir, la municipalité a d’ores et déjà ouvert une Maison des services au public.

 

Alors tout est-il positif à Illiers-Combray ? J’ai quitté la réunion avant que le maire aborde ses « échecs » (s’il l’a fait).

Ces jours-ci, mes relations avec le premier magistrat de la commune traversent une phase de glaciation et je me désole de constater que le maire est un scieur. Il est vrai que nombre d’arbres ont succombé aux coups des employés municipaux — au nouveau théâtre de verdure où une tête coupée de Proust a été installée, à la Peupleraie, devant un HLM, au chemin de halage, en attendant que devant chez moi les pins soient abattus. Ça fait beaucoup.

 

Mais face à ses administrés, le maire, ancien entrepreneur, s’est montré aussi aménageur, restaurateur, rénovateur et créateur. Il fallait que ces choses-là fussent dites.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

Write a Reply or Comment

Your email address will not be published.

Articles populaires

Abonnez-vous

Un flux RSS proustien pour recevoir tous les articles du Fou de Proust
Et également sur et