Proust et l’orteil de Neymar

Proust et l’orteil de Neymar

 

Ne tournons pas autour du pied !

 

Ceci…

… vaut environ un demi-million d’euros. En tous cas c’est l’estimation (entre 400 000 et 600 000) avancée par Sotheby’s pour sa vente du 30 octobre prochain, un lundi, à Paris.

 

Rapporté à un footballeur de très grand talent, c’est le prix d’un petit doigt d’un pied de Neymar da Silva Santos Junior, la dernière recrue de l’équipe du Paris-Saint-Germain. Ce n’est pas tous les jours que l’on évoque dans un même texte un auteur de la NRF et un joueur du PSG. Merci qui ?

 

[Au passage, je proteste avec la plus haute énergie et une fois pour toute contre l’indifférence face au vocabulaire maquignonesque des pros du foot qui « vendent », « achètent » ou « prêtent » des êtres humains.]

 

Toute la proustosphère est en émoi dans l’attente de cette vente aux enchères sous le marteau de Cyrille Cohen. Le lot, il est vrai, est exceptionnel. Pour le vanter, Sotheby’s s’est offert un préfacier hors-pair, Jean-Yves Tadié et a mobilisé pour les informations son meilleur agent, le très proustien Benoît Puttemans.

 

Je redonde donc en recopiant que cet exemplaire de Du côté de chez Swann est l’un des rarissimes exemplaires de l’édition originale sur papier Japon. Il y en eut cinq au total :

le n° 1, de Lucien Daudet (dernier propriétaire, Pierre Bergé) ;

 

le n° 2, de Gaston Calmette (dernier propriétaire, Pierre Leroy) ;

 

le n° 3, de Jean Béraud (dernier propriétaire, Julien Bogousslavsky) ;

 

le n° 4, de Jacques de Lacretelle (disparu, spolié pendant la guerre) ;

 

et ce n° 5, de Louis Brun, secrétaire général des éditions Grasset, mort assassiné par son épouse trompée « pour n’avoir pas caressé que les beaux livres » comme l’écrit élégamment Tadié (le vendeur est masqué).

En 1942, il s’est vendu 185 000 F.

L’exemplaire est truffé d’autographes dont l’envoi.

 

Si l’ensemble était à vendre, pour sûr, il vaudrait bien le pied entier (le droit, son plus fort) d’un autre artiste du ballon du PSG, Kilian Mbappé. Il y en a qui écrivent comme des pieds, d’autres qui écrivent avec.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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