Dimanche d’été à Illiers-Combray

Dimanche d’été à Illiers-Combray

 

Le premier dimanche d’À la recherche du temps perdu concerne les déjeuners dominicaux dont M. Swann est un des plus fidèles habitués chez le duc de X…

Le suivant est celui de la madeleine que tante Léonie offre au Héros avant la messe (avec les suites que l’on sait !).

Le troisième est à Combray aussi lors des vacances pascales.

Cinquante-trois dimanches suivront.

 

Ils me sont revenus hier, dimanche, quand je me suis retrouvé sur la place de l’Église d’Illiers-Combray. Il y avait comme un air joyeux, le vent soufflant et le soleil dardant.

La gentille fleuriste venait d’ouvrir et elle nous offrit des orchidées car elle allait partir en vacances.

 

L’Hôtel de l’Image proposait du nouveau : des tables à la terrasse !

 

L’occasion faisant le larron, nous y avons pris un petit-déjeuner.

 

Nous avons appris par la même occasion que les nouveaux gérants ajoutaient dans leur établissement des repas qui faisaient cruellement défaut.

(Photos PL)

 

Certes, les plats proposés renvoient plus aux deux kébabs qui enserrent l’établissement qu’au bœuf en gelée de Françoise mais ça ne transforme pas la place beauceronne en place Jemaa-el-Fna de Marrakech.

 

La belle saison paraît propice au renouveau. Gaudeamus !

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 

 

 

Les extraits

*Mais une fois, mon grand-père lut dans un journal que M. Swann était un des plus fidèles habitués des déjeuners du dimanche chez le duc de X…, dont le père et l’oncle avaient été les hommes d’État les plus en vue du règne de Louis-Philippe. Or mon grand-père était curieux de tous les petits faits qui pouvaient l’aider à entrer par la pensée dans la vie privée d’hommes comme Molé, comme le duc Pasquier, comme le duc de Broglie. Il fut enchanté d’apprendre que Swann fréquentait des gens qui les avaient connus. I

*Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. I

*un sourire momentané de soleil ; il était aussi reconnaissable dans le flot bleu et doux dont il baignait les pierreries que sur le pavé de la place ou la paille du marché; et, même à nos premiers dimanches quand nous étions arrivés avant Pâques, il me consolait que la terre fût encore nue et noire, en faisant épanouir, comme en un printemps historique et qui datait des successeurs de saint Louis, ce tapis éblouissant et doré de myosotis en verre. I

 

 

 

 


CATEGORIES : Non classé/ AUTHOR : patricelouis

Write a Reply or Comment

Your email address will not be published.

Articles populaires

Abonnez-vous

Un flux RSS proustien pour recevoir tous les articles du Fou de Proust
Et également sur et