Septuagénaire !

Septuagénaire !

 

Eh oui, j’ai septante ans depuis ce matin… Septuagénaire est absent de la Recherche, mais pas soixante-dix (deux fois pour l’âge).

Je rejoins des personnages identifiés : la géniale professeure de piano d’Oriane de Guermantes et les copines dévergondées de Madeleine de Villeparisis.

Voilà.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

Les extraits

*[La princesse de Laumes] Sans être par nature douée pour la musique, elle avait reçu il y a quinze ans les leçons qu’un professeur de piano du faubourg Saint-Germain, femme de génie qui avait été à la fin de sa vie réduite à la misère, avait recommencé, à l’âge de soixante-dix ans, à donner aux filles et aux petites-filles de ses anciennes élèves. Elle était morte aujourd’hui. Mais sa méthode, son beau son, renaissaient parfois sous les doigts de ses élèves, même de celles qui étaient devenues pour le reste des personnes médiocres, avaient abandonné la musique et n’ouvraient presque plus jamais un piano. I

*Bref ces trois Parques à cheveux blancs, bleus ou roses, avaient filé le mauvais coton d’un nombre incalculable de messieurs. Je pensai que les hommes d’aujourd’hui exagéraient les vices de ces temps fabuleux, comme les Grecs qui composèrent Icare, Thésée, Hercule avec des hommes qui avaient été peu différents de ceux qui longtemps après les divinisaient. Mais on ne fait la somme des vices d’un être que quand il n’est plus guère en état de les exercer, et qu’à la grandeur du châtiment social, qui commence à s’accomplir et qu’on constate seul, on mesure, on imagine, on exagère celle du crime qui a été commis. Dans cette galerie de figures symboliques qu’est le « monde », les femmes véritablement légères, les Messalines complètes, présentent toujours l’aspect solennel d’une dame d’au moins soixante-dix ans, hautaine, qui reçoit tant qu’elle peut, mais non qui elle veut, chez qui ne consentent pas à aller les femmes dont la conduite prête un peu à redire, à laquelle le pape donne toujours sa « rose d’or », et qui quelquefois a écrit sur la jeunesse de Lamartine un ouvrage couronné par l’Académie française. III

 

 


CATEGORIES : Décorticage/ AUTHOR : patricelouis

7 comments to “Septuagénaire !”

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  1. Comme le temps passe et no problemo !

  2. Toutes mes félicitations.
    Savoir que vous soufflez vos 70 bougies au banquet du temps perdu avec 2522 personnages bien réels me procure une allégresse roborative.
    Joyeux anniversaire.

  3. Et vous savez que, comme le disait kafka, le bonheur supprime la vieillesse. Donc, vos soixante-dix ans ne sont que le prélude d’une année aussi réjouissante que les précédentes : qu’elle vous soit douce et prospère, voilà tout !

  4. Pardon pour ces 24 heures de retard et félicitations pour ces cinquante-vingt ans !

  5. Joyeux anniversaire, nous vous souhaitons tout plein de folies encore, et toujours à partager !

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