Proust en herbe (8)

Proust en herbe (8)

 

Trois nouvelles rédactions de collégien(ne)s d’Illiers-Combray endossant l’identité du jeune Marcel :

 

Hugo Huillery

 

♥ Chère mère, ♥

Cette lettre pour te parler de mon retour à Illiers, dû au décès de ma tante. Je suis allé sur la place de l’Eglise, j’y ai rencontré des gens inconnus, j’ai ensuite suivi le Loir pour passer devant le pré Catelan : on y voit des fleurs et des arbres majestueux. J’aimerais écrire à propos d’Illiers et ses alentours, je décrirais Illiers comme une ville paradisiaque où tout le monde s’apprécie. J’irais au Pré Catelan pour trouver l’inspiration. Je parlerais d’Elisabeth qui serait tante Léonie, j’expliquerais la vie d’ici. Je parlerais aussi de toutes les petites ruelles d’Illiers et de ses maisons mais aussi je décrirais la haie d’aubépines du pré Catelan et ses variations de fleurs. Je me promènerais au bord du Loir pour entendre le chant des oiseaux .Je pourrais aussi regarder les personnes passer devant chez ma tante.

Ton fils qui t’aime,

Marcel

 

 

Marine Jardin

 

Chère mère,

Maman, je te fais cette lettre pour dans un premier temps prendre de tes nouvelles : j’espère que tout va bien. Je veux aussi te parler de ce que je vois quand je me balade à Illiers.

Je viens à Illiers pour le décès de ma tante dans une « ambiance » triste et je reviens dans Illiers mais plus comme avant parce qu’avant je venais heureux et maintenant je viens mais avec beaucoup de tristesse.

Je me balade souvent sur la place d’Illiers où il y a quelques commerces et l’église Saint-Jacques.

Puis surtout je vais beaucoup de fois me balader au Pré Catelan, un magnifique parc dont mon oncle Jules est propriétaire, comme tu le sais ! Il se met dans la peau d’un horticulteur, il a planté une haie d’aubépines, il y a des massifs de fleurs, des petites constructions gothiques et orientales comme des kiosques, une grotte, un pigeonnier ; on trouve d’ailleurs des chemins rocheux et en pente pour visiter le Pré Catelan…

Même que Jules m’a appris quelque chose ! Il y a une petite rivière qui traverse ce petit parc et bien il m’a dit comment elle se nommait ! C’est le Loir.

Ce parc ressemble à la même architecture de la maison de mon oncle et de feu ma tante.

Dans l’un des salons de la maison d’Elisabeth et de Jules, je me suis remis à lire François le Champi, assis sur mon fauteuil, dans un coin de la pièce auprès de la fenêtre, comme avant.

La cuisinière, Ernestine Gallou, qui adorait me préparer des asperges et du bœuf mode, est toujours là !

Je voulais te parler d’autre chose… Le pré Catelan, que je t’ai décrit, je voudrais le décrire dans un livre. J’espère que tu seras fière de moi et que tu m’encourageras dans ce projet ainsi que dans mes prochains projets. J’aimerais être écrivain, c’est l’un de mes rêves.

Je te raconterai encore plus de choses quand je te verrai !

Tu me manques énormément ! A bientôt !

Marcel

 

 

Chloé Jouanneau

 

Chère Mère,

Je suis bien arrivé à Illiers.

Tout me semble si calme ici, comparé à Paris… Je me promène dans les rues de cette magnifique ville.

Suite au décès de ma tante Elisabeth qui m’a terriblement et profondément attristé, je me suis remémoré nos moments passés au Pré Catelan.

Dans le jardin de l’oncle Amiot, avec ma Tante Elisabeth et mon, oncle Jules, nous aimions regarder les nuages qui parfois avaient des formes assez amusantes. Aussi, nous adorions regarder les arbres, les petites rivières dont le courant d’eau pouvait être modulable. La sensation d’un air frais ou celle du vent soulevant nos cheveux, nous les adorions avec ma tante : toutes particulières mais tellement agréables.

Je me souviens aussi des après-midis passés à lire au soleil, durant lesquels, de temps à autre, on se donnait rendez-vous au Pré Catelan avec Swann pour parler de tout et de rien, des petites rumeurs dans Illiers… Ma tante aimait beaucoup Swann.

Je souhaiterais devenir écrivain pour exprimer mes ressentis et mes idées pour l’avenir. L’écriture est un moyen d’exprimer ses idées, même les plus farfelues. Ou même d’écrire des mots plus intimes !

C’est en rédigeant les quelques lignes de cette lettre, mère, que je pris conscience que c’est le métier que je veux faire.

C’est celui qui me ressemble le plus et qui, je pense, va le plus me correspondre.

En espérant vous revoir dans peu de temps, je vous embrasse tendrement.

A bientôt Mère,

Marcel

 

 

Demain, trois autres rédactions.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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