Proust en herbe (16)

Proust en herbe (16)

 

Trois nouvelles rédactions de collégien(ne)s d’Illiers-Combray endossant l’identité du jeune Marcel :

 

Gaylord Thierry

 

Bonjour mère,

Vendredi, à 14 heures, il faisait beau alors je partis me balader dans le centre-ville d’Illiers. Les gens du village se baladaient, parlaient entre eux. Je passai faire un tour à l’épicerie de mon grand père. J’allai donner quelques vêtements à la blanchisserie de mon oncle. A 17 heures, je retournai à la maison de mon oncle et de ma tante dans laquelle ne se trouvait malheureusement plus Elisabeth. Aujourd’hui, je me suis rendu au pré Catelan pour me promener de nouveau. Le feuillage, le bruit des oiseaux, le calme qui régnait, la rivière, le soleil : tout cela était somptueux. A 18h, j’en partis pour rentrer. A 19h, ce fut l’heure de manger ; la cuisinière Ernestine Gallou me prépara des asperges en entrée. Plus tard, j’aimerais bien écrire un livre sur Illiers pour rendre hommage à ma tante Elisabeth.

Au revoir mère, je reviens bientôt à la maison,

Marcel

 

 

Hugo Thirouard

 

Chère mère,

 

Je suis actuellement à Illiers, devant la maison de ma tante, assis sur un banc avec Jules qui, toujours revigorant d’énergie, est d’un air triste tout comme moi par ailleurs. L’ambiance de la propriété est au deuil. Je m’imaginais la maison, les repas, les soirées, les balades et encore tant d’autres moments à passer avec ma tante mais, malheureusement, elle n’est plus des nôtres. Toutefois tout cela ne change rien à la vie du village, le boulanger continue à faire son commerce, les canards sont toujours là et le pré Catelan se révèle toujours être ce merveilleux endroit plein de verdure luxuriante, sillonné par des rivières. On a l’impression que les arbres gazouillent d’eux-mêmes tellement l’abondance des oiseaux est forte. Ce parc est toujours aussi vivant et le village ruisselle de joie et de vie.

Je me plais à penser écrire et publier cette histoire de ma vie. En écrivant cette lettre, je me sens dans la peau d’un écrivain. Je suis sûr que plus tard le livre que je pense écrire fera chaud dans les cœurs comme j’aimerais qu’il y en ait un qui emplisse le mien aujourd’hui. Par exemple, je pourrais voir une fille à travers la haie d’aubépines, je la nommerais Gilberte, ce serait le premier amour du personnage de mon livre qui s’exprimerait à la première personne. Ma tante, Elisabeth, s’appellerait Léonie, elle aurait un don pour inventer la vie des gens et elle aurait une émissaire, Françoise, qui lui rapporterait des nouvelles fraîches de la journée. Puis il y aurait le clocher de St Jacques, Elisabeth, elle, resterait au lit pour écouter Françoise. Le village d’Illiers s’appellerait autrement qu’Illiers car il ne serait pas pareil. Je ne suis pas encore sûr du titre.

Baisers,

Marcel

 

 

Prescillia Thobie

 

Chère maman,

Je te fais parvenir ce courrier pour te décrire Illiers. Il y a tant de choses, d’abord je te décris le pré Catelan. Il y a trois étages. Il s’y trouve des arrivées d’eau, des puits, des chapelles et une haie d’aubépines, cette fleur que j aime énormément. Tante Elisabeth m’avait fait goûter des madeleines bien onctueuses et gourmandes, elle me manque. Les personnes d’Illiers sont sympathiques, généreuses et agréables.

Maman, si cela ne te dérange pas, je voudrais être écrivain. Je décrirais Illiers comme un rêve dans lequel tout le monde pourrait vivre comme un nouveau départ. J’aimerais ne pas oublier Illiers. Je n’ai que quinze ans mais cela me tient énormément à cœur.

A Illiers, il y a une église qui s’appelle l’église Saint Jacques et de nombreuses fleurs en dehors du pré Catelan. Oncle Jules a mis des fleurs exotiques parce qu’elles sentent très bon.

Une fois tous les deux jours, je mange des asperges. Plus tard j’écrirai des romans. J’ai déjà une idée de ce que je pourrais raconter : j’écrirai à propos de tante Elisabeth. Je décrirai une autre facette d’Illiers : ce serait comme Illiers mais changé. Tu m’aideras afin de me donner de l’inspiration !

Dans mon livre, je décrirai le pré Catelan et quand tu viendras je te ferais visiter tout Illiers comme cela tu comprendras exactement ce que je veux décrire.

Je t’embrasse,

Marcel

 

 

Demain, les trois dernières rédactions.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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