Le Proust de Blanche

Le Proust de Blanche

 

Portrait de Marcel Proust est une huile sur toile, haut de 73, 5 cm et large de 60, 5.

 

Son auteur s’appelle Jacques-Émile Blanche (1861-1942) qui l’a réalisé en 1892. Il est aujourd’hui exposé au musée d’Orsay. La boutique vend des cartes postales à 1, 20 € l’unité. Ne reculant devant aucune dépense somptuaire, j’en ai acquis trois la semaine dernière (voir la chronique D’un musée proustien à une nuit (presque) céleste).

 

Alors chroniqueur mondain, âgé de 21 ans, le futur auteur d’À la recherche du temps perdu est représenté de face. Le costume et le fond noirs se confondent, contrastant avec la clarté du visage et de la cravate de soie blanche, taillée dans une robe de la princesse Mathilde. Un gardenia tient à la boutonnière.

 

Le peintre et son modèle sont tous deux fils de grands médecins, anciens élèves de Condorcet, familiers de Geneviève Straus. Blanche dessine au crayon, le 1er octobre 1891, à Trouville, aux Frémonts, chez les Baignières un premier portrait de Proust. Le tableau est réalisé l’été suivant, Marcel posant dans l’atelier de Jacques-Émile, à Auteuil. Portrait en pied, il est exposé au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts.

 

Pour une raison inconnue, l’artiste déchire ensuite le bas. Très attaché à ce portrait, seule représentation picturale connue, Marcel Proust ne s’en sépara jamais.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

3 comments to “Le Proust de Blanche”

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  1. Ah, ce portrait ! Je ne sais pas pourquoi aucune photo, aucune représentation ne montre jamais ce qui m’a, moi, sauté aux yeux quand j’ai pénétré dans la salle d’Orsay où il est présenté, face à l’entrée, à hauteur d’yeux : à savoir, plus que l’orchidée ou la bouche rouge, dessinée comme celle d’une star du cinéma muet, ce qu’on remarque c’est la lumière accrochée à l’épingle de cravate, une simple perle blanche mais qui scintille aux yeux. Or, c’est devant le tableau qu’on la remarque (peut-être à cause de l’éclairage électrique ?), jamais sur les reproductions. C’est dommage : il y a, dans ce bijou raffiné, un côté « proustien » évident : une épingle peut toujours devenir cruelle, pas vrai ? Mais celle-ci est une perle…

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