Proust en herbe (4)

Proust en herbe (4)

 

Trois nouvelles rédactions de collégien(ne)s d’Illiers-Combray endossant l’identité du jeune Marcel :

 

Valentin Colin

 

Chère Mère,

Sachez que je suis bien arrivé à Illiers pour l’enterrement de ma très chère tante Elisabeth, ce qui m’attriste énormément. Pour me vider l’esprit, je suis parti me balader au pré Catelan.

La haie d’aubépines, les alentours d’Illiers comme Méréglise, tous ces souvenirs qui étaient en abondance dans ma tête et ma volonté de ne point les perdre m’ont fait faire un choix : je vais devenir écrivain et décrire tout Illiers et ses alentours, mais sans dire leur nom : Méréglise, par exemple, deviendrait Méséglise. Dans mon roman, tout le monde que nous connaissons aurait un nouveau nom comme ma très cher tante qui ne se nommerait plus Elisabeth.

Je vous embrasse,

Marcel

 

 

Léandre Crépeau

 

Chère Mère,

Je me promenais sur un petit chemin de calcaire. Le long de ce chemin, il y avait une rivière qui en coulant chantonnait une petite mélodie qui était très apaisante, idéale pour se reposer. Au bout de ce petit chemin, il y avait un jardin magnifique qui était vert, plein de fleurs de toutes les couleurs, un arbre très haut, plein de feuilles en forme d’étoiles. Dans cet arbre se trouvait un nid avec un oiseau bleu, rouge et jaune. Il gardait ses œufs au chaud sous lui pour que de petits oiseaux naissent et chantonnent à leur tour. Leur chant était magnifique et coloré. Je continuai ma route dans ce jardin et vit un ruisseau. Dans ce ruisseau, il y avait toutes sortes d’espèces de poissons, libellules, têtards, grenouilles et on avait l’impression qu’ils communiquaient entre eux. Je marchai encore et après avoir traversé un petit pont en bois, je me trouvai devant une petite tour. Cette tour était rose, pleine d’ouvertures. Il ne me manquait qu’une chaise, des stylos, des feuilles et de l’imagination et j’aurais pu écrire un livre sur cet endroit ! Quelques jours plus tard, je revins avec mon stylo, mes feuilles et plein d’idées dans la tête. Je m’imagine écrire une histoire dans cet endroit que je t’ai décrit avec une rencontre entre un jeune homme et une jeune fille qui, au premier regard, tomberaient amoureux.

Baisers,

Marcel

 

 

Romane Damas

 

Chère maman,

Aujourd’hui, le vingt et un septembre, je t’écris cette lettre depuis Illiers. Je suis allé faire une balade avec Robert qui m’a emmené à un endroit où il y avait une sorte de mini tunnel, où au-dessus passait un train, juste à côté il y avait des vaches dans un pré, nous avons marché puis nous sommes arrivés sur un pont sous lequel coulait de l’eau, c’était le Loir.

Mon frère et moi sommes allés sur la place pour faire quelques courses. Ensuite tout seul, je me suis rendu au pré Catelan, Robert devait aller poser les courses et n’a pas voulu me suivre. Une fois arrivé là-bas, je suis allé tout en haut et je me suis posé sur un banc. C’était une journée de pluie donc lorsque je vis l’heure tardive je suis rentré chez ma tante, je me suis débarbouillé puis ai mangé une madeleine, pour la première fois depuis mon arrivée, achetée dans une épicerie.

Je suis allé ensuite m’allonger sur le lit de ma tante et je me suis endormi jusqu’au lendemain, Robert me réveilla. C’était la première nuit que je passais chez ma tante depuis qu’elle était partie. Cela faisait drôlement bizarre. Mon frère prend bien soin de moi, et mon oncle aussi.

A bientôt mère, je t’aime énormément.

Ton fils, Marcel

 

 

Demain, trois autres rédactions.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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