Proust en herbe (3)

Proust en herbe (3)

 

Trois nouvelles rédactions de collégien(ne)s d’Illiers-Combray endossant l’identité du jeune Marcel :

 

Noémie Boudet

 

Très chère mère,

Comment allez vous ? Je me suis promené dans les rues d’Illiers et je me suis souvenu d’un tas de choses qui se passaient lorsque j’étais plus jeune.

Je fais de nouvelles rencontres, qui deviennent des amis. Tonton s’occupe de son jardin qu’il appelle Pré Catelan. Ce pré est composé de pelouse verte, deux tours, des fleurs et des chemins. Quand je suis retourné voir la maison de ma tante, je me suis souvenu que Ernestine nous préparait des crèmes au chocolat pour le dessert, il y avait aussi cette jeune fille que j’ai beaucoup aimée et qui s’appelait Jeanne Pouquet.

J’ai décidé d’écrire un livre dans lequel je parlerais d’Illiers mais je changerais son nom, ce serait Combray. Cela résumerait mon enfance entre fiction et réalité.

Marcel, ton fils

 

 

Tiphaine Chaillou

 

Chère mère,

Je vous écris pour vous raconter ce qu’il se passe à Illiers. L’enterrement de tante Elisabeth s’est bien passé, il y avait pratiquement toute la famille.

A la fin de la cérémonie, nous avons suivi le corbillard, nous sommes passés sur la place de l’Église, devant le pré Catelan, devant les maisons des amis proches d’Élisabeth.

Le lendemain je parcourus à nouveau les chemins, et je me suis dit que j’aimerais bien devenir écrivain et parler d’Illiers, de Méréglise… Bien sûr, je ne les évoquerai pas directement, mais sous un autre nom ! Je ne suis pas sûr de poursuivre cette vocation, je ne sais pas si cela va me plaire longtemps.

Un soir ou je m’ennuyais seul dans ma chambre, j’ai écrit un poème en prose, en mémoire à tante Elisabeth, je vais vous en faire partager un passage :

« Un jour d’été, je vins à Illiers, je me promenai dans le village avec tante Elisabeth. Nous allâmes ensemble au pré Catelan afin d’arroser les plantes de mon oncle. Nous aperçûmes des écureuils, des papillons, des oiseaux et je m’amusai à attraper des poissons et des grenouilles dans les petits ruisseaux.

Quelquefois nous allions aussi à l’église et aussi du côté de chez Swann. Il nous arrivait même de nous retrouver à Courville, au bord de l’étang. J’ai passé de très bons moments avec vous. Elisabeth et ses madeleines me manqueront terriblement. »

Mère je ne sais pas si cela est bien mais ce sont des débuts dans l’écriture.

J’espère que tout se passe bien pour vous, que vous allez bien. Vous me manquez beaucoup.

A bientôt,

Marcel

 

 

Manon Chamignon

 

Bonjour chère mère,

Aujourd’hui, je suis parti me balader dans Illiers. Il faisait plutôt beau mais j’avais l’impression qu’il avait plu toute la journée. Je vais tout te raconter en détails. Tout d’abord, ce matin je suis sorti de la maison. Il y avait un petit rayon de soleil et un vent d’air frais. Je suis parti chercher du pain à la boulangerie en bas de la rue, je n’ai croisé presque personne sauf une personne assez âgée que je ne connaissais pas. Elle était avec son petit chien. J’ai acheté une baguette et un pain au chocolat. Je suis ressorti de la boulangerie, ma baguette et mon pain au chocolat à la main et je me suis rendu sur le bord du Loir. Sur le chemin, j’ai mangé mon pain au chocolat et un bout de ma baguette. Je contemplais le Loir avec tous ces canards. Je leur donnai quelques bouts de ma baguette et ils sautèrent tous sur les morceaux que j’avais lancés. Puis il commença à pleuvoir énormément donc je suis rentré.

Je m’imagine bien plus tard devenir écrivain, mon premier livre parlerait d’Illiers que je surnommerais Combray. Je parlerai de ma tante Elisabeth et surtout du magnifique village qu’est Illiers. Voici ce que je pourrais écrire dans mon futur livre :

« Le pré Catelan est le plus beau parc que je n’ai jamais vu. Il y a une petite rivière, le parc est verdoyant, il y a beaucoup d’arbres, de fleurs et d’herbe. Il y a notamment dans Illiers beaucoup de personnes très gentilles. On trouve aussi une église en plein milieu de la place, la cloche sonne toutes les heures, ce bruit est plutôt assourdissant. On l’entend dans tout le village. Il a aussi le Loir qui passe dans Illiers. J’aime beaucoup me balader en suivant son courant. »

Je t’embrasse, au revoir,

Marcel

 

 

Demain, trois autres rédactions.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

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