Proust en herbe (2)

Proust en herbe (2)

 

Trois nouvelles rédactions de collégien(ne)s d’Illiers-Combray endossant l’identité du jeune Marcel :

 

 

Tiphaine Appasamy

 

Chère mère,

Je reviens à Illiers car je suis triste de la mort de Tante Léonie qui me manque tellement. Je sais qu’elle vous manque aussi. Je ne mangerai plus de très bonnes madeleines qui étaient faites par ma tante. Je reviens à Illiers aussi pour ses beaux paysages. Je vais rester dans la maison de ma tante pour me consoler, pour voir ce qu’il se passe dehors comme le faisait tante Elisabeth. Illiers est vraiment un très beau village. Ce que j’aime le plus, ce sont les beaux arbres de ce magnifique village.

Je suis retourné au Pré Catelan, c’est mon endroit préféré dans le petit village d’Illiers. J’aime ce pré, car il est très bien arboré et comme il a été construit par mon oncle, je l’aime encore plus. J’adore aller dans cet endroit car j’aime me coucher dans l’herbe. Je sais que vous ma mère, vous aimez beaucoup cet endroit aussi, car vous aimiez venir avec nous pour faire des pique-niques sur l’herbe. Mon oncle Jules Amiot doit être content que on dise du bien de son pré. Cet endroit, j’aimerais le décrire dans un livre comme si c’était un endroit magique car on peut faire plein de choses comme des jeux, des pique-niques..

Je m’imagine écrire un livre unique dans lequel je parlerais de cet endroit majestueux qu’est pour moi Illiers. Je parlerais des arbres que j’admire, le pont que je trouve très bien placé. J’expliquerais tous les petits moments qu’on a passés dans cet endroit en famille. Certains moments avec mon oncle et ma tante sont mémorables, je ne les oublierai jamais même jusqu’à ma mort. Je parlerais bien sûr aussi d’autres endroits d’Illiers car il n’y a pas que le Pré Catelan mais c’est quand même mon endroit préféré. J’aimerais être écrivain pour pouvoir exprimer tout ce que je pense. Vous, mère vous aimez beaucoup mon écriture, vous me l’avez dit. J’aime tellement les compliments que vous me faites. J’aimerais tellement revivre des moments mémorables avec vous, ma famille que j’aime.

A bientôt !

Marcel, votre fils

 

Hugo Bernard

 

Bonjour chère mère,

Je suis à Illiers, suite au décès de tante Elisabeth, et j’ai eu envie de revoir Illiers pour la dernière fois alors je suis allé à la gare. Les trains passent et repassent de gauche à droite. Je me suis ensuite rendu au centre ville. Ah ! Il n’a pas changé avec ces maisons commerçantes, toujours les mêmes ! Ah ! Mère, si vous pouviez voir l’église, vous seriez émerveillée de sa beauté. Comme elle est majestueuse ! Après, je suis allé au Pré Catelan avec ses fleurs rouges, bleus, orange, vertes, violettes, roses, comme elles sont magnifiques avec leurs plus jolies parures. Si l’on arrêtait de parler, on entendrait les coassements des grenouilles qui ont élu domicile dans la mare. Ah ! Le Pré Catelan, avec ses arbres gigantesque et cette pelouse aussi verdoyante. J’avais presque oublié comme les oiseaux d’ici chantaient bien. La maison de tante Elisabeth n’a pas changé non plus. Assis sur son lit, je regardais par la fenêtre exactement comme elle et là des milliers d’idées me traversèrent l’esprit. J’aimerais toutes les écrire. Le Pré Catelan pourrait être le domaine d’un de mes personnages, il pourrait aussi être le lieu d’une rencontre amoureuse. Tante Elisabeth changerait de nom. J’y décrirais mes aventures d »enfance. Des noms et des lieux transformés m’apparurent comme s’il fallait que je les exprime. Ah ! Quelle journée tumultueuse !

Mes salutations, ma chère mère,

Marcel

 

 

Lucie Blans

 

Très chère mère,

Je t’écris cette lettre depuis ma chambre de tante Elisabeth. Aujourd’hui, nous sommes le 19 Septembre 1886. Comme tu le sais, j’ai quinze ans je suis revenu à Illiers quelques jours. Je vais en quelque sorte redécouvrir Illiers. Je me suis demandé si j’allais redécouvrir la ville, découvrir si elle avait incroyablement changé ou si, au contraire, ce village était resté le même que celui que je connaissais.

J’ai commencé à me promener en partant de la maison de tante Elisabeth qui, malheureusement, est décédée… J’ai continué ma route et j’ai croisé la cuisinière, Ernestine, et on a discuté pendant vingt minutes. Avec elle, on parlait de tout et de rien mais surtout des madeleines. Elle m’en a fait goûter, elles étaient délicieuses. Un peu plus loin, j’ai croisé Gilberte, elle te passe le bonjour très chère mère et m’a parlé de toi, des temps exquis. Je suivis ma route jusqu’à l’église Saint-Jacques. Elle n’a pas énormément changé. Elle me rappelle des souvenirs. Plus loin encore se trouve le Pré Catelan. Toujours aussi fleuri avec des petits escaliers en pierre. Te souviens-tu de tout cela ? Moi oui, cela symbolise le bonheur, la détente…

Je continuai ma route et puis finalement revins sur mes pas, pour voir si la place de l’église était toujours la même. Je pus découvrir qu’elle était plus soignée, toujours peu de magasins.

Quasiment tout a changé, ce n’est pas un désastre ce changement mère c’est incroyablement joli. Tante Elisabeth serait encore là, elle voudrait connaître tout le monde. Mère, dans tous les cas Illiers a bien changé, j’en suis fier.

Je suis content d’être revenu prendre des nouvelles fraîches, tu devrais venir voir… C’est incroyable. J’espère que plus tard je le ferais découvrir à mes enfants. Dans dix ou vingt ans, je reviendrai voir si cela a encore changé.

Cela me fait du bien de me replonger dans mon enfance. J’ai mangé des madeleines pour le dîner, j’ai pensé à toi, je t’en ramènerai. Ce n’est pas très malin de ma part de ne pas être revenu plus tôt.

Je voudrais écrire un livre qui décrirait Illiers, je décrirais mon enfance, je parlerai de ma rencontre avec ma petite amoureuse et tout ce qui s’en suivit.

Je t’embrasse,

Marcel

 

 

Demain, trois autres rédactions.

 

Parole de proustiste…

Patrice Louis

 

 


CATEGORIES : Chronique/ AUTHOR : patricelouis

3 comments to “Proust en herbe (2)”

You can leave a reply or Trackback this post.
  1. Bravo au professeur et aux quarante neuf participants pour cet exercice périlleux, et avoir osé rédiger une rédaction à la place de Marcel Proust en 1886!

  2. La retenue des formules de politesse me frappe ( « très chère mère  » ,  » mes salutations, chère mère  » ) alors que la réalité est  » ma chère petite Maman  » et  » mille tendres baisers « , par exemple…
    Seule Lucie ose un  » je t’embrasse  » et adopte fort justement le tutoiement….

  3. En fait, Claude Schwab, n’avez-vous pas, comme moi, envie de participer à l’exercice et à notre tour d’écrire une « lettre de Combray » ?

Write a Reply or Comment

Your email address will not be published.

Articles populaires

Abonnez-vous

Un flux RSS proustien pour recevoir tous les articles du Fou de Proust
Et également sur et